Voici! par Bertrand Decaillet 2012-11-04 16:56:12 |
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Une petite erreur dans ma manière de présenter le document de mémoire hier: ce ne sont pas les évêques allemands mais les évêques français qui ont fait cette requête (épîtres et évangiles en français) au Pape. Les évêques allemands, eux , suite aux audaces du congrès de Vienne étaient déjà un cran plus loin en sollicitant la possibilité de chanter des cantiques allemands pendant la messe et de doubler le kyriale lu par le prêtre en le chantant allemand...
Le document est adressé à Mgr Martin, Président de la Commission épiscopale de Pastorale et de Liturgie, par le Secrétaire d'Etat, le Cardinal Pizzardo. Je l'ai, personnellement, dans la Revue Grégorienne n°1-2, 1957, p. 71. Aussi je joins à ce post le commentaire de la RG qui ne manque pas d’intérêt, lorsqu'on connait la suite de l'histoire...
11 octobre 1956.
Excellence Révérendissime,
Par une lettre présentée à cette Suprême Sacrée Congrégation, le 13 septembre dernier, par S. Ém. le Cardinal Pierre Gerlier, archevêque de Lyon, Votre Excellence Révérendissime, au nom de tous les Cardinaux et Archevêques de France, sollicitait du Souverain Pontife quelques concessions relatives à la célébration de la messe.
Après l'exposé des motifs pastoraux particuliers, Votre Excellence demandait que, «dans tous les diocèses de France, les ministres sacrés à la messe solennelle, et le célébrant lui-même à toute messe avec assistance de fidèles, quelle soit chantée ou lue, puissent proclamer l’Epitre et l’Évangile d’abord en latin, puis en langue vulgaire ».
Accueillant la requête avec bienveillance, cette Suprême Sacrée Congrégation a décidé d’y répondre « affirmativement ».
Votre Excellence demandait en outre au nom des Cardinaux et Archevêques de France, qu’aux Ordinaires de cette nation, par permission spéciale du Souverain Pontife, « il soit accordé, au moins ad experimentum, de pouvoir permettre que, là où les circonstances le demanderaient, le célébrant de la messe basse proclame l'Epître et l’Evangile au peuple uniquement en langue vulgaire, les dimanches et jours de fête de précepte ou lorsqu’il y a un grand concours de peuple, à la condition toutefois que la traduction alors employée soit exclusivement celle qui aurait été approuvée pour cela par les évêques ».
Après avoir bien examiné toutes les circonstances à envisager, cette Suprême Sacrée Congrégation a estimé qu’à une telle demande il n’était pas possible de donner une réponse affirmative.
Les décisions ci-dessus, que je vous communique par la présente lettre, ont été soumises à l’auguste approbation du Souverain Pontife, dans l’audience accordée le n octobre à Son Excellence le Substitut de la Secrétairerie d’État.
En vous assurant, etc.
J. Card. PIZZARDO, Secrétaire.
Dix ans après la première démarche du regretté Mgr Harscouët (1947), la permission de proclamer en français les lectures bibliques de la messe, après leur lecture ou leur chant en latin, vient d’être étendue à tous les diocèses de France.
A plusieurs reprises nous avons dit notre façon de voir à ce sujet : c’est assurément une facilité d’ordre pastoral, qui cependant, pour opportune qu’elle soit, ne résout pas tout, loin de là ! Ce que le R. P. Roguet disait si finement à Assise du rite qui doit rester « mystère », est non moins vrai de la Parole même de Dieu : une intelligibilité accrue « éveille la curiosité des fidèles plus encore qu’elle ne l’apaise ». Et une Revue étrangère se demandait si la culture biblique du clergé serait partout à la hauteur de la situation ainsi brusquement créée...
[Nous pouvons aujourd'hui, en 2012, répondre par les faits à cette demande !!! - dnr]
Mais en accordant cette facilité — qui, à notre connaissance, n’a jamais été refusée aux évêques qui la demandaient (et tous les évêques français l’ont demandée par l’intermédiaire de l’Assemblée des Cardinaux et Archevêques) -— le Saint-Office a refusé, même ad experimentum, la permission de ne faire ces lectures qu’en français, fût-ce dans une traduction spécialement approuvée. Ce refus est significatif : la concession accordée est une facilité d’ordre pastoral, non une étape vers une liturgie nationale en langue vulgaire. Ainsi le Saint-Office manifeste-t-il un égal souci et d’assurer dans les limites du possible les adaptations souhaitables des formes liturgiques, et de maintenir en même temps l’universalité qui leur est essentielle."
Revue Grégorienne, 1957, N°1-2, p.75
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