"Des ambiguïtés"? par le torrentiel 2012-12-03 00:10:42 |
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Le fait de s'être à ce point trompé sur le devenir des printemps arabes, dont ce n'est pas parce que l'Occident ne l'aime pas que ces révolutions n'en poursuivent pas un chemin "en noir et blanc", ne fait que démontrer l'inanité d'un dialogue qui veut rester purement "théologique" avec quelque confession religieuse que ce soit (que je n'appellerai pas pour ma part des "fausses religions", car je ne vois pas où est le bénéfice d'insulter son prochain).
La "rhétorique", mais au-delà de la rhétorique, les blessures des musulmans ayant une conscience politique, s'annonçaient à qui voulait bien les entendre (il se trouve que j'ai été du petit nombre de ces afranchis, par le plus grand des hasards...) et n'attendaient qu'un catalyseur. Ce catalyseur est venu de tunisie, au grand étonnement des arabes eux-mêmes, et a été l'immolation par le feu (médiévale? Barrbare? L'acte désespéré d'un opprimé? Un peu tout cela à la fois?) de Mohamed bouazizi, déclenchant ce que notre presse a tout de suite appelé "la révolution du jasmin" pour donner à cet événement le goût apaisant du thé et s'en hypnotiser un peu comme dans la chanson de Leonard cohen.
Coment caractériser l'évolution des "printemps arabe"?
En blanc, comme l'émergence d'une véritable aspiration démocratique tempérée... en noir par un risque de théocratie salafiste, que l'"islamisme" du type "frères musulmans" ou "parti de la renaissance" en tunisie redoute comme les démocrates chrétiens pourraient redouter l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite en europe, toutes choses étant égales par ailleurs, selon l'expression consacrée.
Y a-t-il une "crise égyptienne"? Il y a des personnes qui remettent en cause la légitimité de l'Assemblée constituante, un Président qui, s'il n'avait pas augmenté son pouvoir, aurait été le jouet de l'armée et, face à cela, des pressions exercées contre lui "à sa droite" et "à sa gauche", celles de l'eglise copte n'étant pas les moindres, mais là encore, y a-t-il une réalité sociologique unique de l'eglise copte? Il y a "les coptes d'en bas", souvent persécutés lors de "descentes sauvages" dans leurs villages et que l'Ancien régime ne défendait pas, et les "coptes d'en haut" qui ont peur de perdre leurs privilèges.
En allant un peu plus loin, on peut se demander si on gagne beaucoup à faire exister confessionnellement et sociologiquement "la catégorie des "chrétiens d'Orient". Car la morgue de certaines dynasties libanaises, qui n'a rien à envier à la morgue dont on dit que Chenouda III a su faire preuve (les "Coptes d'en haut" étant protégés par l'Ancien régime , avec une femme du "pharaon" déposé qui était copte), ni à la morgue de bénéficiaires des largesses du régime sirien, cette morgue de classe pourrait bien conduire à mettre tous les "chrétiens d'Orient" dans le même sac, comme la décolonisation n'a jamais distingué entre les colons qui vivaient façon "couleur locale" et se mélangeaient aux populations autochtones et les riches propriétaires de "plantations", qui refusaient le verre d'eau aux appelés du contingent et n'avaient de commun avec les petits commerçants de la kasbah que d'être européens. S'ériger sans nuance en défenseur des "chrétiens d'Orient", c'est préparer un "jeu de massacre" aussi cruel que la fuite en avant réservée comme dernier refuge à tous les pieds noirs, ceux qui s'y refusaient risquant de disparaître, et au massacre des harkis; c'est prêter le flanc à des catégorisations faciles, qui sont toujours dangeureuses pour les plus exposés, "les rats" qui le pourront "quittant le navire", quand viendra le temps de la vengeance révolutionnaire que je n'appelle pas de mes voeux, mais qui est une donnée historique inévitable.
J'ajoute que, pour comprendre ces nuances, il faut se libérer de ses oeillaires et tenir a priori pour vrai et pour fondé ce que ressentent les uns et les autres.
Je donerai pour exemple que, quand j'habitais Paris, j'ai connu les deux catégories de coptes dont je parle ici, les "Coptes riches et suffisants", se prétendant de descendance princière de l'Egypte ancienne, rencontrés (et je n'en croyais pas mes oreilles) longtemps après les paysans qui avaient fui la persécution par leur assimilation indirecte avec les premiers. Si j'avais expliqué à ces paysans reconvertis dans la restauration ce que j'avais perçu de leurs correligionnaires plus fortunés et que j'écris icitout à fait librement, mon analyse les aurait indignés et ils auraient eu raison.
Les "temps révolutionnaires", dont je ne sais pus qui a écrit qu'ils "(voulaient) des moeurs atroces", demandent des descriptions un peu fines et précises, pour en limiter l'atrocité. La "crise du complément d'objet" dont parle Scrutator un peu plus bas ne facilite pas cette appréhension un peu moins partisane. Or il est de la première importance qu'on entre dans ces nuances, pour éviter à beaucoup d'être tués pour des motifs qui en feront peut-être des martyrs, mais leur appartenance à Jésus-christ les assimile au contre-témoignage de correligionnaires dont le comportement leur était tout à fait étranger et fait que leur martyre n'a plus du tout la même signification du point de vue de leurs persécuteurs.
Faut-il aller jusqu'à adopter ce point de vue pour le comprendre intellectuellement? Pas quand on tient à écrire une histoire en blanc ou noir. Mais oui, le point de vue de Julien l'apostat se défendait du point de vue romain. Certaines clarifications chrétiennes auraient peut-être évité de faire couler beaucoup de sang. Et si un dialogue est nécessaire au plus haut niveau des autorités religieuses, c'est celui, où il faut se préparer à recevoir beaucoup de blessures, que devrait entretenir le vatican avec des ouleimas aussi hostiles (et de l'audience) que le check Youcef El-karadaoui au qatar, auquel l'Occident laisse jouer son jeu sans prendre aucune précaution, car l'argent n'a pas d'odeur. Or le "jeu du qatar" (ou la politique qatari) est très intelligente du point de vue musulman.
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