Le point de vue de Jean Mercier de la Vie par Polydamas 2012-04-14 12:34:48 |
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Il est ici.
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Benoît XVI a sans doute estimé qu'il fallait fermer les yeux sur l'impénitence certaine de ses interlocuteurs. Et il a décidé de passer outre ce qui est une réalité incontournable : le désaccord total entre lui et les intérgristes sur des éléments essentiels comme la liberté religieuse, l'oecuménisme et le dialogue avec les autres religions. Au risque de n'être pas compris par sa base.
Il l'a fait pour quatre raisons (c'est nous qui interprétons à partir de nos conversations avec des observateurs de ce dossier).
1/D'une part, au-delà de la possible « mauvaise foi » de ses interlocuteurs, qui sont des clercs (rappelons que la Fraternité est un « mouvement » clérical), le pape sait que le salut de nombreux laïcs est en jeu, des braves gens attachés à des paroisses pour des raisons affectives et familiales et qui ont le droit à une normalisation de leur statut ecclésial. Un évêque français me disait récemment que la plupart des intégristes sont des gens ultra blessés. Le pape panse donc ses brebis en danger.
2/D'autre part, le pape voit loin, à l'horizon de l'histoire de l'Eglise. Il sait que la plupart des traditionalistes qui, depuis près d'un quart de siècle, se sont détachés par morceaux du bloc « intégristes » pour créer les groupes appelés « Ecclesia Dei », et dont la plupart étaient très virulents d'un point de vue idéologique ont fini, une ou deux décennies plus tard, par s'assagir. Ils ont mis de l'eau dans leur vin, simplement parce qu'ils ont joué le jeu de l'Eglise élargie, celui de la rencontre et de l'échange au sein des diocèses. Le pape fait confiance au rôle de régulateur climatique de l'Eglise sur les futurs réintégrés.
3/ L'autre facteur qui a pu influencer est que la Fraternité compte un nombre non négligeable de prêtres et de séminaristes. Le pape peut imaginer qu'en intégrant les plus « modérés » d'entre eux, il augmente le nombre de prêtres au service de l'Eglise. Et au passage, il contribue au salut de leurs âmes...
4/ Benoit XVI est convaincu du bien fondé de Vatican II et de ses décisions, mais il est critique sur ce que les catholiques en ont fait ensuite, notamment dans les pays occidentaux. Il sait que les intégristes agitent l'épouvantail du Concile à partir d'une certain nombre d'excès post conciliaires mais il ne veut plus que ce moment de l'Histoire de l'Eglise, certes essentiel, devienne un abcès de fixation pour une désunion des catholiques. Par ailleurs, il a toujours regretté que l'on ait rejeté des formes traditionnelles de la foi et de la liturgie d'avant Vatican II. Il estime probablement que les Lefebvristes ont un rôle à jouer dans une réappropriation du patrimoine rituel catholique.
On mesure ici combien cette volonté de dialogue et de restauration de l'unité fonctionne, du côté du pape, comme une série de paris sur l'avenir, osés dans la confiance. Mais les troupes qui sont prêtes à suivre Mgr Fellay dans sa volonté d'unité avec Rome sont sans doute bien moins promptes à l'unité que ne le furent, à partir de 1988, les tradis qui rejoignirent la Grande Eglise, tellement elles reprochent à ces derniers d'avoir trahi la cause de Mgr Lefebvre en rentrant dans le giron romain.
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