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Réponse des cardinaux Herranz et Sodano
par Jean Kinzler 2013-05-23 10:10:39
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Le card. Herranz rend hommage au cardinal hongrois Mindszenty:
Grande figure de la liberté de conscience en Hongrie


ROME, Dimanche 7 mai 2006 (ZENIT.org) – Le cardinal Julain Herranz, président du conseil pontifical pour l’Interprétation des Textes législatifs, a présidé, vendredi soir, 5 mai, une célébration eucharistique à l’occasion du 31e anniversaire de la mort du serviteur de Dieu le cardinal Jozsef Mindszenty. Il fut un héros de la résistance hongroise pour la liberté de conscience sous les totalitarismes du XXe s.
Le cardinal Herranz a présidé cette célébration, annuelle, dans la magnifique église San Stefano Rotondo, dans le quartier du Coelius, rouverte au public pour l’occasion.

Il était entouré de prêtres et de séminaristes du collège germano-hongrois de Rome, de la communauté catholique hongroise de Rome, aux chants profonds, et de leurs amis d’Italie et d’ailleurs. Un rafraîchissement les a réunis dans le jardin à l’issue de la célébration.

Rappelons que la cause de béatification du cardinal Jozsef Mindszenty, archevêque d’Esztergom et primat de Hongrie, est passée le 19 mars 1994 de l’archidiocèse de Vienne à celui d’Esztergom-Budapest, avec pour postulateur un Salésien de Don Bosco, le P. Janos Szöke.

Le pape Jean-Paul II lui même a évoqué à diverses reprises la grande figure du cardinal Jozsef Mindszenty (1892-1975), que la persécution communiste condamna aux travaux forcés, le 8 février 1949.

Le cardinal hongrois fait partie de ces grandes figures de pasteurs qui, dans les pays de l'Est de l'Europe, ont combattu pour la liberté de leurs peuples au moment de l'occupation nazie ou du régime communiste soviétique, comme le cardinal croate Louis Stepinac, béatifié le 3 octobre 1998, le bienheureux martyr Mgr Eugène Bossilkov, Passioniste, en Bulgarie, le cardinal Stepan Wyszynski en Pologne, Mgr Joseph Beran à Prague, le cardinal Jossyp Slipyi (1892-1984) en Ukraine.

Dans une lettre de février 1990 adressée au cardinal László Paskai, primat de Hongrie, Jean-Paul II écrivait : « L'intrépide cardinal archevêque d'Esztergom, a donné à la famille catholique un exemple de vertus excellentes. Avec la dignité d'un grand pasteur d'âmes il a su porter la couronne d'épines qu'on lui faisait porter, et a laissé le souvenir de la noble figure d'un homme d'Église qui sut prier et souffrir pour son peuple pendant de longues années ».

Le cardinal Mindszenty était né le 29 mars 1892 dans une famille de paysans de Mindszent, aux confins de l'Autriche. Ordonné prêtre en juin 1915, il enseignait la religion et écrivait dans des journaux. Et il fut emprisonné quelques mois par des rebelles communistes dès 1919. Par la suite il exerça différents ministères, et en mars 1944, il fut nommé évêque de Veszprém. Il fut fait prisonnier pendant l'occupation nazie, de novembre 1944 à avril 1945. Puis c'est l'entrée des troupes soviétiques. Or, en 1945, Pie XII le nomme archevêque d'Esztergom, faisant ainsi de lui le primat de Hongrie, avant de le créer cardinal en 1946.

Deux ans plus tard, le régime communiste décida d'exproprier les écoles, y compris les institutions catholiques, malgré la ferme opposition du cardinal. Il fut arrêté le 26 décembre de la même année. Pendant 33 jours et 33 nuits il fut torturé, humilié et interrogé. L'épreuve avait duré trop longtemps, et ses tortionnaires lui arrachèrent la signature de ce qu'ils appelaient une « confession complète » de crimes qu'il n'a jamais commis. À côté de sa signature, il ajouta les initiales « C.F. », ce qui signifie « coactus feci », autrement dit, « J'ai signé sous la contrainte ». Lucide, il avait écrit à ses confrères évêques, six jours avant son arrestation, le 20 décembre, qu'il considérait comme nulle et invalide toute déclaration faite à la suite d'une incarcération.

Quelques jours après la nouvelle de son arrestation, le pape Pie XII déclarait : « Nous connaissons très bien les mérites de cet excellent pasteur ; nous connaissons sa ténacité, et la pureté de sa foi ; nous connaissons sa foi apostolique pour la protection de l'intégrité de la doctrine chrétienne, et la revendication des droits de la religion ». Après un procès monté de toutes pièces, et qui ne dura que 3 jours, du 3 au 5 février 1949, il fut condamné, le 8 février, aux travaux forcés à perpétuité, pour « haute trahison, espionnage, menace pour la sécurité de l'État et trafic de devises ». Il fut détenu en différents lieux jusqu'au soulèvement hongrois contre l'occupation soviétique, en octobre 1956. Mais sa liberté ne dura que 4 jours, la révolte étant écrasée dans le sang dès le 4 novembre, par l'intervention des chars soviétiques. C'est alors qu'il demanda l'asile politique à l'ambassade des États-Unis à Budapest, et il y demeura jusqu'au 28 septembre 1971. Il eut alors la douleur de devoir quitter sa patrie et son diocèse.

Après un court séjour à Rome, il s'établit à Vienne, pour être moins loin de son peuple. En septembre de la même année, Paul VI lui-même, au cours du synode des évêques, le présentait comme « un exemple d'une fermeté intrépide dans la foi et d'un infatigable service de l'Église ».

En 1974, le cardinal Mindszenty publia ses « Mémoires ». Il y répond à toutes les fausses accusations du régime communiste hongrois. À l'époque de son refuge à l'ambassade américaine, en effet, il avait refusé l'amnistie que le gouvernement lui offrait : cela aurait signifié se reconnaître coupable des crimes qui lui étaient reprochés. En revanche, il demanda l'annulation de sa condamnation et sa réhabilitation. Il s'éteignit en 1975, à Vienne, sans l'avoir obtenue. Elle ne surviendra qu'en 1990.
( 7 mai 2006) © Innovative Media Inc.
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HOMÉLIE DU CARDINAL ANGELO SODANO
AU COURS DE LA MESSE CÉLÉBRÉE
EN L'ÉGLISE SAINT STEFANO ROTONDO

Samedi 19 mai 2001


"Je vous laisse la paix; c'est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme la donne le monde. Que votre coeur ne se trouble ni ne s'effraie... Non turbetur cor vestrum neque formidet" (Jn 14, 27).

Ce sont les paroles de Jésus, que nous avons entendues, une fois encore dans l'Evangile de ce temps de Pâques au cours duquel toute la liturgie nous parle du triomphe du Christ Ressuscité, en nous invitant à le contempler avec une foi profonde.

Cependant, le Christ avait dit à ses Apôtres qu'il leur donnait la paix mais "pas comme la donne le monde". Elle ne les aurait donc pas mise à l'abri des souffrances et des épreuves. Du reste, le Maître lui-même avait déjà averti les siens que le disciple ne pouvait pas être plus grand que le maître et que si on l'avait persécuté, on les persécuterait également. "Si me persecuti sunt, et vos persequentur" (Jn 15, 20).


1. Une vie pour l'Eglise

De ces tribulations et persécutions, le Cardinal József Mindszenty fit l'expérience; mais, plus encore, il fut un acteur et un témoin de la paix qui vient de Dieu seul. Né le 29 mars 1892 à Csehimindszent, dans une famille profondément chrétienne, il accomplit sa formation au séminaire de Szombathely et fut ordonné prêtre le 12 juin 1915. On lui offrit de continuer ses études dans une Université ecclésiastique en vue d'obtenir un doctorat en théologie, mais il y renonça pour se concacrer immédiatement au ministère parmi le peuple dans une paroisse où il fut envoyé en qualité de Vicaire coopérateur.

Il se consacra avec un zèle inlassable à toutes les oeuvres d'apostolat sacerdotal, si bien que sa réputation se diffusa bientôt à travers toute la Hongrie. Dans toute son action, il révéla en toute occasion un caractère ardent, une volonté ferme et un grand esprit d'initiative.

Depuis le début de son activité, il avait un talent particulier pour l'organisation. Dans son travail apostolique, il démontra toujours une préférence pour les pauvres et pour les âmes simples, se chargeant personnellement de l'éducation religieuse des gitans. Malgré l'importance de son activité, à laquelle s'ajoutait l'infatigable et fervent ministère de la prédication, il exerça également l'apostolat par le biais de l'écriture. Outre un certain nombre d'ouvrages historiques de vulgarisation, il écrivit de nombreux livres de pastorale et, en particulier, une oeuvre importante, en trois volumes, sur les devoirs des mères chrétiennes.

On peut comprendre ainsi que, quand le siège épiscopal de Veszprém devint vacant, en 1944, le Pape Pie XII ait choisi le curé de Zalaegerszeg pour diriger cet important diocèse. Une fois modifié légalement son nom de famille de Pehm en Mindszenty, du nom de son village natal, il s'employa à gouverner ce vaste diocèse avec le même esprit apostolique avec lequel il avait régi sa paroisse pendant tant d'années. Les difficiles conditions de vie créées par le conflit en cours lui permirent de démontrer de manières les plus diverses ses hautes qualités de Bon Pasteur qui lui assurèrent une vénération universelle.

Le Cardinal Serédi, Primat de Hongrie, étant décédé le 29 mars 1945, frappé par les destructions que la guerre avait entraînées dans sa patrie, le Saint-Père promut, le 2 octobre suivant, Mgr Mindszenty au siège de l'Eglise métropolitaine d'Esztergom, l'élevant, en décembre 1945, à la dignité cardinalice. Depuis lors, l'activité du Cardinal Mindszenty se confond avec celle de l'Eglise catholique en Hongrie dans la vie tourmentée de son pays.

Suivirent quelques brèves années d'intense activité pastorale et caritative. Le 26 décembre 1948, avec son arrestation, commença son long calvaire qui dura pratiquement jusqu'au 28 septembre 1971, exception faite de la brève parenthèse de 1956, suivi par quinze années d'isolement au sein de l'Ambassade américaine. Il accepta ensuite le départ à l'étranger, par obéissance, départ dont il ne cacha pas l'amertume mais qu'il accepta dans un profond esprit de foi, offrant à Dieu son sacrifice jusqu'à ce que le Christ, Bon Pasteur, veuille le rappeler à lui, le 6 mai 1975.


2. L'hommage de Paul VI

Il n'est donc pas surprenant qu'au lendemain de sa mort, le Pape Paul VI, lors de l'Audience générale du 7 mai 1975, ait commencé son allocution en rappelant la figure du Cardinal Mindszenty, par ces paroles: "Singulière figure de prêtre et de pasteur que celle du Cardinal Mindszenty! Ardent dans la foi, fier dans les sentiments, inébranlable dans ce qui lui paraissait devoir et droit. La Providence le plaça au nombre des acteurs d'une des périodes les plus difficiles et les plus complexes de l'existence millénaire de l'Eglise de son noble pays. Il fut et continuera certainement à être, signe de contradiction, comme il fut objet de vénération et d'attaques violentes, d'un traitement qui plongea dans une émotion douloureuse l'opinion publique et en particulier le monde catholique et qui n'épargna ni sa sainte personne, ni sa liberté" (Insegnamenti de Paul VI, XII [1975], p. 406).


3. Un souvenir personnel

Je conserve moi aussi un vif souvenir de ma première rencontre avec le vénéré Cardinal, voici trente ans. C'était le 28 septembre 1971, lors de son arrivée à Rome, alors qu'il avait quitté, le matin même, le siège de l'Ambassade américaine à Budapest en compagnie du Nonce apostolique à Vienne, l'actuel Cardinal Giovanni Cheli.

A la demande de celui qui était alors Secrétaire d'Etat, le regretté Cardinal Villot, je m'étais rendu moi aussi à la Tour de Saint-Jean au Vatican, pour assister à la rencontre entre le vieux Cardinal et le Pape Paul VI. Quand, au milieu de l'émotion générale, le Pape embrassa le grand Primat de Hongrie, il me sembla voir toute l'Eglise se presser autour d'un champion de la foi, lui rendant l'hommage qui lui était dû.

La figure de ce grand Pasteur de l'Eglise du XXème siècle se dresse encore aujourd'hui face à nous, imposante, dans toute la lumière qui lui vient de son témoignage de dévouement héroïque à son ministère épiscopal.


4. A l'épreuve de l'histoire

Chacun des actes du gouvernement pastoral, chacune des prises de position sur des problèmes contingents du moment peuvent être l'objet d'une évaluation différente de la part des historiens. Seul Dieu est parfait alors que toute oeuvre humaine est toujours perfectible. Même Michel-Ange considérait imparfait son Moïse parce qu'il lui manquait la parole!

Aujourd'hui, nous voulons rappeler son engagement apostolique personnel, sa volonté de servir l'Eglise et la Patrie, au prix d'énormes sacrifices personnels. Du reste, quand l'Eglise élève aux honneurs des autels un de ses illustres fils, elle n'entend pas canoniser toutes les décisions concrètes prises au cours de sa vie, mais elle veut exalter les vertus héroïques dont le saint a vécu. C'est ce qui a été justement mis en évidence au cours de la récente béatification du Pape Pie IX, appelé à la Chaire de Pierre à une période très difficile pour le Siège apostolique. Nous pouvons dire la même chose du grand Primat de Hongrie, appelé à conduire ce peuple chrétien en des heures tragiques de son histoire. Ce qu'en lui, l'Eglise veut exalter, c'est la grande fidélité à ses devoirs de pasteur à l'exemple de Jésus qui a donné sa vie pour son troupeau.


5. Le chemin de la croix

Pour son troupeau, il a subi toutes sortes d'humiliations: "En prison, durant les neuf premiers mois - écrit-il - je ne pus célébrer ni même assister à une Messe, pas même à Noël ou à Pâques et moins encore me fut donnée la possibilité de me confesser" (J. Mindszenty - Mémoires, Rusconi, Milan, 1975, p. 271).

Il a accepté sa croix sur laquelle était clouée sa liberté de citoyen, de prêtre et d'évêque. Seul l'amour de l'Eglise et l'obéissance au Pape, et non pas la peur de la souffrance ou le compromis, l'ont poussé à quitter sa terre. Voilà ce qu'il écrivait à Paul VI: "Après avoir examiné en conscience les devoirs inhérents à ma dignité d'évêque et de cardinal, j'ai décidé, comme preuve de mon amour illimité de l'Eglise, de quitter le siège de la Représentation diplomatique des Etats-Unis. Je désire finir ma vie en Hongrie, parmi le peuple que j'aime tant, sans que me préoccupent les circonstances extérieures qui m'attendent. Mais si cela devait se révéler impossible du fait des passions que suscitent ma personne ou du fait de considérations supérieures de la part de l'Eglise, j'accepterais ce qui constituerait peut-être la croix la plus lourde de toute ma vie. Je suis prêt à dire adieu à ma chère patrie, pour poursuivre en exil une vie de prière et de pénitence. Je dépose humblement mon sacrifice aux pieds de Votre Sainteté, persuadé que le sacrifice le plus grave demandé à une personne devient petit lorsqu'il s'agit du service de Dieu et du bien de l'Eglise".

Aujourd'hui, nous sommes témoins de ce que le peuple hongrois a apprécié son geste, comme le montre le flux continuel de fidèles qui se rend constamment dans la cathédrale d'Esztergom pour prier sur sa tombe.

A l'école de Jésus, il avait appris à rendre le bien pour le mal, à pardonner: "Même si j'avais expérimenté l'horreur de la haine - écrit-il - même si j'avais appris à connaître le visage du diable, la prison elle-même m'a enseigné à faire de l'amour le principe directeur de la vie".


6. Conclusion

Le nom du vénéré Cardinal József Mindszenty vit maintenant comme une bénédiction au milieu de nous, avec celui de tant d'hommes et de femmes de foi profonde qui ont rendu célèbre la "Pannonie sacrée".

Alors que nous remercions le Seigneur d'avoir accueilli sur la noble terre magyare ce courageux pasteur, il ne nous reste plus qu'à souhaiter que son lumineux exemple enseigne aux nouvelles générations comment, en toute circonstance de vie, on doit aimer et servir la Sainte Eglise du Christ.


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 Cet homme a-t-il perdu la foi catholique ? par louisdefunes  (2013-05-23 10:01:28)
      Je précise que c'est un cardinal-primat par louisdefunes  (2013-05-23 10:02:19)
          Je ne comprends pas le sens de votre titre par Jean-Paul PARFU  (2013-05-23 10:37:29)
              On pourrait ajouter aussi le Cardinal Wyszynski par louisdefunes  (2013-05-23 11:53:47)
      Réponse des cardinaux Herranz et Sodano par Jean Kinzler  (2013-05-23 10:10:39)
      Le Titre.... par Pol  (2013-05-23 10:55:04)
      Pendant 5 années, le Cardinal a célébré la messe de Paul VI !!! par louisdefunes  (2013-05-23 11:56:39)
          C'est vous qui ne comprenez pas louidefunes ! par Jean-Paul PARFU  (2013-05-23 12:34:20)
              comprend qui peut en effet par jbbourgoin  (2013-05-23 14:49:12)
                  Cher jbbourgoin par Jean-Paul PARFU  (2013-05-23 15:33:33)
                      préférant la forme extraordinaire par louisdefunes  (2013-05-23 16:37:12)
                      et alors ? par jbbourgoin  (2013-05-23 21:00:34)
                  Bien sur, la messe de toujours .... par Pol  (2013-05-23 20:38:05)
                      Dieu, inonde de grâce et de bénédiction par jbbourgoin  (2013-05-23 20:56:16)
                          Je ne fais que constater un fait.... par Pol  (2013-05-23 21:06:30)


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