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A propos de la Croissance et du Dialogue : quelques questions.
par Scrutator Sapientiæ 2013-04-27 07:42:05
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Bonjour à tous,

I.

1. Je connais, nous connaissons, vous connaissez, des responsables politiques, des hommes d'Etat, qui (je les crois sur ce qu'ils disent), réfléchissent et se mobilisent, au quotidien, en vue de "la croissance", de "la croissance", de "la croissance", afin que celle-ci contribue à ce qu'il y ait à nouveau, davantage, et toujours plus, "de l'emploi", "de l'emploi", "de l'emploi".

En général, ces mêmes responsables politiques, ces mêmes hommes d'Etat, prennent très mal le fait qu'on leur fasse remarquer

- qu'une "croissance" indéfinie dans un monde fini n'a aucun sens, est impossible, notamment si l'on raisonne à la fois avec un modèle économique constant et avec des contraintes économiques croissantes ;

- qu'il est absolument impossible de prévoir d'une manière certaine quelles seront les régions, quels seront les secteurs, dans lesquels il y aura, à moyen terme, après-demain, de la "croissance" ;

- que même la réunion des conditions les plus diverses et les plus propices à la "croissance" ne garantit pas que celle-ci se produira effectivement, sera bien au rendez-vous qu'on lui donne.

2. Je connais, nous connaissons, vous connaissez, des responsables religieux, des hommes d'Eglise, qui, (je les crois sur ce qu'ils disent), réfléchissent et se mobilisent, au quotidien, en vue "du dialogue", "du dialogue", "du dialogue", afin que, chaque jour ou presque, au sein de toute l'Eglise, chaque clerc, chaque laic, "s'y emploie", "s'y emploie", "s'y emploie".

En général, ces mêmes responsables religieux, ces mêmes hommes d'Eglise, ne prennent pas très bien le fait qu'on leur fasse remarquer

- qu'un "dialogue" qui (se) maintient dans l'imprécision, dans un domaine dans lequel les précisions ont tout leur sens et ont toutes du sens, n'a aucun sens, est biaisé et vicié, notamment si l'on raisonne à la fois sans fondement objectif, donc sans bases théologiques précises, et sans contenu normatif, donc sans cadre théologique précis ;

- qu'un "dialogue" qui est, a priori, un moyen, et qui n'est, en principe, qu'un moyen, n'a pas à être considéré comme une fin en soi, comme un phénomène qui reposerait uniquement sur lui-même, qui évoluerait en fonction et en vertu de son propre mouvement, et qui serait en auto-justification ou en auto-légitimation permanente ;

- qu'un "dialogue" entre croyants chrétiens et croyants non chrétiens qui consisterait, non a dire, mais à taire, la vérité la plus essentielle, à propos du christianisme, à savoir qu'il est LA religion révélée, serait comparable à un "dialogue" entre un autochtone et un vacancier, dans le cadre duquel l'autochtone ferait semblant de ne pas déjà connaître, et de chercher, lui aussi, l'itinéraire approprié, qui conduit à la destination que le vacancier cherche à rejoindre, mais par un autre itinéraire, qui est moins, ou qui n'est pas, approprié.

3. Qu'en pensez-vous? Qu'en dites-vous ? Merci beaucoup de me dire ce que vous en pensez.

II.

Depuis le début de l'année 2012-2013, de nombreux évêques français, même s'ils ne l'ont pas dit exactement comme cela, ont dit NON, face à la prescription du relativisme et du subjectivisme, qui est effectuée par l'Etat, et par la loi, dans la cité, sous couvert de liberté, d'égalité, et d'ouverture de nouveaux droits, dans le domaine des moeurs.

Ces mêmes évêques français seraient-ils à la fois capables et désireux, même s'ils ne le disaient pas exactement comme cela, de dire NON, face à la prescription du relativisme et du subjectivisme, qui est effectuée par des clercs et par des laics, dans l'Eglise, sous couvert de mise en oeuvre du dialogue interreligieux, dans le domaine de la Foi ?

Là aussi, qu'en pensez-vous, qu'en dites-vous ? Merci beaucoup de me dire ce que vous en pensez.

III.

Je pense que vous voyez où je veux en venir : quel est le sens des mots que ceux qui ont voix au chapitre utilisent ?

A.

Peut-on, aujourd'hui, envisager sérieusement de continuer à parler de croissance économique, comme on avait alors la possibilité d'en parler encore, jusqu'au milieu des années 1970 ?

Peut-on, aujourd'hui, envisager sérieusement de recommencer à parler de dialogue interreligieux, comme on avait alors l'autorisation d'en parler encore, jusqu'au milieu des années 1970 ?

Un propos tel que celui-ci serait-il aujourd'hui totalement "accepté", totalement "accueilli", dans toute l'Eglise catholique ?

" Une telle situation suscite, certes, des questions complexes et délicates, qu’il convient d’étudier à la lumière de la Tradition chrétienne et du Magistère de l’Eglise pour offrir aux missionnaires d’aujourd’hui et de demain de nouveaux horizons dans leurs contacts avec les religions non chrétiennes. Nous voulons relever surtout aujourd’hui que ni le respect et l’estime envers ces religions, ni la complexité des questions soulevées ne sont pour l’Eglise une invitation à taire devant les non chrétiens l’annonce de Jésus-Christ. Au contraire, elle pense que ces multitudes ont le droit de connaître la richesse du mystère du Christ[76] dans laquelle nous croyons que toute l’humanité peut trouver, dans une plénitude insoupçonnable, tout ce qu’elle cherche à tâtons au sujet de Dieu, de l’homme et de son destin, de la vie et de la mort, de la vérité. Même devant les expressions religieuses naturelles les plus dignes d’estime, l’Eglise s’appuie donc sur le fait que la religion de Jésus, qu’elle annonce à travers l’évangélisation, met objectivement l’homme en rapport avec le plan de Dieu, avec sa présence vivante, avec son action ; elle fait rencontrer ainsi le mystère de la Paternité divine qui se penche vers l’humanité ; en d’autres termes, notre religion instaure effectivement avec Dieu un rapport authentique et vivant que les autres religions ne réussissent pas à établir, bien qu’elles tiennent pour ainsi dire leurs bras tendus vers le ciel. "

B. Y a-t-il, ou y aurait-il, une grande cohérence,

- à commencer ou à recommencer à dire NON à la prescription de jure du relativisme et du subjectivisme, sous couvert d'égalisation juridique, dans le domaine des moeurs, à l'extérieur de l'Eglise,

et, parallèlement et simultanément,

- à continuer à ne pas dire NON à la prescription de facto du relativisme et du subjectivisme, sous couvert de dialogue entre les religions, dans le domaine de la Foi, à l'intérieur de l'Eglise ?

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.

     

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