L'avis de la Vié c'est quil y a une "petite" différence par Jean Kinzler 2015-07-31 11:29:58 |
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Une petite différence
C’est une histoire qui dure. Et qui marche. Bientôt trois siècles que l’Église catholique et une partie de la franc-maçonnerie mettent en scène leurs désaccords. Et pourtant, nous n’en sommes plus aux temps héroïques de la Troisième République, où l’on savait s’invectiver avec panache et parfois avec style. La lutte idéologique était alors à son comble et les camps, intellectuellement bien armés. Aujourd’hui, du côté catholique, seuls quelques cercles cultivent encore une peur panique des maçons, qui confine parfois à une paranoïa assez comique. Du côté maçonnique, les attaques directes contre l’Église catholique sont devenues rares et prennent la forme de prises de position assez convenues dans le débat public.
Reste pourtant, en dépit de quelques rapprochements mondains et d’échanges limités à des cénacles d’intellectuels, une hostilité sourde dont on a du mal aujourd’hui à percevoir le sens si l’on ne se penche pas un peu sur l’Histoire et sur les idées fondamentales qui sont défendues par les uns et les autres. Dans une première approche, tout le monde veut le bien de l’humanité ainsi que la paix des ménages et des cœurs. On peut d’ailleurs en rester là et s’en aller, flûtiau en bouche, danser sur les chemins de la concorde universelle. Reste pourtant une conception de l’homme qui diffère sensiblement d’un côté et de l’autre. Les maçons ne s’en cachent pas : ils défendent une vision somme toute prométhéenne de l’humanité, capable de s’élever par ses propres moyens vers sa réalisation ultime. Les chrétiens, eux, sont censés croire à la grâce. En d’autres termes, à la nécessité de se recevoir d’un Autre pour atteindre au but. La différence peut sembler subtile. Elle est, si l’on y songe un peu, radicale.
Cela n’empêche pas, bien sûr, de se parler poliment, voire de s’apprécier. Certains réussissent à concilier en eux-mêmes les deux identités. La chose est donc, de fait, possible. Toute la question est de savoir si elle est souhaitable. L’institution catholique a un petit avis là-dessus… À chacun, ensuite, d’en faire son miel et, le cas échéant, d’assumer la responsabilité de ses choix.la vie
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