Droit de réponse de Jacques Bompard par XA 2013-06-26 11:28:46 |
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Droit de réponse de Jacques Bompard
Jacques Bompard réaffirme son opposition ferme et déterminée à la loi Taubira, ainsi que son refus de célébrer le mariage de personnes de même sexe. Depuis neuf mois, Jacques Bompard réclame la mise en place d’une clause de conscience pour les élus qui estiment que procéder à de tels mariages irait à l’encontre de leur conscience. Cette liberté de conscience que je réclame s’applique bien évidemment aux élus de ma majorité qui souhaiteraient appliquer la loi Taubira et célébrer ces parodies de mariage. A Orange, un des adjoints a ainsi choisi, en conscience, et « sans aucune pression particulière », d’appliquer cette loi inique. Jacques Bompard respecte ce choix, qu’il n’aurait lui-même pas fait mais rappelle qu’il n’est pas en mesure de faire obstacle à l’application de la loi dans la commune dont il est le maire. Depuis 18 ans qu’il est maire d’Orange, il a eu à plusieurs reprises, en tant que représentant de l’Etat, à appliquer des lois qu’il n’a eu de cesse de combattre politiquement. A la différence de certains députés-maires qui ont voté contre la loi mais président en grande pompe des parodies de mariage, Jacques Bompard rappelle que, personnellement, il continuera à refuser de l’appliquer mais ne peut pas faire obstacle à son application par ceux qui ne partagent pas son choix.
A ce jour, il n’y a eu aucune autre demande de mariage entre personnes de même sexe dans la commune d’Orange, contrairement à ce qui est annoncé par le journal Présent.
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• Nous publions bien volontiers le « droit de réponse » ci-dessus qui apporte des éléments sur l’attitude personnelle du maire d’Orange qui estime n’avoir pas de responsabilité dans la décision d’un de ses adjoints de célébrer.
Une longue conversation téléphonique avec Jacques Bompard, mardi soir, a permis à Présent d’échanger davantage avec lui sur la situation dont les réseaux sociaux montrent qu’elle déçoit nombre de personnes qui se sont mobilisées tout au long de cette dernière année contre la loi Taubira.
Jacques Bompard a donc réitéré son refus personnel de célébrer ces parodies de mariage et à ma question de savoir si les deux femmes qui ont bénéficié d’une cérémonie à la mairie d’Orange lundi étaient mariées, il m’a répondu : « Non, elles ne sont pas mariées. Ce n’était pas un mariage. Un mariage, c’est entre un homme et une femme. »
Il a également confirmé qu’il avait refusé de donner une délégation personnelle à une conseillère municipale de l’opposition parce qu’elle aurait célébré le « mariage » au nom du maire, engageant pleinement la responsabilité de celui-ci dans l’acte, ce qu’il ne voulait en aucun cas, pour des motifs de foi et de conscience.
Jacques Bompard a précisé qu’il n’avait pas à en empêcher un autre conseiller municipal – en l’occurrence Denis Sabon – qui s’était porté volontaire pour célébrer l’union des deux femmes. Il a confirmé qu’il avait demandé à son conseil municipal si quelqu’un voulait célébrer ces « mariages ». Pour la raison évoquée plus haut, il a renoncé à donner une délégation personnelle à l’élue EELV Anne Marie Hautant comme cela avait été envisagé.
Au cours de notre conversation, Jacques Bompard a déclaré à plusieurs reprises avoir « fait ce qu’il devait » : d’une part, ne pas prendre personnellement la responsabilité de la célébration, d’autre part, respecter la loi démocratiquement votée par le Parlement, sans cesser de la combattre pour autant. « Je me disqualifie », m’a-t-il dit, en cas d’obstruction à l’application de la loi.
Il souhaite que l’on comprenne « l’intelligence politique » qui l’oblige à ne pas opposer une résistance absolue et de principe, au plan de la mairie d’Orange dans son ensemble, à une loi qui ne relève pas de « cas limites » comme était, m’a-t-il dit, celui que j’avais suggéré – celui d’un remake de 1793 où la Convention ordonnait et organisait le génocide vendéen à travers des ordres applicables par les autorités locales.
Jacques Bompard estime qu’un refus frontal d’appliquer la loi Taubira aboutirait à l’obligation pour lui de quitter ses mandats à la mairie d’Orange et en tant que député, ce qui l’empêcherait d’y accomplir l’œuvre que nous connaissons, l’enlèverait de sa position où il peut efficacement lutter pour l’avenir en vue d’obtenir l’abrogation de la loi Taubira ou à tout le moins le droit d’objection de conscience, et ravirait ses adversaires, à commencer par cette dernière qui rêve de voir son départ…
A ma question de savoir s’il pensait que le refus collectif d’une équipe municipale de célébrer un « mariage de couple de même sexe » entraînerait effectivement amendes et prison pour le maire récalcitrant il m’a répondu positivement, ajoutant en substance : les pouvoirs publics sont disposés à aller jusqu’au bout dans ces affaires notamment pour se débarrasser des vrais adversaires politiques.
Au moment où je lui parlais, Jacques Bompard revenait de la prison de Fleury-Mérogis où il voulait voir Nicolas Bernard-Busse, le jeune homme condamné « pour des raisons politiques » à deux mois de prison ferme pour « rébellion » à l’occasion d’une interpellation illégale, l’assurer de son soutien et prendre connaissance de ses conditions de détention. Dans un communiqué, le député-maire a précisé :
« La direction de la prison a refusé au motif que le dossier de Nicolas était “en cours d’instruction” et qu’il était “au secret”. Jacques Bompard s’étonne de cette réponse, alors même que Nicolas a été condamné mercredi dernier à quatre mois de prison dont deux mois fermes avec mandat de dépôt.
« Par ailleurs, Nicolas était détenu jusqu’alors dans le bâtiment D4 de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, bâtiment qui est très vétuste et insalubre. Il ne disposait ni de savon, ni de papier toilette, n’avait pas pu se doucher depuis le début de sa garde à vue il y a neuf jours et n’avait droit à aucune promenade alors que le Code de procédure pénale prévoit une promenade quotidienne d’une heure. Avant la visite du député, Nicolas a été transféré dans le bâtiment D3 qui est neuf et dans lequel chaque cellule dispose d’une douche. Les conditions de détention de Nicolas devraient donc s’améliorer et tel était le but de la visite. »
Sur le dernier point du « droit de réponse », à propos des « cinq dossiers » déposés par des couples homosexuels à la mairie d’Orange, nous avions répercuté une information donnée la veille par une station de radio locale – de mémoire, France Bleu Vaucluse. Nous prenons donc acte du démenti de Jacques Bompard, ainsi que de son projet, si une demande de mariage devait être déposée par des couples homosexuelles, de rencontrer personnellement les impétrants ou impétrantes et de leur faire part de son opposition personnelle à cette démarche, et des raisons de cette opposition.
L’avenir dira ce qu’il en est.
JEANNE SMITS
Article extrait du n° 7882 de Présent du Jeudi 27 juin 2013
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