Synode:l'Église entrouvre l'Eucharistie pour les divorcés-remariés par Jean Kinzler 2015-06-23 15:27:14 |
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Publié ce mardi, le document de travail du prochain synode sur la famille qui se déroulera à Rome en octobre prochain repousse le mariage gay mais entrouvre la porte à une admission de divorcés remariés à la communion eucharistique.
Ce document était très attendu car il s'agit du texte préparatoire du prochain synode sur la famille qui se déroulera à Rome en octobre prochain. Tout en renforçant la famille traditionnelle, il pourrait décider d'un statut nouveau pour les divorcés remariés dans l'Église et d'une nouvelle approche pour les personnes homosexuelles.
Rendu public mardi au Vatican, «l'instrumentum laboris», le document de travail de la seconde session du synode sur la famille voulu par le pape François, confirme un renforcement de la pastorale familiale de l'Église, qui entend mieux préparer les jeunes au mariage afin de limiter les échecs mais il comporte deux surprises: un non sans appel à toute ouverture en direction du «mariage» entre personnes de même sexe même si l'Église insiste sur l'attention à porter à ces situations ; et malgré de sévères débats internes, la confirmation de la recherche d'une solution pour permettre à certains divorcés remariés d'accéder aux sacrements de l'Église.
Ce n'est certes qu'un «document de travail» officiellement publié par le Vatican sur lequel l'assemblée des évêques réunis en octobre à Rome devra voter et c'est bien le pape qui décidera en dernière analyse, mais l'insistance de ce document sur ces deux points - qui n'avaient pas obtenu la majorité nécessaire des deux tiers pour être adoptée à la précédente assemblée d'octobre 2014 - démontre que le pape François désire avancer dans cette direction.
Pas de discrimination injuste
Sur la question homosexuelle, le document reprend l'enseignement traditionnel de l'Église pour redire que l'on ne peut comparer «les unions homosexuelles» et «le dessein de Dieu sur le mariage et la famille». Pour autant, insiste le texte «les hommes et les femmes à tendances homosexuelles doivent être écoutées avec respect et délicatesse» et ne doivent subir aucune «discrimination injuste». Le texte suggère même que les diocèses mettent en place des structures spécifiques «pour l'accompagnement de familles» qui sont concernées par cette situation.
En revanche l'instrumentum laboris est sans appel sur la question du mariage gay: «Il est totalement inacceptable que les pasteurs de l'Église subissent des pressions en ce domaine et que les organismes internationaux conditionnent des aides financières pour des pays pauvres liées à l'introduction de lois visant à instituer le «mariage» entre personnes du même sexe».
Sur la question des divorcés remariés, le document tout en récusant la pratique de l'Église orthodoxe - qui bénit une seconde union sans le reconnaître comme mariage - insiste sur l'esprit de «miséricorde» qui doit présider à toute évolution de la pastorale. Outre la gratuité et la facilitation des procédures de reconnaissance canonique de «nullité du lien du mariage» le document propose deux pistes pour mieux accueillir les divorcés remariés dans l'Église.
Deux pistes pour accueillir les divorcés remariés
Leur permettre, d'une part, s'ils sont des chrétiens convaincus et volontaires, de pouvoir participer à la vie normale des paroisses au sein notamment des différents conseils dont ils sont exclus actuellement. «Il faut repenser ces formes d'exclusion» affirme le texte.
Réfléchir, d'autre part, à la possibilité d'admettre sous certaines conditions strictes et après un long discernement spirituel, certains de ces divorcés remariés - qui ont notamment subi un divorce et qui ont refait leur vie de façon stable et définitive - à la communion eucharistique.
Le texte souligne certes la difficulté d'y parvenir et ne cache rien du vif débat théologique qu'il suscite dans l'Église mais il demande au synode de creuser le travail en cette direction. «il faut encore approfondir la question, écrit le document de travail, en ayant bien à l'esprit la distinction entre la situation objective du péché et les circonstances atténuantes, sachant que l'imputabilité et la responsabilité d'une action peuvent être diminuées ou annulés par différents facteurs psychiques ou sociaux».figaro
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Presentation de l'Instrumentum Laboris du Synode sur la famille
Cité du Vatican, 23 juin (VIS). Ce matin près la Salle de Presse a été présenté l'Instrumentum Laboris de la XIX assemblée générale ordinaire du Synode des évêques consacré à la vocation et à la mission de la famille (4 - 25 octobre). Le Cardinal Lorenzo Baldisseri, Secrétaire général du Synode, était entouré du Cardinal Péter Erdö, Rapporteur général, et de Mgr.Bruno Forte, Secrétaire général de cette assemblée. Le document de travail reprend en trois parties le Rapport de l'assemblée extraordinaire d'octobre dernier, consacrée aux défis pastoraux de la famille dans la nouvelle évangélisation: A l'écoute des défis, Discerner la vocation de la famille, La mission de la famille. Le Cardinal Baldisseri a tout d'abord indiqué les nouveautés de la première partie, principalement d'ordre anthropologique et culturel, socio-économique et écologique: pauvreté et exclusion, troisième âge et veuvage, deuil familial, handicap, émigration, rôle de la femme, affectivité, éducation sexuelle et bioéthique. La seconde aborde la question mariage naturel et plénitude sacramentelle, l'indissolubilité, le don et l'accomplissement, la vie familiale, l'union et la fécondité, la dimension missionnaire, la foi, la prière et la catéchèse, le lien étroit entre Eglise et famille, les jeunes et la peur du mariage, la miséricorde. Enfin la troisième partir s'intéresse au thème famille et évangélisation, à la famille comme sujet de la pastorale, à la liturgie nuptiale, à l'ouverture missionnaire, à l'accompagnement ecclésial de la famille, à la simplification des procédures en annulation, à l'intégration des fidèles en situation irrégulière, à un éventuel parcours pénitentiel, aux problèmes issus des mariages mixtes et aux disparités cultuelles, aux problèmes de natalité et adoption, de respect de la vie, de la conception et de l'éducation. Le Cardinal a tenu à signaler l'importance consacrée à l'indigence économique et aux menaces d'usure pesant sur les famille, rappelant l'importance de re-proposer la Lettre des droits de la famille en liaison avec la Déclaration universelle des droits de l'Homme.
Ensuite, le Cardinal Baldisseri a exposé les travaux conduits par du Conseil du Synode entre les deux assemblées, et notamment le questionnaire en 49 points adressé à toutes les conférences épiscopales et synodes sui juris. Après sa clôture du 15 avril, il a suscité 99 réponses, qui s'ajoutent en 359 observations envoyées librement par toute sorte de réalités ecclésiales, diocèses, paroisses, associations, personnalités. Le déroulement de la prochaine assemblée, après celui de la précédente, permettra d'améliorer la procédure en l'alignant sur les besoins de notre temps. On a retenu la nécessité de limiter le nombre des interventions individuelles et d'en rationaliser le flux, tout en valorisant le travail des Circuli Minores. La première semaine du Synode traitera de la première partie de l'Instrumentum, la seconde de la seconde partie et la troisième de la troisième partie. Après quoi l'assemblée préparera le document destiné à être soumis au vote pour approbation et ultérieure présentation au Pape. Tous les ayant droit pourront intervenir et ont consacrera tout le temps nécessaire aux groupes de travail linguistiques. En conclusion, le Cardinal a rappelé que pour le Saint-Père le Synode n'est pas un parlement mais un lieu dans lequel se manifeste l'Esprit. Les pères synodaux sont donc appelés à s'exprimer par Parresia, libres de communiquer avec la presse avec discrétion et sens de la responsabilité.VIS
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Eglise Vie de l'Eglise
L'Instrumentum laboris du synode sur la famille dévoilé
Le cardinal Baldisseri avec le Pape François lors du dernier synode sur la famille - AP
23/06/2015 12:08
(RV) La feuille de route du prochain synode sur la famille, l’Instrumentum laboris, était présentée ce mardi dans la salle de presse du Vatican. Ce texte permettra aux évêques du monde entier de travailler sur le thème « La vocation et la mission de la famille dans l’Eglise et le monde contemporain » lors de cette 14e assemblée ordinaire qui se tiendra du 4 au 25 octobre prochain. Le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode des évêques, le cardinal Peter Erdö rapporteur général et Mgr Bruno Forte, secrétaire spécial de cette assemblée ont exposé devant les journalistes les grandes lignes de ce synode très attendu. Le compte-rendu d’Olivier Bonnel
Ce document de travail reprend en grande partie les conclusions de l’assemblée synodale du mois d’octobre 2014. Il se compose de trois parties : l’écoute des défis de la famille, le discernement de la vocation familiale et la mission de la famille aujourd’hui. Sont d’abord exposées les contradictions du contexte socio-culturel contemporain, marqué par un changement anthropologique. La culture individualiste et le consumérisme de certaines sociétés conduisent à effacer les différences biologiques entre l’homme et la femme. L’Instrumentum laboris rappelle aussi que la famille est un pilier irremplaçable de la vie sociale et nécessite donc des politiques adéquates, menacée par des maux aussi divers que la crise économique, la guerre, ou les migrations forcées. La famille doit avoir un rôle inclusif des plus fragiles souligne le document : les personnes âgées, frappées par le deuil ou le handicap, une attention particulière doit aussi être portée aux femmes victimes de violences, d’avortements ou dont le corps est parfois instrumentalisé.
La deuxième partie rappelle combien le sacrement du mariage reste indissoluble mais souligne que l’Eglise est appelée à mieux accompagner les souffrances conjugales ou les époux séparés. Sur la délicate question des divorcés-remariés, le document souligne qu’un discernement particulier de l’Eglise est indispensable pour un accompagnement de manière pastorale, et suggère que les prêtres soient mieux formés à un ministère « de consolation et de soin » des familles blessées.
Sur l’accès à l’Eucharistie pour les divorcés-remariés, l’Instrumentum fait part d’un consensus sur la piste « d’un chemin pénitentiel » suivi sous l’autorité d’un évêque et qui serait basé sur une nullité du mariage et la décision de vivre dans la continence. Rappelant son opposition ferme au mariage des personnes de même sexe, le synode appelle néanmoins de ses vœux le développement de projets pastoraux spécifiques pour les homosexuels et leurs familles.
Le cardinal Baldisseri a souligné l’importance de ce chemin synodal, et précisé que le Pape François avait expliqué qu’un synode n’était pas un parlement mais un lieu où pouvait souffler l’Esprit-Saint.
Contribution de tous
Lors de la conférence de presse, le cardinal Baldisseri a précisé que le Secrétariat général avait reçu 99 réponses de la part des organismes autorisés. 359 observations ont également été envoyées librement par les diocèses et les paroisses, les associations ecclésiales et les groupes de fidèles, mouvements et organisations civiles. A cela s’ajoutent les contributions des universités, des institutions académiques, des centres de recherche et des chercheurs individuels au travers de symposiums, de congrès et de publications. radiovaticana.va
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