Il y a une conception sélective et singulière des signes des temps. par Scrutator Sapientiæ 2014-03-15 00:47:10 |
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Bonsoir jejomau,
Il est incontestable qu'il y a eu, au Concile, au moment de rédiger Gaudium et Spes, ce que l'on appelle, en droit administratif, "une erreur manifeste d'appréciation".
Pourquoi cette erreur, dénoncée dès le début de l'automne 1965, en pleine aula conciliaire, par plusieurs évêques allemands, et par au moins un évêque français, Mgr RENARD, (en plus du futur fondateur de la FSSPX) s'est-elle inscrite dans la longue durée ?
Je suis à la recherche de la meilleure explication de ce phénomène :
- adhésion affective ou soumission effective des clercs d'hier et d'aujourd'hui à l'atmosphère qui se dégage de ce texte ?
- carriérisme ou conformisme intellectuel des théologiens et des évêques d'hier et d'aujourd'hui ?
- ignorance volontaire des conséquences (démotivation, désorientation) de ce positionnement doctrinal et pastoral ?
- lâcheté face aux puissants de ce monde, qu'ils soient atlantistes ou communistes, hier, atlantistes ou islamistes, aujourd'hui ?
- orgueil, qui fait que l'on préfère persévérer dans cette erreur manifeste d'appréciation, plutôt que de reconnaître que l'on a été trompé, que l'on s'est trompé, ou que l'on a trompé ?
- paresse, qui fait que l'on se refuse à consentir à des efforts intellectuels, à nouveaux frais, pour élaborer puis formaliser un positionnement moins "flower-poweriste", face à l'individu contemporain et face à la (post)modernité ?
- perte du sens de la grâce et du péché, du sens chrétien de la nature de l'homme et de l'histoire du monde, du sens de la loi naturelle et de la Foi surnaturelle, du sens de la distinction entre Lumière divine et lumières mondaines ?
- référence insistante à l'autorité d'une Constitution du Concile, alors que Gaudium et Spes est uniquement une Constitution pastorale ?
- refus volontaire de s'affranchir de certaines habitudes mentales, et de se convertir en direction de davantage de sens des réalités ?
- volonté résolue de ne pas combattre l'esprit du monde, et volonté tenace de ne pas déplaire à ceux qui sont ouverts sur cet esprit ?
J'ajoute une dernière possibilité : la volonté de juger le monde moderne sur ses intentions officielles, et de baptiser presque toutes ses intentions officielles, au lieu de juger le monde moderne sur ses résultats effectifs, et critiquer au moins une partie de ses résultats effectifs.
Si vous voyez une autre explication, merci beaucoup pour toute remarque ou suggestion.
Bonne nuit et à bientôt.
Scrutator.
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