Attendons sa première ou prochaine lettre encyclique. par Scrutator Sapientiæ 2013-10-25 22:54:46 |
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Bonsoir Meneau,
1. Attendons, par exemple, la première ou la prochaine lettre encyclique du Pape François.
Je crois inutile de dire pourquoi j'écris : la première ou la prochaine.
2. On en parlait, justement :
Jean XXIII ?
- son pontificat commence le 28 octobre 1958
- sa première lettre encyclique date du 29 juin 1959
donc au bout de 8 mois.
Paul VI ?
- son pontificat commence le 21 juin 1963
- sa première lettre encyclique date du 6 août 1964
soit au bout de 13 mois.
Jean-Paul II ?
- son pontificat commence le 16 octobre 1978
- sa première lettre encyclique date du 4 mars 1979
soit au bout de quatre mois et demi.
Benoît XVI ?
- son pontificat commence le 16 avril 2005
- sa première lettre encyclique date du 25 décembre 2005
soit au bout de huit mois et demi.
François ?
- son pontificat commence le 13 mars 2013...
2. Au risque de surprendre, je dirais qu'une doctrine n'a pas à être avant tout catholique traditionnelle, ni évidemment à être avant tout catholique rénovatrice, dans l'acception partisane et tendancieuse du terme, en ce sens que si cette doctrine est conforme à l'Ecriture, à la Tradition, au Magistère antérieur, en ce que celui-ci a de plus "normativement officiel" et de plus "officiellement normatif", cette doctrine bénéficie d'une présomption de catholicité, qui devrait pouvoir lui conférer sa légitimité, aux yeux des catholiques, clercs ou laics, auxquels elle est destinée, ce qui ne veut d'ailleurs pas dire qu'elle n'est destinée qu'à eux.
3. Le problème est plutôt, en tout cas, à mon sens, quand cette doctrine catholique est hémiplégique, en ce qu'elle a la prétention d'annoncer la vérité sans dénoncer les erreurs qui s'y opposent, ou d'annoncer la vérité en la "proposant", comme si l'adhésion à la vérité était facultative, au lieu d'annoncer la vérité en la "prescrivant", alors que l'adhésion à la vérité a une vertu thérapeutique.
4. J'imagine qu'un enfant qui m'est confié m'affirme que deux et deux font cinq ;
a) je ne lui tairai pas le fait qu'il se trompe, dans l'espoir de respecter sa créativité, sa sensibilité, sa susceptibilité ;
b) je ne lui dirai pas : "à mon avis, tu te trompes",
c) je ne lui dirai pas non plus : "à ton avis, deux et deux font cinq, et c'est très bien ainsi, et, à mon avis, deux et deux font quatre, et c'est très bien aussi",
d) mais je lui dirai, "tu te trompes, car deux et deux et font quatre", et je lui expliquerai qu'en effet, OBJECTIVEMENT, deux et deux ne font pas cinq, mais que, OBJECTIVEMENT, deux et deux font quatre.
5. Comparaison n'est pas raison, évidemment, mais je crois que vous m'avez très bien compris ; il me semble que l'Eglise catholique a vocation à être éducatrice, donc
- avant tout pédagogue (voici LA vérité),
- et non démagogue (tout le monde a raison, tout le monde est dans le vrai)
- ni hypocrite (vous vous trompez et je le sais, je veux vous plaire donc je le tais)
6. Le fait que l'Eglise ait vocation à être pédagogue l'oblige à être diplomate, mais il ne faut pas que le fait qu'elle soit diplomate l'empêche d'être pédagogue ; or, il arrive que la diplomatie soit inappropriée, non parce qu'elle est mauvaise, en elle-même, mais quand elle est utilisée d'une manière systématique, iréniste, au point de faire sombrer les hommes d'Eglise dans le refus de la mise en avant d'exigences et d'objections à tout le moins potentiellement dissenssuelles.
Je viens d'essayer de formuler quelque chose qui est sûrement attendrissant de candeur ou exaspérant de prétention, et je vous prie de bien vouloir m'en excuser.
Bonne nuit et à bientôt.
Scrutator.
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