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Voici le site internet des chrétiens de gauche.
par Scrutator Sapientiæ 2012-12-05 07:05:01
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Bonjour Presbu,

Voici :

Chrétiens de gauche.

Voici leurs convictions :

Leurs convictions

Voici qui ils sont :

Qui ils sont.

Voici leurs positions (exemple(s) :

Leurs positions

Plusieurs choses m'interrogent, ou, comme on dit aujourd'hui, m'interpellent :

1. Chrétiens de gauche : est-ce que cela signifie

" chrétiens, CAR de gauche ",

ou

" chrétiens, DONC de gauche " ?

2. Imagine-t-on un site internet qui serait intitulé : " chrétiens de droite ? " Apparemment, merci G...e, il n'en existe pas ; or, pourquoi serait-ce considéré comme moins compatible ou moins légitime d'être à la fois chrétien et de droite ?

Y aurait-il un surcroît de légitimité dans le fait de se penser, de se dire, de se vouloir, et de vivre, en (tant que) chrétien de gauche ?

Tous les chrétiens auraient-ils vocation à être de gauche, les chrétiens de gauche explicites et organisés étant leur avant-garde, qui s'affiche et qui s'assume, là où les autres n'ont pas encore pris conscience de cette vocation, par ignorance ou par inconscience, ou n'ont pas tiré les conséquences militantes de cette vocation, par égo-i-sme ou par frilosité ?

3. Il est question de chrétiens de gauche, mais

- de quels chrétiens s'agit-il : de catholiques, d'orthodoxes, de protestants ?

- de quelle gauche s'agit-il : d'une gauche pré-marxiste, plutôt philosophique, d'une gauche marxienne ou marxiste, plus économiste, ou d'une gauche post-marxiste, plus culturaliste ?

4. Il est question, je cite : "de rester en solidarité avec les catholiques à travers le monde et continuer ainsi nos actions afin de réformer l’enseignement de l’Eglise" ; mais qu'en est-il de la qualité de la solidarité confessionnelle que les chrétiens de gauche se doivent d'avoir avec les catholiques qui ne sont pas des chrétiens de gauche, et qui veulent continuer leurs propres actions, non afin de "réformer", mais afin de recevoir et de transmettre, toujours mieux et toujours plus, l'enseignement de l'Eglise ?

5. Par ailleurs, je croyais, pour ma part, que l'enseignement de l'Eglise avait déjà été réformé, au moment et au moyen du Concile Vatican II ; est-ce à dire que cette réforme là n'est pas allée assez loin, parce qu'elle n'était pas assez chrétienne, ou parce qu'elle n'était pas assez de gauche ?

6. Enfin, ce qui m'amuse et m'attendrit toujours un peu, avec ce type de positionnement, c'est le caractère extrêmement prévisible des formulations auxquelles il recourt : en voici un exemple :

" Nos convictions - Ce que nous sommes, ce que nous voulons être.

« Il faut à tout prix que nous fassions quelque chose de notre vie : non pas ce que les autres voient et admirent, mais ce tour de force qui consiste à y imprimer l’Infini. » Emmanuel Mounier

Citoyens croyants, soucieux de porter nos idées dans l’espace public, nous défendons les valeurs de justice sociale, d’équité et de fraternité portées par la Gauche, nous inscrivant dans un courant de pensée qui porte une espérance, sociale et spirituelle, mais qui se veut libre de toute attache partisane, condition préalable à toute discussion avec les hommes de bonne volonté, et garantie d’un soutien réel mais vigilant. Nous assumons sans honte la filiation avec l’histoire des chrétiens engagés à gauche, dans sa juste tradition de dialogue, d’écoute et d’ouverture, y compris à d’autres spiritualités.

Pour autant, des convictions fortes nous animent, qui structurent les difficiles combats à mener aujourd’hui ; convictions enracinées dans un « optimisme tragique », qui nous garde de toute illusion, mais nous rapproche des Possibles.

De fait, à la cruelle constatation que « ce n’est pas la pensée qui est unique, c’est la réalité qui l’est devenue », qui laisse peu de place à l’espoir légitime qui guide une vie, nous refusons de nous soumettre, pariant beaucoup plus dans la capacité de l’Homme à se redresser et à inventer un vivre ensemble, des liens sociaux, une « convivance », autre, plus soucieuse des personnes et de leur épanouissement, plus équilibrée dans son rapport au spirituel, rapport que nous souhaitons ouvert et apaisé, moins identitaire et dogmatique, dans le cadre d’une laïcité nécessaire mais perfectible.

Ce déchaînement d’avec les exigences totalitaires de la société financière globale prépare in fine l’émancipation, la libération, nécessaire à la reprise en main, pleinement consentie par les personnes, de leur destin commun, de leur éminente dignité.

Nous nous reconnaissons donc dans le processus d’indignation mondiale en cours, interrogeant une démocratie à refonder, et nous inscrivons dans une réflexion et des propositions de nature à mettre en œuvre des utopies concrètes, capables, à leur niveau, et avec de modestes moyens, de démontrer qu’une autre mondialisation, qu’un autre devenir est possible. N’ayons pas peur de penser, d’oser inventer ces alternatives, et de les incarner, au risque de voir s’effondrer en nous le « principe humanité » qui guide toute forme de charité. C’est alors une toute autre attention à l’Autre, au Frère, qui nous appelle, et que nous appelons de nos vœux : pour immense que soit cette mission, elle est aujourd’hui une exigence de principe, qui conditionne notre projet, et l’élaboration collective qui le porte.

Lieu de débats, espace de médiation, notre table n’est interdite à personne : nous sommes dans la posture de l’hôte, de celui qui reçoit ; et, souvent, c’est celui qui reçoit qui est reçu, se laissant bousculer par l’altérité de celui qui vient, qui interroge nos convictions, nos traditions, nos valeurs. N’assénant aucune Vérité, puisque le monde est pluriel et complexe, nous nous voyons plutôt comme un pont : entre les cultures d’abord, en ce qu’elles fondent intimement notre être au monde ; entre les religions ensuite, en ce qu’elles transcendent notre existence, entre les générations enfin, tant le sens de la filiation, de la communauté et le respect de la mémoire, contrecarrent le sentiment d’abandon qui guettent les êtres déracinés et désincarnés. "

Les personnes qui sont à l'origine ou qui sont les responsables de cette initiative feraient bien de (re)lire les ouvrages de Jean-Claude MICHEA :

" L'enseignement de l'ignorance et ses conditions modernes "

" Impasse Adam Smith : Brèves remarques sur l'impossibilité de dépasser le capitalisme sur sa gauche "

" La double pensée : Retour sur la question libérale "

" L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale "

" Le complexe d'Orphée : La gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès ".

Que quelqu'un qui n'est certes pas "de droite" leur explique pourquoi et comment, quand on est progressiste, on sert, notamment dans l'état actuel des choses, la mondialisation ultra-libérale et ultra-libertaire, devrait pouvoir les interpeller, quelque part, au niveau de leur conscience politico-religieuse chrétienne de gauche.

Bonne journée.

Scrutator.

     

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