Méditation avec le Précis de Théologie de Tanquerey par ami de la Miséricorde 2016-01-07 09:46:42 |
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IV. La constance
1093. (...) Et cependant la vertu n'est pas solide, tant qu'elle n'a pas la sanction du temps, qu'elle n'est pas affermie par des habitudes profondément enracinées.
Ce sentiment de lassitude produit souvent le découragement et la mollesse : l'ennui que l'on éprouve à renouveler ses efforts détend les énergies de la volonté, et produit un certain affaissement moral ou découragement ; alors l'amour de la jouissance et le regret d'en être sevré, reprennent le dessus, et on se laisse aller au courant de ses mauvaises tendances.
1094. 2° Pour réagir contre cette faiblesse : 1) il faut tout d'abord se souvenir que la persévérance est un don de Dieu, n° 127, qui s'obtient par la prière ; nous devons donc le demander avec instance, en union avec Celui qui a été constant jusqu'à la mort, et par l'intercession de celle que nous appelons avec raison la Vierge fidèle. 2) Il faut ensuite renouveler ses convictions sur la brièveté de la vie et la durée sans fin de la récompense, qui couronnera nos efforts : si nous avons toute l'éternité pour nous reposer, cela vaut bien quelques efforts et quelques ennuis sur terre. Si, malgré tout, nous nous sentons faibles et vacillants, c'est le cas de demander avec instance la grâce de constance dont nous sentons si vivement le besoin, en redisant la prière d'Augustin : Da, Domine, quod jubes, et jube quod vis. 3) Enfin on se remet courageusement à l'œuvre avec une nouvelle ardeur, appuyé sur la grâce toute puissante de Dieu, et cela malgré le peu de succès apparent de nos essais, en nous rappelant que Dieu nous demande l'effort et non le succès. Toutefois n'oublions pas que nous avons parfois besoin d'une certaine détente, de repos et de diversion. La constance n'exclut donc pas le repos légitime ; le tout c'est de le prendre en conformité avec la volonté de Dieu, selon les prescriptions de la règle ou d'un sage directeur.
§ III. Moyens d'acquérir ou de perfectionner la vertu de force
Nous renvoyons tout d'abord le lecteur à ce que nous avons dit de l'éducation de la volonté, n° 811, en ajoutant quelques remarques qui se rapportent davantage à notre sujet.
1095. 1° Le secret de nôtre force réside dans la défiance de nous-mêmes et la confiance absolue en Dieu. Incapables de rien faire de bon, dans l'ordre surnaturel, sans le secours de la grâce, nous participons à la force même de Dieu et sommes invincibles, si nous avons soin de nous appuyer sur Jésus : « qui manet in me et ego in eo, hic fert fructum multum » (Joan., XV, 5). « Omnia possum in eo qui me confortat » (Phil., IV, 13). Voilà pourquoi ce sont les humbles qui sont forts, quand, à la conscience de leur faiblesse, ils joignent la confiance en Dieu. Ce sont donc ces deux sentiments qu'il faut cultiver dans les âmes. S'il s'agit des orgueillëux et des présomptueux on insistera sur la défiance de soi ; si l’on a à faire à des timides et des pessimistes, on insistera sur la confiance en Dieu, en leur expliquant ces consolantes paroles de S. Paul : « Infirma mundi elegit Deus ut confundat fortia, et ea quæ non sunt, ut ea quæ sunt destrueret : ce qui était faible aux yeux du monde, Dieu l'a choisi pour confondre les forts... ce qui n'est rien, pour réduire au néant ce qui est » (I Cor., I, 27-28).
Source : Précis de Théologie Ascétique et Mystique de Tanquerey,
Desclée and Co, 1923
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ami de la Miséricorde
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