Harry Potter, c'est NON par Jeanne Smits 2014-12-02 08:12:41 |
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Voilà un livre qui suscite d'étranges passions. Impossible de le critiquer sur le plan moral et celui de la foi sans se prendre une volée de bois vert. Harry Potter est un orphelin, il est maltraité, il suscite des réflexes de protection bien naturels mais qui méritent d'être passés au crible de la raison.
Et en outre, il fait lire – chose que même les parents "traditionalistes" aujourd'hui ont parfois du mal à obtenir de leurs enfants. Alors…
Je ne vais pas revenir ici sur tous les aspects nocifs de Harry Potter ; j'ai publié nombre de mes analyses sur mon blog si cela vous intéresse.
Mais je voudrais faire quelques remarques.
1. J'ai lu l'ensemble des livres de la série, parfois avec dégoût, souvent avec effroi devant la désespérance horizontale qui s'en dégage – ce sont des livres pour enfants ! – et bien souvent aussi avec colère devant l'utilisation de symboles chrétiens retournés de manière infernale.
Ce sont assez de raisons pour me faire dire qu'on ne doit pas les laisser entre des mains d'enfants, pour en faire une lecture "critique" et "pédagogique" : ils ne sont pas armés pour cela.
2. JK Rowling utilise avec brio et en situation des symboles ésotériques, maçonniques, satanistes. Allez voir les livres de Mona Mikaël : ils sont vendus à "Livres en Famille". J'ai lu "Harry Potter et l'Ordre des Ténèbres" : hormis quelques maladresses marginales, c'est un remarquable exposé de ce qui sous-tend les Harry Potter. C'est la culture paganisée qui admire le dragon – voyez à ce sujet l'interview de Michael D. O'Brien que j'avais publiée sur mon blog en 2011.
Des enfants lisant la série se sont effectivement intéressés à la sorcellerie ; ces sites aux aspects ludiques sont capables de les plonger d'un clic dans la désespérance et la révolte contre Dieu. Ce dernier point, je l'ai vérifié.
3. Harry Potter, c'est "la fin justifie les moyens". D'où un habile mélange entre un (apparent) combat pour le bien et la justice, et la glorification du mensonge, de la désobéissance, du mépris de l'autorité. Tout au long de la série il y a d'ailleurs une ambiguïté sur a force du jeune orphelin qui lui vient à la fois de l'amour de sa mère et d'une sorte d'identification avec Voldemort, mal incarné.
4. Qu'on ne me parle pas des qualités littéraires de ces 7 tomes. Vocabulaire imagé ? Oui, c'est leur force. Mais je connais bien des livres britanniques pour la jeunesse qui sont infiniment mieux écrits. Aucune réflexion, aucune mémoire ne sont nécessaires : on navigue comme dans un jeu vidéo avec des mots-clef (les paroles des sorts lancés) pour avancer d'un "niveau" à l'autre.
Y a-t-il surtout des "traditionalistes" pour s'opposer à Harry Potter ? Je ne sais pas, en France, peut-être, en Amérique du Nord cela me semble moins sûr. En tout cas il me semble que les opposants s'appuient sur une analyse rationnelle éclairée par une foi structurée.
Amitiés
Jeanne Smits
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