d'ecclésiastiques..?.. par origenius 2012-08-24 14:17:21 |
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C'est possible.
Voici une histoire tout à fait vraie et il y en a bien d'autres, bien connues par ceux qui "fréquentent" les "réserves".
Tout au début, les réserves indiennes furent fertiles en incidents cocasses.
Lorsque les Indiens essayaient de s'adapter au très étrange mode de vie des Blancs, ils se trouvaient parfois plongés dans de grands dilemmes.
Par exemple à Fort Sisseton, Dakota, on encouragea les Indiens après les guerres du Minnesota, à s'inscrire comme éclaireurs dans l'armée. Pour cela il fallait posséder une bonne pratique de l'anglais et avoir vingt et un ans. Mais en fait ces conditions étaient rarement remplies. Il y avait peu d'éclaireurs et l'objectif était d'avoir une bonne compagnie et non de suivre à la lettre les ordres de Washington.
En peu de temps, l'armée eut une compagnie d'éclaireurs, entraînés mais ne possédant pas suffisamment la langue anglaise pour comprendre une phrase entière.
Washington ayant eu vent de l'affaire, ce qui arrive parfois dans les administrations, envoya un inspecteur pour étudier la situation. Alors qu'il était en route, l'ordre de dissoudre la compagnie d'éclaireurs arriva et son travail fut de les renvoyer et de payer les derniers salaires.
Les éclaireurs étaient alignés à l'extérieur du quartier des officiers et étaient interrogés les uns après les autres.
Pour leur solde, ils avaient le choix entre de l'argent, des chevaux ou bien les deux.
Ceux qui ne savaient pas parler anglais étaient réprimandés et recevaient généralement de moins beaux chevaux, puisqu'ils n'avaient pas observé les règlements. Un jeune éclaireur, manifestement en situation irrégulière, était très inquiet et interrogeait ceux qui sortaient du bureau sur la façon dont cela se passait :
"On te pose trois questions : ton âge, depuis combien de temps tu es dans la compagnie et si tu veux de l'argent ou des chevaux".
Il apprit par cœur les réponses adéquates et se prépara à subir l'interrogatoire. Lorsque son tour arriva, il entra dans la pièce, terrorisé, mais fermement décidé à faire de son mieux. Il se planta devant le bureau de l'inspecteur, très attentif, souhaitant donner les bonnes réponses et s'en aller au plus vite.
L'inspecteur, fatigué après un grand nombre d'interrogatoires, lui demanda d'un ton las :
"Depuis combien de temps êtes-vous ici ?"
"Vingt ans", répondit le jeune Indien avec un grand sourire.
L'inspecteur s'arrêta net et regarda le jeunet. Il avait devant lui un homme qui paraissait n'avoir que dix-huit à vingt ans et pourtant il avait servi vingt ans chez les éclaireurs. Il avait dû être une des plus jeunes recrues. Cela semblait incroyable.
Mais, pensait l'inspecteur, il est souvent difficile de dire l'âge d'un Indien en le voyant ; bien souvent les apparences sont trompeuses. Ou peut-être devenait-il fou après avoir interrogé autant de gens en aussi peu de temps ? Peut-être était-ce la chaleur du Dakota ...
Quoi qu'il en soit il continua à l'interroger :
"Et quel âge avez-vous ?"
"Trois ans".
La stupeur apparut alors sur le visage de l'inspecteur. Était-ce quelque mystérieuse façon indienne de mesurer le temps ? Ou n'en était-il pas plutôt au stade du délire ?
"Est-ce moi qui suis fou ou vous ?" lui demanda-t-il avec fureur.
"Les deux", lui répondit le jeune homme qui, détendu, souriant, s'approchait du bureau pour avoir son argent.
L'inspecteur, absolument affolé, s'enfuit d'un bond.
On le vit le lendemain matin à Washington, D.C., ayant battu des records de vitesse pendant la nuit.
Ce fut la dernière fois que l'on demanda aux éclaireurs indiens de savoir l'Anglais et on prit des mesures pour avoir un interprète dès le lendemain.
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