En effet, et il l'a laissé entendre en juillet 2008. par Scrutator Sapientiæ 2012-01-29 18:32:12 |
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Bonjour et bon dimanche, jejomau,
Voici :
" AFP - Vendredi 18 juillet, 07h44 :
SYDNEY (AFP) - Le pape Benoît XVI a reconnu vendredi à Sydney que les relations entre les différentes confessions chrétiennes sont arrivées à "un point critique", alors que les Anglicans sont au bord du schisme sur la question de l'ordination des femmes et des homosexuels.
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Au cinquième jour de son voyage en Australie, le chef de l'Eglise catholique a rencontré une délégation des autres confessions chrétiennes présente dans le pays: orthodoxes, protestants, anglicans, traduisant la diversité de la population australienne.
"Je pense que vous serez d'accord sur le fait que le mouvement oecuménique a atteint un point critique", a déclaré Benoît XVI.
Les évêques anglicans du monde entier sont actuellement réunis en Grande-Bretagne, à Canterbury (sud-est), pour tenter de ressouder leur unité après les remous provoqués par la décision de l'Eglise d'Angleterre d'accepter l'ordination d'évêques femmes.
L'Eglise anglicane australienne, comme avant elle d'autres Eglises de la "communion anglicane", vient d'ordonner deux femmes évêques, malgré l'opposition de sa minorité.
L'ordination en 2003 d'un évêque ouvertement homosexuel par l'Eglise épiscopalienne américaine a aussi creusé le fossé entre anglicans conservateurs et libéraux.
Benoît XVI n'a pas détaillé les éléments de la crise du mouvement oecuménique. Mais il a insisté comme il le fait régulièrement sur la nécessité d'un "dialogue sincère", y compris sur les questions doctrinales, pour surmonter les divergences.
"Les chrétiens doivent travailler ensemble à faire en sorte que l'édifice (de l'Eglise chrétienne dans son ensemble) reste solide, afin que d'autres personnes aient envie d'y entrer et de découvrir les abondants trésors de grâce qu'elle contient", a-t-il dit.
L'Eglise anglicane représente environ 26% de la population australienne, dépassée de peu par l'Eglise catholique (27%), qui a bénéficié dans les dernières décennies de l'arrivée d'immigrants de confession catholique.
Le pape se trouve à Sydney pour présider les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), rencontre de jeunes catholiques à l'échelle planétaire organisée tous les deux ou trois ans dans un pays différent.
Comme il le fait à chacun de ses voyages, il a aussi rencontré vendredi matin des représentants des religions non chrétiennes vivant en Australie: musulmans, juifs, bouddhistes, hindouistes, zoroastriens.
Le pape a souligné que "dans un monde menacé par toutes sortes de violences, la voix unie de toutes les personnes inspirées par la religion est un stimulant pour que les nations et les communautés résolvent leurs conflits par des moyens pacifiques dans le plein respect de la dignité humaine".
Benoît XVI doit suivre vendredi après-midi à la télévision, sans y participer physiquement, un gigantesque chemin de croix à travers les rues de Sydney où les organisateurs attendent 250.000 à 350.000 personnes. "
D'une part, on peut espérer que le Souverain pontife nous dise davantage, plus concrètement et précisément, à cause de quoi "le mouvement oecuménique a atteint un point critique", car si c'est vrai, c'est quelque peu embêtant, puisque c'est, parmi d'autres choses, l'oecuménisme qui caractérise la stratégie globale initiée par le Concile Vatican II, depuis bientôt 50 ans...
Et puis, ce qui est vrai du fait de "l'évolution" de certains anglicans ou protestants n'est peut-être pas vrai, compte tenu de la moindre "évolution" d'autres chrétiens non catholiques, et notamment des orthodoxes.
D'autre part, on appréciera ici à sa juste valeur la distinction entre "anglicans conservateurs" et "anglicans libéraux".
Compte tenu de ce dont il est question ici, je me demande s'il ne faudra pas un jour distinguer entre "anglicans encore chrétiens" et "libéraux plus très chrétiens", cela étant écrit à propos des orientation générales respectives et divergentes des uns et des autres, et non en ce qui concerne l'authenticité de la foi ou des moeurs chrétiennes de tel ou tel anglican en particulier.
Je pense pour ma part qu'à partir du moment où le Concile Vatican II a été non seulement oecuménique, mais aussi oecuméniste, "l'inconditionnalité du (nouveau) système" (pour reprendre l'expression de CONGAR), un système de pensée et d'action potentiellement ou tendanciellement consensualiste, voire relativiste, s'est substituée à l'inconditionnalité du système antérieur, controversiste car normativiste.
On est ainsi passé
- d'une logique, anté-conciliaire, de sur-différenciation du christianisme catholique,
- à une logique, conciliaire, puis post-conciliaire, de moindre différenciation,
laquelle a été perçue, à juste titre ou non, comme la banalisation ou la légitimation d'une indifférenciation entre les différentes confessions chrétiennes.
C'est revenu, comme un boomerang australien, en plein coeur de l'Eglise, avec les résultats que l'on connaît et subit depuis lors.
Par ailleurs, c'est la moindre des choses que des protestants en général, des anglicans, en particulier, qui sont un peu les "founding fathers" de l'évolutionnisme culturel, en politique comme en religion, aient continué à évoluer, y compris en matière de morale "chrétienne".
C'est pour c'est deux raisons : la relative impuissance de l'oecuménisme conciliaire, face à sa surexposition à l'indifférentisme et à l'évolutionnisme de certains chrétiens, catholiques ou non, que je n'ai jamais cru, mais cela n'engage que moi, en la solidité doctrinale ni en la validité pastorale de cette stratégie globale, qui suppose
- que tout ne réside pas dans l'intention de se (ré)unir dans le cadre d'un futurisme indéfini,
mais
- que l'on puisse "un jour" mesurer la transformation de cette intention en résultats tangibles.
Or, les derniers résultats tangibles observés sont allés, à ma connaissance, en direction de la création d'un ordinariat, et non en direction d'une approche "confédérale".
Et pour cause :
- si le "nomos", la loi de l'unité des chrétiens, c'est le dialogue, dans le respect et la sincérité, y compris en matière doctrinale, donc la sincérité au service de la véracité,
- le "topos", le lieu de l'unité des chrétiens, ne peut être à mon sens, d'un point de vue catholique, même si cela doit se produire "à la fin, à l'issue, au terme" du processus, que l'Eglise catholique, UNE, sainte, catholique et apostolique...
Bonne soirée et à bientôt.
Scrutator.
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