Le Pape et le Roi par CMdelaRocca 2013-10-01 08:27:47 |
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Billet d’humeur de Paul Turbier : le Pape et le Roi.
Nous avons un nouveau Pape. Il a choisi de s’appeler dorénavant François. Contrairement à Benoît, son prédécesseur, il n’avait pas occupé avant son intronisation, de hautes fonctions au Vatican et n’était donc pas connu, du moins en Europe. Les premières informations qui nous furent données à son sujet, nous montrèrent un cardinal exotique, au comportement très simple, peut-être pensaient certains, trop simple. Nous sommes habitués à ce que l’Eglise montre une certaine grandeur dans les signes qu’elle pose, grandeur que nous percevons comme un hommage rendu au Roi du Ciel. Dans nos vie privées, ne mettons-nous pas un peu d’apparat lorsque nous devons rencontrer quelqu’un d’important ? Qui est plus important que Notre Seigneur ? Nous lui devons ce que nous avons de plus beau . Or, en ce début de son pontificat, il nous faut bien reconnaître que le pape François nous déconcerte, en paroles et en actions. Quel contraste avec Benoît XVI qui avait été beaucoup admiré à cause de la subtile alliance qu’il nous montrait entre une immense érudition et une Foi tellement lumineuse. La persévérance dont il a fait preuve, le courage qu’il a déployé pour tenter de surmonter l’immense et douloureux problème de la division liturgique de la catholicité , tous ces efforts inlassables ne pouvaient que susciter admiration. Je l’ai, pour ma part, beaucoup admiré.
Le Pape François, dont la Foi ne peut être mise en doute, est d’une tout autre nature. Il est plutôt dans la rondeur et la jovialité méridionale. C’est un excellent communicant qui amène à lui et donc au Christ bien des âmes, lesquelles, sans son indéniable charisme, auraient pu se perdre sur d’autres chemins que celui de la Foi en Jésus, Fils Incarné de Dieu.
Cependant ici ou là ce sont quelques gestes, quelques paroles qui ont surpris et même choqué beaucoup de chrétiens ordinaires et je suis l’un d’eux . Le pape François dit ou laisse dire par ses collaborateurs les plus proches des mots qui nous étonnent à propos, par exemple, des possibilité de débat sur le mariage des Prêtres ou l’ordination des femmes. Avant lui, Benoît avait plusieurs fois abordé ces questions et avait apporté dans son ouvrage « Lumière de Monde » quelques précisions décisives.
A l’heure ou tant de martyrs tombent pour leur Foi en Christ, en Moyen et Extrême-Orient, comment comprendre des vœux adressés à ceux qui tuent les porteurs de Croix, qui démolissent les églises, qui incendient les lieux où sont gardés les écrits araméens, langue dans laquelle Jésus à prié. Si les musulmans qui sont hommes de prières ont droit à notre respect, ce n’est pas en revanche le cas de l’Islam, à la fois religion et puissance temporelle, trop souvent violent.
Comment ne pas être surpris d’entendre dans la bouche du plus éminent des prêtres, des propos à connotation politique, domaine qui est pourtant celui de César et non de Dieu. « Je ne suis pas de droite » a dit le Saint Père qui ne pouvant être neutre se situe donc lui-même à gauche. Or, la gauche n’est-elle pas le lieu où sont rassemblés tout les suppôts de Satan, les avorteurs, les euthanasieurs tout acharnés adversaires de la Foi chrétienne ? La gauche n’est-elle pas le lieu où le Père rangera les boucs tandis que les brebis seront mises à sa droite ? Etrange ! Un Pape comme un Roi n’a pas à être dans une triviale division horizontale, il est au dessus de la mêlée, pour nous aider à orienter nos regards vers le haut, là où sont les chemins qui mènent au Salut.
Et pourtant !
A la réflexion, pourquoi des regrets, pourquoi des plaintes ? Le Pape n’est pas Pape par l’aboutissement d’une quelconque ambition de puissance, il n’est pas élu à la suite d’une candidature comme l’est un vulgaire président d’une ordinaire république. Il est coopté par ses pairs, prêtres ordonnés, donc comment penser qu’il ne furent pas remplis de l’Esprit-Saint, particulièrement lors du conclave et donc éclairés dans leurs choix.
Comme les papes de nos jours, les rois capétiens qui, depuis Hugues Capet, ont conduit le royaume de France pendant près de vingt siècles ont reçu l’onction du Sacre. Comme le pape, leurs avènements ont provoqué à la fois ferveurs chez certains et rancœurs et récrimination chez d’autres, mais tous ont entendu leurs sujets exprimer leur allégeance. « Sire, puisque vous êtes le Roi, à votre obéissance » . Le roi n’a pas à plaire, il est le roi.
De même, aujourd’hui en ce début de 21ème siècle, ce pape qui nous est donné n’a pas à plaire, il est le pape et parce que nous sommes à la fois chrétiens et royalistes nous devons lui dire, toute inquiétude effacée : « Très saint-Père, puisque le Seigneur est avec vous, nous sommes vos très humbles et très affectionnés serviteurs ».
Paul TURBIER, CJA.
Septembre 2013 (in Conseil dans l'espérance du Roi)
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