La clé de tout : l'extinction de la distinction nature / surnaturel. par Scrutator Sapientiæ 2014-01-21 22:55:57 |
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Bonsoir et merci, Aigle.
1. Je vais contacter X A, pour que vous puissiez me contacter.
Vous n'êtes pas le premier à me demander de rassembler et de résumer mes arguments, et il faut que je me discipline et que je m'organise, pour pouvoir commencer à le faire.
J'ai peur de devoir, mais aussi, peut-être, de pouvoir, et peut-être même de vouloir commencer à me consacrer, au-delà du "raisonnable", à ce qui me tient le plus à coeur.
2. Je me trompe peut-être, mais il me semble que la clé de tout réside dans l'extinction contemporaine de la distinction entre la nature et le surnaturel ; l'atténuation, l'effacement de cette distinction ne peuvent conduire
- qu'à une perte du sens de la nature et du sens du surnaturel,
- qu'à une perte du sens du péché et du sens de la grâce,
- qu'à une perte du sens de l'histoire et du sens de l'Esprit.
3. Volontairement, je n'en dis pas beaucoup plus, car il se fait tard, et parce que j'écris tout cela après d'autres et moins bien qu'eux, mais pour moi la neutralisation, la nullification de cette distinction, est une véritable catastrophe intellectuelle, au sein de l'Eglise catholique, depuis que cette extinction a commencé à se produire, peut-être bien dans certaines idées, dans certaines oeuvres théologiques, mais davantage dans la soumission des mentalités à la tentation de mettre en retrait ou en sommeil cette distinction.
4. C'est bien à cette extinction que je pense, quand je pense aux fondements philosophiques et théologiques du gaudium-et-spisme ; à la limite, on en arrive à ne plus nommer ni la Foi, ni l'Espérance, ni la Charité, ni les vertus de tempérance, de force, de justice (sauf, bien sûr, la justice sociale), de prudence, au point ou au risque de ne plus parler de ce que ces notions expriment, dans l'espoir de s'adresser d'une manière actualisée, appropriée, attractive, consensuelle, solidaire, sympathique, en un mot : " PASTORALE ", en direction de l'Homme et du Monde "de ce temps",
- non avant tout pour l'exhorter à la conversion, à l'adhésion à la vérité, à l'abandon de telle ou telle erreur,
- mais avant tout pour qu'il se rende compte que Dieu est déjà présent en lui, alors que ce qui est présent en lui peut très bien être le désir de se tourner vers Dieu, ou le désir de se passer de Dieu, ou le désir de prendre Dieu pour ce qu'il n'est pas, ou encore le désir de se prendre lui-même pour Dieu.
5. Toute distinction ayant vocation à préciser chacune des deux réalités distinguées, mais aussi à maintenir un équilibre, intellectuel et relationnel, entre chacune de ces deux réalités, il va de soi que l'extinction contemporaine de la distinction entre la nature et le surnaturel a conduit
a) d'un côté à des phénomènes de confusion moniste, et il me semble que le gaudium-et-spisme s'apparente globalement à une sorte de confusion moniste entre la nature et le surnaturel,
b) de l'autre côté à des phénomènes de séparation dualiste, et il me semble qu'une certaine forme de diabolisation de l'homme et du monde modernes découle de cette séparation dualiste entre la nature et le surnaturel.
6. Je pense ici, en terminant sur cet exemple, au lieu existant
- entre la distinction entre la nature et le surnaturel,
- et la distinction entre les religions non chrétiennes et la religion chrétienne.
7. Comment voulez-vous bien faire connaître et bien faire comprendre le sens de ce lien, si vous commencez par censurer ou par déformer, sur la ligne de départ de votre propos, le sens de la distinction entre la nature et le surnaturel ?
8. Le risque n'est-il pas de doter les religions non chrétiennes de toutes les valeurs, de les parer de toutes les vertus, de laisser entendre que les croyants non chrétiens ne manquent de rien, à peu de choses près, sur le plan spirituel ?
9. Le risque n'est-il pas de passer sous silence, le plus possible, le plus souvent possible, la nécessité, pour nous, de les exhorter à la conversion, pour eux, de se rendre disponibles et responsables, par ou pour la conversion, sous la conduite et en direction du seul vrai Dieu ?
10. Vous avez intitulé votre message : "le risque est ciblé", et comme vous le voyez, à mes yeux, la cible est large, en ce sens que les conséquences de cette extinction de la distinction entre la nature et le surnaturel ne portent pas uniquement sur les thématiques gaudium-et-spistes, à proprement parler, mais portent également sur d'autres questions, plus religieuses ou spirituelles.
Preneur de toute remarque ou suggestion sur ce qui précède, et qui relève de l'enfoncement de porte ouverte en fin de journée, je vous souhaite une bonne nuit et vous dis à bientôt.
Scrutator.
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