Les progressistes rupturistes l'étaient déjà sous Pie XII. par Scrutator Sapientiæ 2013-05-12 23:42:42 |
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Bonsoir et bon dimanche, jejomau.
1. D'une part, les théologiens néo-modernistes n'ont pas eu besoin du Concile Vatican II pour avoir, à son contact et à sa suite, les idées qu'ils ont eues : c'est bien plutôt une partie d'entre eux qui a implanté une partie de ces idées à l'intérieur d'une partie du Concile, la partie la plus spécifiquement "duovaticane".
2. D'autre part, les clercs et les laics progressistes rupturistes n'ont pas eu besoin du Concile Vatican II pour devenir progressistes rupturistes : ils l'étaient déjà sous Pie XII, surtout à partir du du début des années 1950, mais ils étaient alors à la fois plus discrets et moins nombreux, en d'autres termes, moins importants et moins influents, et ils étaient alors encore un peu recadrables ou sanctionnables.
3. Enfin, il y a au moins une composante du Magistère et de la pastorale de l'Eglise catholique qui a acquis une ampleur et une portée tout à fait particulière, à partir du milieu des années 1980, alors qu'il n'a jamais été question, officiellement, qu'elle acquière cette ampleur là et cette portée là, entre le début de l'année 1963 et la fin de l'année 1985 : je parle, ici, évidemment, du dialogue interreligieux.
4. Rattacher le dialogue interreligieux à Vatican II, en général, et à un document du Concile qui, parmi quelques autres, en incarne le spécifique, est évidemment tout à fait légitime, mais rattacher l'ampleur et la portée acquises par le dialogue interreligieux, à partir de 1986, avant tout, voire seulement, au Concile et au premier après-Concile (sous Paul VI), est peut-être un peu plus discutable.
5. A mon avis, on ne commencera ou on ne continuera à sortir de l'ornière que constitue la référence, tendancielle et tendancieuse, à l'esprit du Concile, qu'en précisant et en rappelant, du sommet à la base de l'Eglise catholique, avec autorité et avec discipline, les faits et points suivants :
- d'une part, le Concile Vatican II est adogmatique : il n'est pas dépourvu d'autorité, mais son autorité n'a pas un caractère dogmatique : il n'a donc pas à être dogmatisé, que ce soit en positif ou en négatif, et il y a un appel au discernement ou à la vigilance assez explicite, à ce sujet, au sein même du corpus conciliaire, notamment à propos de DV et de LG, et surtout de GS ;
- d'autre part, le Concile Vatican II comporte une hiérarchie des textes qui le composent : méconnaître, mépriser, négliger, cette hiérarchie, c'est risquer d'accorder ou de faire accorder une autorité magistérielle ou pastorale plus grande, par exemple, à des déclarations, qu'à des constitutions ; je suppose qu'il est d'autant plus difficile de résister à la tentation de le faire, quand c'est le sommet de la hiérarchie qui donne parfois l'impression de le faire...
Bonne nuit, bonne semaine, à bientôt.
Scrutator.
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