Plusieurs explications par Ennemond 2013-07-01 22:48:17 |
|
Imprimer |
Je me lance pour un essai.
La ville de Versailles a une tradition conservatrice. Ville des rois, elle a toujours abrité, au-delà de l'Ancien Régime, les descendants de la noblesse et d'une bourgeoisie monarchiste qui s'y sont maintenus, au XIXe siècle et encore au XXe siècle, par le phénomène d'attraction des semblables. En 1871, elle a effectivement incarné à merveille cette réaction face à Paris la communarde. Le phénomène s'étend à des villes royales proches : Saint-Germain-en-Laye, Marly-le-Roi, Rambouillet, Saint-Cloud (qui n'est plus dans le diocèse de Versailles depuis la refonte) et, progressivement, à toutes les communes des alentours. Qu'on trouve dans les représentants de ces familles qui s'y sont enracinées les défenseurs du trône est une évidence (même s'il y a des nuances et des évolutions). Que parmi eux figurent ceux de l'autel n'est somme toute pas très étonnant.
Pour des raisons qui sont liées, on trouve dans le diocèse de Versailles les bastions du traditionalisme régularisé après 1988 : Port-Marly, Notre-Dame-des-Armées et les bases du pèlerinage Notre-Dame-de-Chrétienté. Mgr Lefebvre avait lui-même remarqué que les milieux de l'Ouest parisien (parfois pour des raisons sociales) étaient ceux qui lui avaient fait le plus défaut au moment des sacres.
NN.SS. Thomas et Aumônier furent bien obligés de composer avec ces lieux de culte existants. S'il n'ont pas été généreux à l'égard de la FSSPX, ils se trouvent cependant obligés de concéder des messes traditionnelles, même s'ils ne consentent pas à exaucer toutes les demandes. Mais la forte proportion des milieux attachés à la liturgie de saint Pie V fait que le nombre de lieux de culte concédés demeurent plus élevé qu'ailleurs.
Les familles sont très implantées dans les Yvelines. La capitale se vide. Elle a perdu la moitié de sa population intra-muros en un quart de siècle. Faute de place et face à la hausse des prix, les familles la déserte au profit de la proche et surtout de la lointaine banlieue. Or ce sont ces mêmes familles qui sont le ciment du catholicisme à la fois conservateur et vivant et par conséquent le vivier des vocations. Parallèlement, le progressisme s'avère stérile pour donner des futurs prêtres.
Enfin, il serait intéressant de scruter de plus près ces vocations du diocèse de Versailles, plus nombreuses qu'ailleurs. Un rapide examen laisse déduire que les trois-quarts appartiennent à des milieux où on compte des familles nombreuses, des pères, des grands-pères ou des oncles engagés dans l'armée et où le traditionalisme - celui des grands-parents ou des cousins - ne sommeille pas bien loin...
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|