« Etant un catholique engagé, je sais que la messe anticipée du samedi soir existe » par Bernard Joustrate 2015-02-05 14:28:54 |
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Et si l'Eglise revenait sur cette disposition pour précisément contrecarrer les projets du gouvernement français ? BJ
Vos magasins ouvriront-ils le dimanche ?
Actuellement à l'étude par les parlementaires, la question du travail et de l'ouverture dominicale des commerces trouve un fort écho dans le département. Les avis sont partagés.
Depuis dix jours, on ne parle que d'elle. La fameuse loi Macron est en cours d'examen à l'Assemblée nationale. Dans ce projet de loi qui vise à favoriser l'activité et l'égalité des chances économiques, il y a un chapitre sur le travail du dimanche.
Un sujet qui concerne au premier chef les trois grandes zones commerciales (Beauvais, Compiègne et Creil-Saint-Maximin) du département.
Jusqu'à présent, le principe du repos dominical était acquis, mais des dérogations, pour les zones déclarées d'intérêt touristique, permettaient des ouvertures de magasins le dimanche. Pour les autres secteurs, les maires pouvaient permettre l'ouverture exceptionnelle des magasins pendant cinq dimanches durant l'année. Le projet de loi Macron veut « donner des marges de décisions aux acteurs locaux, tout en renforçant les droits des salariés travaillant le dimanche ». Il prévoit d'augmenter les dimanches autorisés par le maire pour porter le chiffre de cinq à douze.
Si la loi passe, ce sera donc aux maires, ou aux présidents de communautés de communes, de définir le nombre de dimanches ouvrés. Caroline Cayeux, sénateur-maire UMP de Beauvais et présidente de l'Agglo, fait partie de ces décideurs. Elle devra se prononcer pour les commerces de la ZAC de Beauvais-Allonne. « Je suis pour le volontariat, annonce-t-elle. J'appliquerai le même principe que celui qui existe actuellement pour les cinq dimanches. Si les accords syndicaux ont été obtenus, notamment en ce qui concerne les avantages accordés aux salariés travaillant le dimanche, je n'ai aucune raison de ne pas accepter. Maintenant, je ne suis pas persuadée qu'une ville moyenne comme Beauvais ait besoin d'ouvrir ses commerces douze dimanches pendant l'année. Personnellement, je ne fais pas mes courses ce jour-là, sauf les achats concernant les métiers de bouche. »
Dans le Compiégnois, Philippe Marini, le maire UMP de la cité impériale et président de l'agglomération (ARC), assure n'avoir aucun tabou à ce sujet. « Etant un catholique engagé, je sais que la messe anticipée du samedi soir existe », sourit même le premier magistrat de la ville. Autre manière de dire qu'il ne s'opposera en aucun cas à des ouvertures de magasins douze dimanches par an. Au contraire. « Dès lors que le régime se libéralise, nous devons veiller à ne pas perdre en pouvoir d'attraction par rapport aux autres lieux économiques, qui pourraient décider d'appliquer au maximum autorisé les ouvertures dominicales. » Philippe Marini espère même des retombées positives pour le tourisme. « On peut effectivement penser qu'il y a un lien. L'activité entraîne l'activité. »
Un avis partagé par Didier Rosier, qui encourage, lui aussi, pleinement les maires à jouer le jeu. Maire (SE) du village de Rousseloy, il préside également Pierre Sud Oise, la communauté de communes à laquelle Saint-Maximin et sa gigantesque zone commerciale appartiennent. « Tous les pays qui ont libéralisé le travail du dimanche ont pu constater une croissance supérieure. C'est un plus, un petit plus certes, mais tout ce qui peut créer des emplois doit être favorisé », soutient-il. Pour Didier Rosier, « douze dimanches par an, c'est même un minimum. Mais il faut que chacun y trouve son compte. Je suis catégorique : le salarié doit être respecté dans ses droits, et cela ne doit pas déboucher sur une discrimination à l'embauche. Chacun est libre de travailler ou pas. »
Un discours qui fait sourire Georges Durouchet, secrétaire général de l'union locale CGT Compiègne : « Le volontariat n'existe pas. Le salarié, contraint par ses liens de subordinations avec la direction, ne peut qu'accepter le planning qu'on lui propose. Cette loi Macron ne va pas dans le bon sens. »
Le Parisien
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