La non discrimination, c'est du pipeau, bien sûr! par le torrentiel 2012-08-27 16:21:58 |
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La "personne handicapée" (ilconvient toujours dans le langage administratif de préciser que c'est une personne, au cas où on en douterait) est corvéable à merci à l'enfer de la preuve.
D'un point de vue sociologique, on a longtemps considéré le handicap comme une tare; aujourd'hui, on fait semblant d'être dans l'excès inverse : ce serait une chance, mais à condition que le handicapé accepte toutes les règles de l'émancipation marxiste par le travail entre autres, quitte à ce qu'il trouve un emploi, sans qu'on lui donne rien à faire, c'est particulièrement le cas dans la fonction publique. Quant aux anciens C.A.T qui ont été depuis peu requalifiés, c'étaient les seules zones de non droit du travail, où les salariés n'avaient pas le droit de se syndiquer.
Le discours de l'Eglise est encore plus hypocrite, s'il se peut. Je fais référence à l'Eglise officielle, qui dit que les handicapés sont une chance, qui les place au premier rang des assemblées dominicales, surtout quand ils sont déficients mentaux, pourvu qu'ils ne ramènent pas leur fraise! A Lourdes évidemment, c'est une parenthèse, comme le disait Peb, mais une parenthèse qui se nourrit aussi de ce silence des handicapés.
Remarquez bien que, pour "les démunis", c'est pareil: on veut bien qu'ils mendient et raccolent à la porte de l'église à l'intérieur de laquelle on priera pour eux, mais surtout pourvu qu'ils n'y entrent pas!
Exemple pour exemple: quand nous sommes arrivés dans cette ville où, bien qu'elle soit ma ville natale, je n'arrive pas à m'implanter, je suis allé proposer mes services d'organiste à l'église située juste en face de chez moi. D'abord, on a mis en doute mes compétences; ensuite, on s'est demandé comment je ferais; sur les explications que j'ai fournies, on a fini par cracher le morceau:
"Mais comprenez que votre handicap nous fasse peur!"
Ma réponse a fusé, immédiate:
"Je le comprendrais de tout autre, mais pas de vous. Car vous répercutez un discours que vous ne mettez pas en pratique, et je ne supporte pas les incohérences majeures." Cette réplique étati si cinglante qu'avec la responsable des organistes (car nous somes plusieurs à permuter), nous avons trouvé un "gentlemen agrement".
Moi aussi, je suis très sensible à votre intervention, car je vous ai rarement vu vous livrer autant, justement en public, même si vous aviez déjà parlé de votre maladie.
Le handicap, quand il est invisible ou non moteur, reste un phénomène essentiellement social. Je veux dire que c'est le regard des autres qui le détermine. Les sociologues en ont profité pour parler de "situation de handicap" plutôt que de "handicap" dans sa simplicité, comme analyse d'une déficience. Cela a permis de "complexifier" terriblement l'approche du problème et, en pratique, de précariser encore plus les handicapés au moment où on leur faisait miroiter qu'on donnait accès à leur inflation revendicative via une accessibilité générale impossible que leur promettait la loi de 2005.
Si mon mini "burn out" a permis de mettre le doigt sur tout ça à ceux qui ont quelque sensibilité, il n'aura pas été inutile, d'autant que le début de mon premier message était tout à fait factuel.
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