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vrai dans l'ensemble
par Luc Perrin 2014-03-22 12:21:10
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au moins d'après les exemples cités ici ou là.

Il n'y a pas, en un an, d'inflexion notable dans le renouvellement du corps épiscopal à la différence en effet des coups de chapeau appuyés en Curie donnés à la mémoire du cardinal Martini, l'anti-Ratzinger par excellence et dissident par rapport à Jean-Paul II, au cardinal Kasper, autre anti-Ratzinger, au cardinal Hummes autre voix dissonante, au vibrionnant cardinal hondurien mis à la tête du "C8".
Ceci dit, le choix du cardinal Pell pour le nouveau dicastère chargé de l'économie du Saint-Siège marquait un souci de ne pas exclure ce courant, tout en le cantonnant à des postes non stratégiques.

Bémol en sens inverse, la via media suivie par Benoît XVI se poursuit pour les choix épiscopaux.

Aux USA cependant, un tout nouvel évêque a banni la Messe traditionnelle après 3 semaines dans une université catholique qui mettait en avant son caractère catholique traditionnel.

Le nouveau pontificat, en un an, paraît très marqué par une "écume des jours" qui penche vers le catholicisme néo-libéral des années 1960 et 1970, écume hyper-médiatisée et alimentée par le pape à coups de gestes, de petites phrases, de formules, d'interviews spectaculaires, de "confidences" qu'on retrouve à la une deux heures après ; mais d'un autre côté, le navire pontifical et curial garde son cap wojtylien quant au fond si on se réfère aux textes officiels, aux mesures prises.

C'est cette juxtaposition d'effets médiatiques en rupture, de clins d'oeil appuyés aux champions de l'herméneutique de la rupture et d'une relative continuité dans l'exercice du Magistère ordinaire qui rend difficile le bilan d'un an de pontificat "franciscain".

Les vraies échéances sont devant nous, le Synode de l'automne 2014 sera un rendez-vous. Suivant comment il se déroulera, les Françoise Brugère* y seront-elles reines ou pas, la position catholique néo-libérale ouvertement revendiquée par certains évêques anglais et allemands ou de manière plus oblique comme en France l'emportera-t-elle ou pas ?

Les idées souvent fantasques des cardinaux qui brillent au firmament vaticanesque (Hummes, Maradiaga, Kasper) entreront-elles dans les faits ?

Jean XXIII fut un pape très "classique", plus même que Pie XII sur bien des aspects essentiels, contrairement à l'image forgée par plusieurs dont le nouveau cardinal Capovilla (son ancien secrétaire que François a tenu à honorer du chapeau) ; l'année 1958-1959, si on excepte l'annonce d'un concile bien sûr, n'a pas été réformatrice du tout : tout au contraire là encore. Ce n'est au fond que dans la dernière année 1962-1963 que le pape a donné des signes de prise de distance : poids exorbitant accordé au secrétariat Bea, visite d'Adjoubei et surtout encyclique Pacem in terris (1963) qui sort très peu de temps avant sa mort et alors qu'il était gravement malade. Dans cette dernière, l'influence de théologiens "novateurs", sans excès, a été prépondérante.

Au-delà donc d'une première année indécise, quelles seront les autres ? Aurons-nous un pape François sur le modèle de Jean XXIIII, "conservateur" et prudent pour l'essentiel emporté tardivement par un optimisme échevelé et sur la pente de conseillers plus soucieux des sirènes du siècle ou alors sur le modèle de Paul VI, réformateur confiant au départ, progressivement effrayé voire horrifié par le mouvement qu'il avait cru pouvoir dominer et cherchant désespérément à arrêter le train sans conducteur (à le freiner au moins) dans les dernières années du pontificat, sans pour autant renier ses orientations initiales ?

Wait and see, en gardant l'oeil et les oreilles ouverts et sans hésiter à communiquer un sensus fidei à nos évêques.

* le choix de Mgr Brunin et du Service qu'il dirige est à comprendre dans cette perspective du Synode. L'invitation n'avait rien d'innocent ce que d'autres évêques (voire cardinaux ?) ont fort bien compris. Si le Synode de 2014 rejoue l'affaire Brugère avec son heureuse conclusion ou si, à l'inverse, le choix qui s'exprime implicitement dans cette invitation devient celui du Synode et qu'il est ensuite avalisé par François, à la différence de Paul VI en 1975 qui avait désavoué les conclusions majoritaires du Synode de 1974 au profit du rapport minoritaire, piloté par le cardinal ... Wojtyla.

     

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 ? pour Liverpool, un archevêque NOM + VOM par Presbu  (2014-03-21 21:31:54)
      Confirmation de la nomination du nouvel archevêque par CMdelaRocca  (2014-03-21 21:51:25)
      Il faudrait voir par Justin Petipeu  (2014-03-22 08:58:15)
          C'est exactement la réflexion que je me fais ! par Athanase  (2014-03-22 09:47:40)
              vrai dans l'ensemble par Luc Perrin  (2014-03-22 12:21:10)
                  Oui, Prof. Perrin, mais où est la "Manif pour tous" du Synode? par New Catholic  (2014-03-22 19:06:21)
                      A cela, il y a deux raisons: par le torrentiel  (2014-03-22 21:58:34)
                  Card Ouellet par Aigle  (2014-03-22 22:00:49)
                      réponse "avalée" par Luc Perrin  (2014-03-23 00:51:09)


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