certes mais les événements d'Égypte par Luc Perrin 2012-11-25 16:52:31 |
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sont néanmoins graves et extrêmement préoccupants. Autrement porteurs de conséquences que la guerre des clans à l'UMP.
La présence antérieure des courants dits "salafistes", en fait des islamistes politiques extrémistes une version musulmane d'Anders Behring Breivik, ne justifie rien et n'est en rien une explication ni une raison d'espérer en un avenir moins sinistre.
L'Égypte, comme la Tunisie et la Libye, sont à nos portes : l'Afghanistan taliban était très loin. L'Égypte est très peuplée et a une influence considérable sur l'islam sunnite au moins depuis le XIXe siècle, ce qui s'y passe est infiniment plus crucial qu'une naissance en principauté de Monaco ou une crise politique en Andorre.
Que les Tunisiens aient cru bon de donner la majorité à des islamistes politiques est source d'inquiétude ; pour les Égyptiens de même.
On se rappelle le discours dominant lénifiant entendu en 2011 : pas d'inquiétude, ces islamistes sont des "démocrate-musulmans" comme les Turcs et l'équivalent des démocrate-chrétiens d'antan, en gros M. Morsi serait l'équivalent de Jean Lecanuet ou H. van Rompuy. On voit bien chaque jour que c'est tout autre chose que les démo-musulmans turcs et encore plus différent des ex démo-chrétiens.
Pourtant Gilles Kepel annonçait, croix de bois croix de fer si je mens je vais en enfer, que l'islam politique était mort, sur le point de disparaître de la scène dans les pays musulmans.
Rappelons ces 2 titres qui, avec le recul, montrent que les islamologues/sociologues peuvent être aussi doués en prospective qu'un vulgaire économiste :
- Jihad. Expansion et déclin de l'islamisme, Paris, Gallimard, 2000.
- Fitna. Guerre au cœur de l'Islam, Paris, Gallimard, 2007.
Mais oui le Prof. Kepel diagnostiquait le "déclin de l'islamisme" dès 2000 et il est dans toutes les instances de réflexion sur le sujet, très écouté dans le monde anglophone etc.
Les libéraux ayant été assez bêtes en Egypte pour se retirer entièrement du parlement et de sa commission constitutionnelle, les militaires trop timorés pour reprendre la main, des islamistes durs s'installent au pouvoir et verrouillent par avance les élections et les institutions. Il en va de même, moins ouvertement, en Tunisie où l'aile la plus violente ("salafiste") de l'islamisme politique sert de S.A. pour imposer des contraintes chaque mois plus fortes. Il est très possible que la mise en place d'une nouvelle dictature au Caire ait les faveurs de Washington et de Bruxelles, dès lors que Morsi a montré qu'il n'attaquerait pas vraiment les prétentions d'Israël sur la Palestine résiduelle. La coïncidence entre son putsch et la trève signée n'est pas fortuite.
L'exemple, si l'on peut dire, est au Nord Mali. Dans l'indifférence des Nations Unies, de l'Union africaine, des USA, de l'U.E., un régime islamiste type taliban en plus sanguinaire encore torture, ampute, lapide, vole, affame au grand jour, enlève des Français en toute impunité.
Romano Prodi, un catholique italien notoire et très "dialogueur", vient de renvoyer aux calendes grecques une intervention militaire dont, en fait, personne ne veut sauf la très grande majorité des Maliens et peut-être l'Élysée (ce n'est pas si sûr derrière les grandes déclarations). Mais même au Mali, ceux qui ne veulent pas se battre sont ... les militaires maliens !
On aimerait entendre les dialogueurs religieux professionnels sur la terreur islamiste au Nord Mali et les responsables musulmans français sur ce sujet. Que disent le P. Roucou et le prêtre lyonnais qui, il y a quelques années, se faisait l'avocat de la persécution des chrétiens en Algérie ?
Il se peut que l'un et l'autre protestent et se démènent pour dénoncer ce régime islamiste inhumain mais s'ils le font, force est de constater que l'écho médiatique en est faible. Un colloque interreligieux sur la charia au Nord Mali serait pourtant des plus intéressants : comment cela s'intègre-t-il dans le plan de salut de l'humanité par ex. pour le P. Geffré et tous ses collègues chantres des théologies de l'interreligieux ? Quels rayons de vérité (cf. Nostra aetate 1965) représentent la lapidation de jeunes couples et le fait d'amputer des pieds et mains des jeunes gens ?
Va-t-on voir cela dans les rues du Caire d'ici quelques mois ? Avec la destruction des églises chrétiennes et des lieux de culte non musulmans ? A la différence de Mgr de Carcassonne, je ne confonds pas l'islam et l'islamisme et je ne suis nullement tenté pas les amalgames auxquels notre ami Jejomau se laisse aller trop souvent. Mais il ne faut pas minimiser le danger et la menace de l'islamisme qui est en passe de contrôler entièrement la rive sud de la Méditerranée et cause de terribles souffrances d'abord à d'honnêtes et simples musulmans.
Nostra aetate n°2
"L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes."
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