Pour beaucoup, Vatican II = oui à la sécularisation. par Scrutator Sapientiæ 2012-10-27 21:35:45 |
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Bonjour,
1. Il me semble que pour beaucoup de clercs, au sens large, et, si j'ose dire, à tort ou à raison, l'Eglise est passée, au moment et au moyen du Concile, d'une attitude de confrontation négative et réticente à une attitude de conciliation bienveillante et positive, vis-à-vis de la sécularisation, id est, je le rappelle ici, de la dynamique anthropologique et civilisationnelle la plus efficacement et hypocritement propice à la marginalisation du christianisme, dans les coeurs et dans les moeurs.
2. Cette croyance en l'approbation de la sécularisation par l'Eglise, au moment du Concile, expliquerait assez pourquoi, dans l'imaginaire journalistique contemporain, il y a une opposition entre la mentalité d'ouverture de l'Eglise sur la modernité, qui se serait exprimée au moyen du Concile, et la mentalité de (re)fermeture de l'Eglise, vis-à-vis de la modernité, qui se serait exprimée, pour la première fois, lors de la parution et de la réception d'Humanae Vitae.
3. Les journalistes qui ont les larmes aux yeux, aujourd'hui, cinquante ans après l'ouverture du Concile, regrettent peut-être avec nostalgie
- l'atmosphère tout à fait particulière qui a caractérisé le déroulement des années 1962-1963 à 1965-1966,
- le reniement, selon leurs vues, de cette perspective de convergence entre l'Eglise et le monde, par l'Eglise elle-même, moins de trois ans après la clôture du Concile.
4. Je pense notamment à quelqu'un comme Henri TINCQ ; compte tenu de ses prises de position habituelles, je ne pense pas me tromper beaucoup en supposant que lui
- doit avoir ce positionnement nostalgique, à l'égard du moment Vatican II,
et
- doit considérer comme une aberration, une absurdité, une anomalie ou une arriération le fait que, selon lui, l'Eglise ait commencé assez vite à renoncer à une partie de ses propres audaces, dès la partie post-conciliaire du pontificat de Paul VI, et ait continué à y renoncer, sous Jean-Paul II puis sous Benoît XVI.
5. Quant aux journalistes, chrétiens ou non, nettement plus jeunes que quelqu'un comme Henri TINCQ, je doute fort qu'ils aient "les larmes aux yeux en évoquant cet évènement", même s'ils ont en en effet "un regret : c'est qu'il n'y ait pas eu assez de changements."
6. Entre nous, nous pouvons toujours nous poser la question suivante : qui, parmi les journalistes, spécialisés ou non, actuellement en activité, connaît vraiment les textes du Concile, le contexte propre au Concile, les conséquences de la mise en oeuvre du Concile ?
7. La nostalgie contagieuse ou unanime peut ainsi naître du conformisme et de l'ignorance : à qui n'a-t-on pas dit que le Concile avait été le début d'un grand mouvement de modernisation de l'Eglise, et que, depuis, ce mouvement avait été remis en cause, non à cause de son fondement ou de son contenu ambigu, ni à cause de ses applications décevantes ou désastreuses, mais à cause de la fermeture et de la frilosité des Papes de l'après Concile ?
8. Enfin, il est à noter, dans le sens de ce que vous dites, que le plus souvent, dans les médias audio-visuels, seuls les abus ou les excès provenant des extrémistes intégristes juifs ou musulmans, abus ou excès tels que le terrorisme, sont considérés comme une menace, face à la dynamique qu'est la sécularisation,
- alors qu'une perspective de rechristianisation de la culture et de la société de la France, et non de l'Etat lui-même, serait immédiatement perçue comme une atteinte à la sécularisation,
- et que l'islamisation de la France par l'islamisme légaliste, par un islamisme apparemment respectueux des lois de la République, n'est pas explicitement mise en avant comme une menace de retour en arrière, donc en amont de l'enclenchement de cette dynamique de sécularisation.
Les puissants qui font semblant de nous éclairer ou semblant de nous gouverner se soumettront plus volontiers à plus puissants qu'eux, qu'à plus sages qu'eux, et, en particulier, qu'à plus sages dans le Christ et grâce au Christ.
Bonne nuit.
Scrutator.
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