Encore la question des mariages FSSPX... par Candidus 2015-09-04 11:15:01 |
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Il faut tout de même faire preuve d'un sacré culot pour écrire :
"... les mariages célébrés par la FSSPX sont aussi implicitement reconnus comme valides by ce décret. Ou est-ce que la meute qui poursuit la Fraternité suggèrerait que François a autorisé l'absolution de centaines de milliers de fidèles vivant continuellement dans l'adultère ? Une furtive application des théories de Kasper peut-être ? Je ne pense pas. François ne croit tout simplement pas que les mariages sont invalides. Il en est de même du Vatican qui n'a jamais dit qu'ils étaient invalides et qui les traite avec une présomption de validité lors des procédures d'annulation soumises en appel au Vatican par la partie qui s'oppose à l'annulation."
Il y aurait beaucoup à dire devant un tel condensé d'inexactitudes (et pourtant j'aime beaucoup M. Ferrara et le Remnant, admirables défenseurs de la foi aux USA mais habituellement mieux inspirés) :
Un décret du pape entend accorder aux prêtres de la FSSPX à partir de 00:01, le 8 décembre 2015, jusqu'à 23:59, le 20 novembre 2016, la juridiction sur les pénitents qui se présenteront à leurs confessionnaux. Traduite en termes juridiques, c'est à cela que se réduit la décision bergoglienne.
Comment un tel décret peut-il conduire M. Ferrara a conclure que cela prouve que les prêtres en question auraient disposé dans le passé, et disposeraient à présent, de la juridiction leur permettant de célébrer des mariages ?
François autoriserait l'absolution de personnes vivant en situation d'adultère ? Impensable !
Et pourtant, cette hypothèse envisagée puis immédiatement repoussée par Ferrara n'est en rien invraisemblable. François est un antinomiste, c'est un sentimental (l'un va rarement sans l'autre). Il n'a que faire de ce qu'il considère comme relevant du juridisme. La question de la situation matrimoniales des fidèles de la FSSPX n'a pour lui aucune espèce d'intérêt et à Buenos Aires tout le monde sait qu'il a permis à des fidèles en situation matrimoniale irrégulière de recevoir les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. N'allons donc pas chercher dans les déclarations de François un éclairage particulier sur la question des mariages célébrés par la FSSPX.
Le Vatican accorderait une présomption de validité aux mariages des fidèles de la FSSPX qui feraient appel d'une décision de nullité devant la Rote ou le Tribunal de la Signature Apostolique ?
BIEN SÛR et c'est le cas pour TOUS les mariages faisant l'objet d'une procédure d'appel. C'est la règle, même pour les mariages les plus loufoques et évidemment invalides.
Encore plus fort : le Vatican (terme très imprécis sous la plume de M. Ferrara qui est pourtant juriste) n'aurait jamais dit que ces mariages étaient invalides ?
Je l'ai déjà écrit sur le FC, TOUS les mariages célébrés devant des prêtres de la FSSPX n'ayant pas reçu de délégation du curé qui ont abouti devant les tribunaux de la Rote ou de la Signature Apostolique ont toujours été jugés invalides. J'attends que l'on me présente un seul cas qui démontrerait le contraire. Un cas qui ne soit pas un ouï-dire bien sûr, un cas documenté et ayant fait l'objet d'une décision d'une de ces deux instances (Rote ou Signature Apostolique) et non pas de la commission ED qui, pour des mariages antérieurs à 2006, s'est permis de rendre des décisions qui n'étaient pas de son ressort et qui aboutissaient à considérer comme schismatiques certains fidèles de la FSSPX.
Il est vrai néanmoins qu'il y a toujours eu de la part des deux instances suprêmes canoniques de l'Eglise une réticence très claire à rendre publiques leurs décisions sur ces mariages. La raison m'en a été plusieurs fois expliquée. Jusqu'en 2006, reconnaître l'invalidité de ces mariages aurait constitué une reconnaissance implicite de l'ecclésialité de la FSSPX parce que seuls des fidèles ayant formellement quitté l'Eglise catholique pouvaient contracter un mariage valide en dehors de la forme canonique.
Reconnaître que la Fraternité n'était pas formellement schismatique, ces deux tribunaux, dans le contexte des relations du St Siège avec la FSSPX, ne pouvaient pas ou ne voulaient pas officiellement le déclarer mais ils n'en pensaient pas moins.
Par ailleurs, tout le monde savait à l'époque dans le milieu canoniste que les Officialités françaises, elles, considéraient presque systématiquement les fidèles de la FSSPX comme schismatiques et reconnaissaient donc, paradoxalement, leurs mariages valides (contrairement aux Officialités américaines par exemple). Les tribunaux romains n'ont pas voulu mettre la main dans ce panier de crabes.
Depuis le 13 mars 2006 où une déclaration de la Commission pontificale pour l’interprétation des textes législatifs (visant essentiellement un imbroglio particulier à l'Allemagne) a clarifié les conditions pour qu'il y ait un « actus formalis defectionis » (et plus clairement encore depuis le 15/12/2009 où l'exception de l'actus defectionis a été officiellement abandonnée), la situation est claire et il n'existe plus aucun flottement juridique ou incertitude (du moins au point de vue des Officialités et des tribunaux romains qui sont désormais à l'unisson).
Désormais, AUX YEUX DE TOUTES LES INSTANCES CANONIQUES OFFICIELLES DE L'EGLISE (et je me contente d'aborder uniquement cet aspect parce que je n'ai vraiment pas envie de férailler avec la FSSPX dans le contexte actuel), les fidèles de la Fraternité ne peuvent recevoir validement le sacrement du mariage devant un de leurs prêtres et cela, indépendamment de leur situation canonique (schismatiques ou pas et nous savons qu'ils ne le sont pas).
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