Réponse d'un catholique ordinaire par le torrentiel 2016-01-29 07:23:39 |
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Aimer, ça doit se sentir, ça doit se voir, on doit en faire l'expérience.
Un amour que l'on ne ressent pas et dont on ne fait pas l'expérience est dans les limbes, si je puis employer un mot aussi évanescent pour une réalité aussisolide, de la raison...
La preuve qu'aimer est un sentiment qui doit irradier est qu'"Aimez-vous les uns les autres" (entre vous, Mes disciples) avait une vertu testimonialpour attirer d'autres disciples.
Récemment, j'ai discuté avec d'autres "catholiques ordinaires" comme moi qui m'expliquaient que la foi, c'est faire l'expérience de se savoir inconditionnellement aimé de Dieu. Comme je ne pouvais me défendre de trouver cela limitatif et ne me souviens pas d'avoir jamais spécialement ressenti un amour de Dieu pour ma personne même si j'ai fait une expérience presque sensible de l'Amour de Dieu, mes interlocuteurs me répondaient qu'en effet, la Foi ainsi conçue était de l'ordre de l'expérience. En quoi ne pas l'avoir me paraît presque plus injuste qu s'il s'agissait simplement d'adhérer à des articles de Foi qu'on a reconnus pour vrais ou vraisemblables.
En reprenant la discussion quelques jours plus tard, un autre ami m'a expliqué qu'il fallait moins désirer croire qu'aimer et que croire dans le Dieu qui aime, c'était d'abord aimer ce que l'on croit.
De façon plus psychologique, il me semble qu'aimer, c'es se déposséder, c'est refuser de s'approprier l'autre et de mettre la main sur Dieu pour accepter "les surprises de l'amour".
Et c'est encore parfois "se retirer pour que l'autre existe".
Merci à Me Parfu d'avoir enrichi le commandement d'aimer son prochain comme soi-même de ce conseil de l'aimer comme Dieu l'aime. je ne connaissais pas cette formule et, si j'ose dire, ça me va droit au coeur! Mais j'ajouterais que ce type d'amour consiste certainement à vouloir le salut de son âme autant que Dieu le désire, mais aussi à lui vouloir toutes sortes de bien matériel et à lui prodiguer toutes les marques d'affection qui peuvent contribuer à son bonnheur et à son bien-être.Car Dieu doit nous aimer sensiblement, sans quoi son amour ne serait qu'une vue de l'esprit à laquelle on ne désirerait nullement d'accéder ou de répondre.
Je termine en disant que, moi qui n'ai pas une foi à me sentir aimé, je ne suis pas sûr de savoir aimer. Et c'est un examen de conscience que chacun peut se proposer: aimez-vous assez ceux que vous croyez pour aimer sensiblement ceux qui vous entourent ou que vous rencontrez?
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