Astrologie et Histoire Sainte par origenius 2012-12-04 18:29:12 |
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Coeli enarrant gloriam Dei...
Psaume de David, XVII, 1.
"Les cieux proclament la gloire de Dieu".
Que le cosmos reflète le Ciel, que le monde visible constitue une image animée du monde invisible, c'est une évidence pour tous ceux qui refusent une vision mécaniste de l'Univers.
Ainsi, selon la Genèse (XXII, 17), Dieu a voulu rendre les Israélites aussi nombreux que les étoiles du ciel. En d'autres termes, Il a voulu faire régner à travers son peuple, les lois, les rapports numériques régissant ces corps célestes dont saint Thomas d'Aquin écrivit de son côté qu'un ange les gouvernait :
"Angelus movet stellam".
De fait, et pour ne prendre que cet exemple, la croissance du peuple hébreux obéit aux harmonies qui règnent dans les étoiles, comme en témoignent les 12 fils de Jacob, liés aux 12 parties du zodiaque parcouru par le Soleil.
Le cosmos n'est donc pas une sorte d'horloge universelle qui se serait construite elle-même, ou qui aurait été fabriquée par l'Horloger en vogue au Siècle des Lumières, et qui se serait désintéressé de son Œuvre après lui avoir donné l'impulsion initiale, laissant l'homme seul dans un Univers irrémédiablement hostile, étrange, ou simplement indifférent.
Le système solaire nous offre au contraire l'image d'un organisme animé par des puissances spirituelles en interrelation constante avec l'homme-microcosme.
Selon Goethe, si l'œil n'était pas apparenté au soleil, il ne pourrait supporter sa lumière
Pour la même raison, l'itinerarium mentis in Deum, l'itinéraire de l'esprit vers Dieu évoqué par saint Bonaventure, peut coïncider avec la connaissance de degrés correspondants du cosmos.
Et, inversement, la Volonté divine peut s'exprimer à travers la Création, fût-ce en bouleversant une ordonnance qui jamais ne se fige en abstractions mathématiques, ainsi que nous le rappelle le prodige biblique du Soleil, dont la course fut arrêtée à la prière de Josué, sur le champ de bataille de Gabaon...
Le Mythe
Le Mythe est pour l'homme moderne, croyant ou pas, une histoire inexacte, non historique, non "scientifique", donc fausse. Et bien que les résidus para-religieux qui le hantent doivent être considérés comme des éléments mythiques, il s'arrange pour les déclarer "historiques", c'est-à-dire factuels, avouant ainsi le caractère profane desdits "événements".
L'homme moderne ne peut vivre dans le Mythe et par le Mythe, car il est entièrement captif du temps et du "verbe", qu'il a sanctifié par l'entité ridicule qu'il appelle Histoire, laquelle comme tout souverain omnipotent, "condamne", "convoque", donne "rendez vous", décide, "juge"...
Qu'est-ce que l'histoire, sinon une série de memoranda, de legenda ?
Mythe, comme mystère, connote le silence.
Dans le monde moderne, la dyade augustinienne (et platonicienne) uti et frui, a disparu au profit du premier terme.
Concernant les faits sacrés, la substitution d'une plate historicité au Mythe est la marque de la dégénérescence "utilitaire" de l'homme. Que cet utilitarisme ne soit pas toujours utile, c'est une autre question.
Mais ce prétendu "utilitarisme" n'est que l'incapacité à considérer l'essence. L'homme ancien, de par son statut ontologique, a la perception de l'essence et sa science est une science de l'âme, fort élaborée. L'homme moderne ne considère que les existences des êtres "phénoménaux", d'individus, c'est un historien.
Au contraire de la vision inférieure qui ne voit que la "chose", la vision primitive appréhende la chose et la réalité supérieure, l'existence et l'essence, à laquelle elle renvoie. Elle la perçoit en tant que symbole, analogique.
Le Mythe nié au profit de l'histoire, c'est l'essence cachée par les existences, l'esprit par la raison. Comprendre un mystère, ce n'est pas réduire l'inconnu en connu, comme le fait le prétentieux profane, mais réduire le connu en inconnu.
Le Mythe "sacralise" et, comme dans toutes les traditions, "fait renaître". Il "rappelle", par "anamnesis", ce que nous sommes véritablement, car il parle de l'origine, de cette origine qui n'est pas un objet de spéculation "scientifique", mais le sujet, qui est le fondement, l'origine, l'ancien. Ce sujet qui est le seul "Moi", l'Atman, qui émane l'Univers.
Le Mythe vient de la région du silence et du sans forme, pour prendre forme dans l'état de rêve ; c'est ainsi une forme symbolique, qui dit, dans le monde "grossier", celui de l'état de veille, ce que sont en réalité les "choses", c'est-à-dire qu'il les "assume" et, par voie anagogique et inverse, les dissout dans le monde du silence.
L'homme ancien se dresse contre l'homme moderne, le vibrion rationnel, sentimental, individuel, jaloux de son "identité", c'est-à-dire adorant sa propre image, fiction réfléchie dans son miroir facteur d'"irréalité".
Le mythe abolit l'individuation, la vieillesse et la mort - fontaine de jouvence qui replonge dans la jeunesse de l'Ancien.
L'homme "primitif" est ainsi l'homme "mythique", "supra-logique" et non pas, en définitive, "prélogique", car il a de toute évidence développé une "logique", qui n'est que de la monnaie fiduciaire ; dans les sociétés de marchands, qui ne vivent que de "spéculations", dans tous les sens du terme, la logique et la monnaie prennent le pas sur la Réalité, qui est le Mythe, le Mystère, la substantifique moelle des choses.
La mesure, c'est-à-dire la limitation, la fiction utilitaire, le mental, dont l'impérialisme fait que l'homme est seulement l'homme, et non pas un animal-dieu, sont la marque des sociétés urbaines, humanistes, ploutocratiques, en somme "civilisées".
Quand un homme est mort à l'esprit, on dit qu'il est "civilisé", et par conséquent "démythifié" - mais il est éminemment "mystifié".
C'est cela, la "compréhension". C'est précisément lorsque la faculté rationnelle, le monde bruyant du logos, s'est effacée, que le mystère peut être communiqué.
C'est ainsi que l'homme moderne, rationaliste, ne peut être que "démythificateur", et "démystificateur", mais qu'il ne l'est qu'en se "mystifiant", en s'accrochant à sa raison, c'est-à-dire à la portion congrue.
"Nous autres Indiens vivons dans un monde de symboles où le spirituel et la vie quotidienne ne font qu'un. Pour nous, les symboles sont une partie de la Nature, une partie de nous-mêmes - la terre, le soleil, les astres, les étoiles, le vent et la pluie, les pierres, les arbres, les animaux, même les petits insectes. Nous essayons de les comprendre, pas avec la tête mais avec le cœur (cante, sanskrit hrdayam, cœur, secret, mystère), et une simple indication suffit à nous en révéler le sens. Ce qui vous semble banal, est pour nous merveilleux, grâce au symbolisme ...
Nous n'avons pas de mot pour désigner le symbolisme, et pourtant le symbolisme nous imprègne au plus intime de notre être. Vous, vous avez le mot, mais c'est tout".
Lame Deer vient de décrire la tragédie de l'homme actuel, croyant ou non. Son ignorance blindée du Symbolisme.
Mais revenons plus précisément à notre sujet.
Eglise Ste Anne de Tarbes.
Nous l'avons rappelé dès le début.
Coeli enarrant gloriam Dei
Sans évidemment entrer dans tous les détails et très brièvement.
Voici l’ancienne prophétie de Jacob sur Juda :
"Le sceptre ne se départira pas de Juda ni le bâton souverain d’entre ses cuisses jusqu’à ce que vienne le Scilo, le Messie, et que les peuples lui obéissent. Alors il attachera son âne à la Vigne et l’ânon au meilleur cep."
Juda, comme Joseph, est personnifié par la constellation du signe du Lion, qui précède justement la Vierge sur le zodiaque.
Dans la constellation de la Vierge, l’étoile Epsilon n’est autre que la Vendangeuse.
Je suis la Vigne dit le Christ.
Quant à l’étoile Alpha de cette même constellation, elle se nomme le Crieur.
Jean le Baptiste, le Précurseur, la "voix qui crie dans le désert".
En fait, Juifs et Chrétiens ont adopté l’Astrologie et la Cosmogonie venues d'Égypte et surtout de Chaldée.
Dans les vieux Mythes, le nom du sixième signe du zodiaque, la Vierge, correspondant au sixième mois, était le signe du "message".
Ce message est évidemment pour nous, chrétiens, la "Bonne Nouvelle", l’Evangile.
Auparavant, ce message était celui de la déesse Ishtar, à laquelle ce sixième mois était consacré.
Le système zodiacal des Juifs et des Chrétiens, a été emprunté aux Chaldéens tel que ceux-ci le concevaient à une époque où le Soleil, sur la sphère céleste, entrait dans le signe du Bélier, ou de l’Agneau, en coïncidence avec l’équinoxe de printemps – la Pâque.
Aujourd’hui, l’équinoxe vernal correspond aux Poissons.
Autrement dit, quand le Soleil entre dans le signe du Bélier zodiacalement, il se trouve dans la constellation des Poissons, héliaquement.
Quant aux Mages (ils étaient 12. Au Ve siècle, Saint Léon fixa leur nombre à 3), qui étaient entre autres des Chaldéens maîtres ès sciences astrologiques, ils ne pouvaient pas ne pas voir l’Etoile. Ils se sont mis en marche à son "signe", à l’équinoxe d’automne, quand le Tout-Puissant (le Soleil) a couvert de son "ombre" la Vierge céleste.
C’est le moment de l’Annonce faite à Marie par l’Ange Gabriel.
A mesure que le Soleil décline sur l’horizon, la Vierge prend de l’élévation, dominée par le Bouvier qui chemine non loin d’elle, lui sert de compagnon – son homme, dira de Joseph l’évangéliste Matthieu, pas encore son époux – jusqu’au solstice d’hiver où le Soleil, se dégageant des abîmes ténébreux de l’hémisphère austral, remonte sur l’écliptique vers la ligne équatoriale.
La lumière va croître et les jours rallonger.
C’est la naissance du Soleil, "enfanté" par la Vierge.
A minuit, le Bouvier se lève, fiancé matutinal qui ouvre la nouvelle année solaire et, en une conjonction sidérale, s’unit enfin à la Vierge.
Hyménée céleste qui sert d’exemple pour Joseph et Marie.
C’est parce que le Bouvier reste le compagnon de route, au ciel, de la Vierge grosse du Soleil, c’est parce qu’il n’entre en conjonction avec elle qu’au solstice d’hiver à minuit, après la naissance du Soleil, que Joseph, dans l’Evangile, n’est que le fiancé de Marie, bien qu’elle soit enceinte, et ne l’épouse qu’après la naissance de Jésus.
Elle lui avait été promise en mariage, écrit Matthieu, avant qu’ils ne fussent venus ensemble.
Matthieu transpose dans deux vies humaines le phénomène astronomique de la nuit solsticiale.
Quant à la Crèche, le bœuf et l’âne.
Matthieu ne connaît ni hôtellerie ni grotte ni étable.
Les Mages aperçoivent le Messie-Christ quand l’Etoile s’arrête au-dessus du "lieu" où Il se trouve, qui n’est pas autrement déterminé, mais qui devient ensuite une maison, à l’évidence l’une des douze "maisons" solaires.
"Il y a, dit le Christ, plusieurs demeures ("maisons") dans le ciel de mon Père"…
L’entrée en scène des Bergers, chez Luc, achève de donner son sens à l’allégorie astrologique, qui s’impose d’autant plus que pris à la lettre ce passage est délicat. Certes, Joseph et Marie étaient de condition modeste, mais pourquoi ces humbles sont-ils méprisés au point que personne n’a la charité d’offrir une simple natte dans une chambre à la malheureuse Marie, dans son état ?
Est-ce vraiment possible (toujours à la lettre) ?
Transposons.
Après avoir enfanté on ne sait où, elle trouve tout de même un berceau pour son enfant.
Elle le couche dans la Crèche, dont l’explication nous est donnée, entre autres, par Pline l’Ancien :
"Sunt in signa Cancri (Karkinos en grec, dans Eudoxe, Hipparque et Ptolémée) duae stellae parvae, aselli appellatae, exiguum inter illos spatium nubecula quam praesepia appellant."
Il y a donc, dans le signe du Cancer, deux petites étoiles, appelées les Ânes (plus précisément les ânons), et entre elles, un petit espace, la nébuleuse de la Crèche.
Voilà pourquoi, il y a un âne dans la Crèche, pour réchauffer Jésus.
Il y faut également un bœuf puisque dans le ciel paissent les troupeaux du Bouvier.
Quant à la paille de la Crèche, sur laquelle est couché Jésus, Marie, ne l’a-t-elle pas prise à cette corne d’abondance qu’est l’Epi de la Vierge, Cérès aux moissons fécondes en Orient ?...
Voilà qui permet de comprendre de quelle façon Bethléem est la "Maison du Pain".
"Mon Père vous donne le vrai pain du ciel, dit le Christ dans les Évangiles, car le pain de Dieu est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde."
Il est tout de même difficile de nier de telles évidences, et pourtant Tertullien avait décidé d’en finir une fois pour toutes avec le Mythe :
"Ne cherchez pas hors de l’Etoile, n’allez pas plus loin que l’Etoile. En naissant, Jésus a aboli les signes. Il a tout tué. Ce sont des morts. L’astrologie finit le jour où l’Evangile commence. Jésus né, que personne n’interprète plus les nativités d’après les astres."
No comment.
On songera à cet "enfant des mystères" dont parle Macrobe, celui dont "les Égyptiens tiraient l’image du fond de leur sanctuaire, tous les ans, à un jour marqué".
C’est cet enfant dont Isis se disait la mère : "Le fruit que j’ai enfanté est le Soleil."
Remarquons aussi la fuite en Égypte de la "Sainte Famille" qui nous permet de rapprocher la Vierge Marie d'Isis.
Mais désormais ce qui était auparavant vrai de manière Astrologique et analogique (donc tout à fait vrai dans son ordre), devient aussi Réalité Terrestre avec Jésus, Marie, Joseph et le Baptiste.... etc.
Pour en revenir à l’Astrologie, on observera que le signe zodiacal qui correspond au mois de la naissance du Soleil est le Capricorne. Ce mois est celui où Auguste avait été conçu, et il accordait une telle importance au signe du Capricorne, qu’il le fit représenter sur des pièces d’argent et sur certains étendards des légions romaines.
Cela signifiait qu’il régnait avec la bénédiction des dieux.
Coïncidence on ne peut moins hasardeuse comme on le voit.
D'autre part, on ne peut guère séparer le Capricorne du signe de la Grâce, les Poissons.
Excellent Avent à tous
Origenius
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