Ce n'est pas la répétition qui fait le schisme par Ennemond 2015-03-12 21:39:51 |
|
Imprimer |
Si la FSSPX se trouvait vraiment dans les mêmes conditions que 1988, elle devrait redonner des évêques pour perpétuer la messe traditionnelle et le sacerdoce traditionnel. Ce serait même un devoir. Et ce n'est pas la répétition qui ferait le schisme. Si vous voyez plusieurs fois une église se faire profaner, il faudrait plusieurs fois sauver les saintes espèces, combien même vous n'avez pourtant pas le droit d'y toucher.
Ce que Mgr Fellay a dit plusieurs fois, c'est que visiblement, nous ne nous trouvons pas dans les conditions de 1988.
En 1988, qu'y avait-il ?
- Plus que deux évêques octogénaires désireux de perpétuer ces traditions, entrevoyant une mort prochaine. Le sermon des sacres manifeste ce danger de mort : "Tous ces séminaristes qui sont ici présents, si demain le Bon Dieu me rappelle, et ce sera sans doute sans tarder, eh bien, ces séminaristes de qui recevront-ils le sacrement de l’ordre ?"
- Un supérieur qui avait exploré toutes les autres possibilités et épuisé les autres démarches, après avoir réfléchi pendant de nombreuses années, ce n'était pas un coup de tête. Le sermon des sacres confirme le fait que Mgr Lefebvre avait épuisé tous les recours : "Nous avons écrit, nous sommes allés à Rome, nous avons parlé, nous avons envoyé des lettres – Monseigneur de Castro Mayer et moi-même – plusieurs fois, à Rome".
- Un besoin urgent exprimé à travers le monde de recevoir les sacrements de façon traditionnelle, tels que les autres évêques sur la planète ne voulaient plus les conférer.
Aujourd'hui, il faut être lucide, la FSSPX a des évêques cinquantenaires, âge auquel les autres évêques sont nommés et la Fraternité peut se permettre le luxe d'avoir un de ces évêques occupé à des tâches administratives et pas uniquement sacramentelles. Le danger de mort prochaine est absent. Et aucune démarche à Rome ou auprès de confrères dans l'épiscopat n'a été entamée. Si des sacres avait lieu dans l'année (ce qui n'est pas à l'ordre du jour dans la Fraternité), ils ne feraient qu'institutionnaliser des mesures d'exception, caricaturer l'acte de 1988, et entreprendre un acte qui ne serait manifestement pas fondé sur un état de nécessité tel qu'il a existé il y a 27 ans. Il serait grave de banaliser un acte qui a fait réfléchir Mgr Lefebvre pendant tant d'années. C'est pourquoi Mgr Fellay a bien indiqué que la question des sacres n'était pas à l'ordre du jour. Un jour un fidèle, plutôt proche des milieux ED me demandait pourquoi la FSSPX ne sacrait pas à nouveau. Il y a sans doute là une confusion sur ce qu'est l'état de nécessité entre nécessité de bénéficier d'un évêque qu'on ne peut pas avoir par ailleurs, et la nécessité de s'affranchir du droit à sa guise. Avoir de nouveaux évêques pour la FSSPX aujourd'hui serait un confort, mais pas une urgence vitale.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|