Quelques réflexions de Newman... par Vianney 2012-09-07 16:57:07 |
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...sur l’Antichrist :
“Il nous est dit que l’apostasie viendra et que se révélera l’homme de l’iniquité. En d’autres termes, cela signifie que l’homme de péché naîtra d’une apostasie, du moins arrivera au pouvoir par le moyen d’une apostasie, ou bien sera précédé d’une apostasie, ou simplement ne pourra être sans une apostasie. C’est ainsi que s’exprime le texte inspiré. Observez maintenant de quelle façon admirable le cours de la Providence, tel qu’il transparaît dans l’histoire, a donné l’interprétation de cette prédiction.”Newman illustre son propos par quelques exemples célèbres : l’avènement d’Antiochus fait suite à l’abandon de leur religion par un grand nombre d’Israélites ; Julien l’Apostat accède au trône impérial après quarante ans d’hérésie arienne ; Mahomet fonde l’Islam dans les contrées les plus marquées par le nestorianisme, etc.
“Ces exemples nous donnent un même avertissement. S’il est vrai que l’ennemi du Christ et de Son Église doive surgir de quelque extraordinaire éloignement de Dieu, n’y a-t-il pas lieu de craindre qu’en ces jours mêmes une telle apostasie ne soit en train de se préparer, de prendre forme, de s’accélérer ? N’est-il pas vrai qu’en ce temps même se manifeste un formidable effort, pratiquement dans le monde entier — de façon intermittente, plus ou moins, manifestement ou secrètement, en telle place ou en telle autre, mais de la manière la plus visible, ou la plus effrayante, dans ses parties les plus civilisées et les plus puissantes — un effort pour se passer de la religion ? N’est-il pas vrai qu’existe la conviction, avouée et croissante, qu’une nation n’a rien à voir avec la religion et que celle-ci relève de la conscience personnelle de chacun — ce qui revient à dire qu’il serait possible de laisser la vérité s’éteindre de la terre sans chercher à la préserver ? N’est-il pas vrai que, dans tous les pays, se développe un mouvement puissant et concerté pour renverser l’Église du Christ de son pouvoir et de sa position ? N’est-il pas vrai que l’on assiste à des tentatives fébriles et incessantes pour se débarrasser de la nécessité de la religion dans les affaires publiques ? par exemple, la volonté de se passer des serments, sous prétexte qu’ils sont trop sacrés pour les affaires de la vie courante, au lieu de faire en sorte qu’on en use avec plus de révérence et de considération ? la volonté d’organiser l’éducation sans religion — c’est-à-dire, ce qui revient au même, en mettant sur le même plan toutes les formes de religion ?”Comme au temps de nos premiers parents, Satan commence par séduire :
“Que cette apostasie soit précisément celle qui va donner naissance à l’Antichrist, ou que celui-ci soit encore retardé, nous ne pouvons le savoir ; quoi qu’il en soit, cette apostasie, ses signes et ses agents sont tous du Mauvais et portent un goût de mort. Qu’il nous soit épargné d’être l’un de ces naïfs pris dans ce lacet qui nous enserre ! Qu’il nous soit épargné d’être séduits par ces promesses flatteuses où Satan sait assurément cacher son poison. Pensez-vous qu’il soit assez malhabile dans son art pour vous proposer ouvertement et explicite- ment de le rejoindre dans son combat contre la Vérité ? Non, il vous présente des appâts pour vous attirer. Il vous promet la liberté civile ; il vous promet l’égalité ; il vous promet le commerce et la prospérité ; il vous promet l’exemption des impôts ; il vous promet des réformes. Telle est sa façon de masquer la véritable entreprise à laquelle il vous attelle. Il vous invite à l’insubordination envers vos dirigeants, envers vos supérieurs ; le faisant lui-même, il vous incite à l’imiter ; il vous promet l’illumination — vous offrant le savoir, la science, la philosophie, le développement de vos facultés. Il se raille des générations passées, il se raille de toute institution qui les respecte.”Ces réflexions datent de l’époque (1835) où Newman était encore un jeune vicaire anglican mais, quarante années plus tard, converti au catholicisme, il ne les désavoue pas, au contraire. Devant les élèves du nouveau séminaire catholique d’Olton, il affirme (1873) :
“Les épreuves à venir seront telles que même saint Athanase, saint Grégoire le Grand ou saint Grégoire VII seraient épouvantés, à en perdre pied. Aussi sombre que fût la perspective de leur temps, la nôtre est d’un noir de ténèbres, différente de tout ce qui l’a précédée. Mes frères, vous entrez dans un monde que les chrétiens n’ont encore jamais connu.”V.
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