On l'a dit et ressassé par Athanase 2015-10-05 17:45:30 |
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Il est vrai que Gaudium et spes part d'une optique assez originale. Certains aspects nous font sourire. Mais le texte - bien moins doctrinal - est très varié. Il y a des considérations sociologiques, descriptives, ennuyantes ou dépassées. D'autres aspects plus critiques sur le monde (un refus net du divorce et de l'avortement, loin des louanges actuelles...) ou même sur le péché.
Mais même avec un texte très circonstanciel, j'essaye d'être quand même indulgent: les pères conciliaires ont cru à une harmonie durable entre l'Eglise et la modernité, oubliant que le sol se dérobait et que la modernité à laquelle il se ralliait disparaissait...Avec le recul, c'était très naïf. Mais restons indulgents. Il est très facile de dire: 'j'ai raison et vous avez tort" avec orgueil.
Les pères conciliaires ont réfléchi sur l'effondrement de l'univers sacral en gardant curieusement une optique intégraliste. Il y a toujours une idée du sacerdoce et de l'empire, même si l'on n'est plus dans le cadre d'une chrétienté. Or, le monde lui-même est très éloigné. L'Eglise fait la leçon, alors que le monde lui est indifférent. L'abbé Barthe l'avait dit pour la liberté religieuse: l'Eglise continue à parler au monde, comme elle le faisait au 19ème siècle, alors même que son discours est différent sur le fond (l'Eglise défendait un cadre chrétien en enseignant à des pouvoirs publics qui ne l'étaient plus...).
Je préfère utiliser la formule de Jean Guitton: il vaut mieux traiter le texte en témoin qu'en accusé (le défaut de l'abbé Loisy).
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