En quel sens l'évangélisme gaudium-et-spiste est anti-intellectualiste. par Scrutator Sapientiæ 2013-12-07 08:21:47 |
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Rebonjour,
1. En quel sens le catholicisme évangélique franciscaniste gaudium-es-spiste est-il un anti-intellectualisme : je me propose de répondre à cette question, en précisant dès à présent que j'entends ici,
- par franciscanisme, avant tout une attitude antérieure à l'élection du Pape François, et qui consiste, dans les faits, à tirer parti d'une certaine vision de la figure de Saint François, pour dénaturer, déstructurer, faire évoluer, faire s'orienter, le christianisme catholique,
- par gaudium-et-spisme, avant tout un comportement, antérieur à l'élection du Pape François, et qui consiste, de facto, à réduire le Concile Vatican II à la seule Constitution pastorale Gaudium et Spes, pour propager dans l'Eglise l'état d'esprit qui découle de ce réductionnisme simplificateur.
2. Il me semble que l'une des marques de fabrique de ce courant de pensée et d'action ne réside pas tant dans ses fondements, son contenu, sa direction, son programme, que dans son anti-intellectualisme.
3. Le christianisme catholique n'est pas un aristocratisme intellectualiste qui serait réservé aux seuls intellectuels, et il me semble que l'on peut ne rien connaître en philosophie, en théologie, et être un saint, dès lors que l'on est ouvert à la fois sur les réalités et sur la transcendance, à la fois sur Dieu et sur les hommes, dans l'Amour et dans la Lumière.
4. Mais ôtez donc du christianisme catholique le goût pour l'importance, et le sens de l'importance
- des catégories et des définitions,
- des clarifications et des classifications,
- des conceptualisations et des problématisations,
- des délimitations et des hiérarchisations,
- des élaborations et des formalisations,
- des modélisations et des théorisations,
dès lors qu'elles sont inspirées par l'Ecriture, la Tradition, le Magistère, et qu'elles permettent d'en recevoir et d'en transmettre l'inspiration surnaturelle et théologale, qui vient de Dieu lui-même,
ET
vous êtes à peu près sûrs de priver le christianisme catholique de son autorité, de son identité, de son unicité intellectuelles,
ou, si vous préférez,
vous êtes à peu près sûrs de fragiliser durablement et profondément la ligne cérébrale et la colonne vertébrale du catholicisme.
5. Le franciscanisme gaudium-ets-spiste aura tendance à considérer que l'intellectualisme est un artificialisme : non un instrument, mais un obstacle, face au catholicisme le plus "authentiquement évangélique", le risque étant que le franciscaniste gaudium-et-spiste s'adonne lui-même à des schématisations et à des simplifications
- qui sont plus solidaristes et spontanéistes que vraiment sapientielles et spirituelles,
- qui ne sont pas moins fragilisatrices du catholicisme qu'un intellectualisme articificaliste, mais qui le fragilisent différemment.
6. Le devoir m'appelle, et je me dois de conclure, provisoirement, en faisant remarquer que j'ai toujours été frappé
- par l'extraordinaire banalité, et par le caractère extrêmement prévisible, des propos tenus par les catholiques franciscanistes gaudium-et-spistes, quand ils précisent ou rappellent ce qu'est leur plate-forme programmatique,
- par le fait que leur (vision du) personnalisme, dans le meilleur des cas, n'est, en elle-même, ni permissiviste ni perspectiviste, mais n'objecte ou n'oppose quasiment jamais rien au permissivisme et au perspectivisme contemporains.
Bonne journée à tous, et merci beaucoup pour toute remarque, même critique, je dirais même surtout critique.
Scrutator.
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