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le texte en question
par jejomau 2011-12-05 15:25:48
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le voici. Je ne vois aucun motif d'étonnement particulier. Il énonce la doctrine catholique que l'Eglise - dit-il - ne peut en aucun cas changer puisqu'elle la tient du Christ Lui-même en cette matière. Il admet seulement, concernant le problème n°3 - point c - qu'on pourrait faire évoluer la réflexion sur un sujet délicat. Il évoque le cas du mariage naturel sans s'y attarder plus, sinon pour rappeller la doctrine de l'Eglise sur ce sujet.


Essayons de synthétiser ce qui est exprimé.



problème N°1


en faveur de l'assouplissement : 1. Beaucoup estiment, alléguant divers passages du Nouveau Testament, que la parole de Jésus sur l’indissolubilité du mariage permet une application souple et ne peut pas être classée avec rigidité dans une catégorie juridique



Le mariage vraiment sacramentel

la réponse du Magistère : "Le Magistère souligne cependant que la doctrine de l’Église sur l’indissolubilité du mariage découle de la fidélité envers la parole de Jésus. Jésus définit clairement la pratique vétérotestamentaire du divorce comme une conséquence de la dureté du cœur de l’homme. Il renvoie – au-delà de la loi – au commencement de la création, à la volonté du Créateur, et résume son enseignement par ces mots : « Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mc 10, 9.)...... "La parole de Jésus sur l’indissolubilité du mariage est le dépassement de l’ancien ordre de la loi par l’ordre nouveau de la foi et de la grâce"...... C’est seulement ainsi que le mariage peut(...)devenir un signe de l’Alliance d’amour inconditionnel de la part de Dieu, c’est-à-dire un « sacrement »(cf. Ep 5, 32).

On parle bien d'un mariage entre chrétiens baptisés qui s'engagent un jour l'un envers l'autre dans le cas sus-mentionné ci-dessous. Et le cardinal Ratzinger souligne bien que la doctrine de l'Eglise en cette matière n'es pas réformable en utilisant le mot : "le Magistère". Maintenant, il évoque un autre cas que voici :

Le mariage naturel

"La possibilité d’une séparation, que Paul envisage en 1 Co 7, concerne les mariages entre un conjoint chrétien et un autre qui n’est pas baptisé. La réflexion théologique postérieure a clarifié le fait que seuls les mariages entre baptisés sont « sacrement », au sens strict du mot, et que l’indissolubilité absolue ne vaut que pour les mariages qui se situent dans le cadre de la foi dans le Christ"..... « mariage naturel » a sa dignité à partir de l’ordre de la création et est donc orienté vers l’indissolubilité, mais il peut être dissous, dans des circonstances déterminées, en raison d’un bien plus élevé, en l’occurrence la foi."

Ainsi, encore une fois le cardinal Ratzinger rappelle la stricte position de l'Eglise qui n'a jamais changé en ce domaine. Il le précise : " il ne s’agit donc pas d’une exception à la Parole du Seigneur". Point très important. En effet, il ne faudrait pas vouloir soulever un faux-problème qu'on ferait semblant de découvrir alors qu'il a été réglé depuis longtemps par le Magistère. Et un peu plus loin : "l’Église ne peut construire sa doctrine et sa pratique sur des hypothèses exégétiques incertaines. Elle doit s’en tenir à l’enseignement clair du Christ."



Problème N°2


En faveur de l'assouplissement: 2. D’autres objectent que la tradition patristique laisserait place à une pratique plus différenciée, qui rendrait mieux justice aux situations difficiles ; à ce propos, l’Église catholique pourrait apprendre quelque chose du principe d’« économie » des Églises orientales séparées de Rome



Le cardinal Ratzinger reprend l'argument théologique qui seul répond vraiment à la question. Il soulève en effet l'objection de ceux qui "affirme que le Magistère actuel ne s’appuierait que sur un filon de la tradition patristique, mais non pas sur tout l’héritage de l’Église ancienne". Mais il montre que la controverse rique de durer très longtemps étant donné l'absences de textes historiques ! Nous voilà donc renvoyés à la position Magistérielle et à son ancrage théologique :

Du point de vue théologique, on doit affirmer

a) Il existe un clair consensus des Pères en faveur de l’indissolubilité du mariage. Puisque celle-ci découle de la volonté du Seigneur, l’Église n’a aucun pouvoir sur elle. C’est bien pour cela que, dès le début, le mariage chrétien fut différent du mariage de la civilisation romaine même si, dans les premiers siècles, il n’existait encore aucune réglementation canonique le concernant. L’Église du temps des Pères exclut clairement le divorce et un nouveau mariage, et cela à cause d’une obéissance fidèle au Nouveau Testament.

b) Dans l’Église du temps des Pères, les fidèles divorcés remariés ne furent jamais admis officiellement à la sainte communion après un temps de pénitence

c) Par la suite, on en arriva à deux développements opposés l’un à l’autre :

- Dans l’Église impériale, après Constantin, on chercha, à la suite de l’imbrication toujours plus forte entre l’État et l’Église, une plus grande souplesse et une plus grande disponibilité au compromis dans des situations matrimoniales difficiles

Dans les Églises orientales séparées de Rome, ce développement se poursuivit au cours du second millénaire et conduisit à une pratique toujours plus libérale. Il existe aujourd’hui, en de nombreuses Églises orientales, toute une série de motifs de divorce, sinon même une « théologie du divorce », qui n’est, en aucune manière, conciliable avec les paroles de Jésus sur l’indissolubilité du mariage.

- En Occident, grâce à la réforme grégorienne, on retrouva la conception originelle des Pères. Ce développement trouva, d’une certaine manière, sa confirmation lors du concile de Trente et fut à nouveau proposé comme doctrine de l’Église par le concile Vatican II.


Le cardinal Ratzinger est donc on ne peut plus clair en rappelant la genèse puis l'évolution au cours des siècles. Le point très pécis qu'il fait sur les Eglises Orientales l'amènent même à déclare qu'elles sont dans une erreur, point qu'il faudra aborder - je cite - dans le dialogue œcuménique. Point qu'il faut en effet résoudre, dans son idée, vers un retour à une meilleure orthodoxie en revenant au sacrement du mariage tel que l'Eglise catholique romaine l'exige. Il rajoute, pour être très clair et que tous comprennent (surtout les progressistes de "La Croix" et consorts.. (sic!): "La pratique des Églises orientales séparées de Rome,(.... )ne peut pas, pour des motifs doctrinaux, être assumée par l’Église catholique".



problème N°3


En faveur de l'assouplissement: 3.Beaucoup proposent de permettre des exceptions à la norme ecclésiale, sur la base des principes traditionnels de l’ epikeia et de l’ aequitas canonica.



Il faudrait que, d'après certains (suivez mon regard) "les doctrines traditionnelles de l’« épikie » et de l’« équité canonique » justifient "du point de vue de la théologie morale ou du point de vue juridique, une décision de la conscience qui s’éloignerait de la norme générale". Voilà le fond du problème. Ceux-là arguent du fait que certains cas sont très difficiles. Et c'est vrai. J'introduis ici un cas particulier pour mettre en exergue ce point.

A titre personnel je connais un couple, baptisés, mariés depuis 20 ans dont l'épouse a fait un AVC et, atteinte neurologiquement, a décidé de divorcer pour vivre une vie sentimentale nouvelle avec 2 hommes (sic!).. Laissant son mari désespéré avec 4 enfants.. qui commence aujourd'hui à rejeter Dieu. Un cas type (et très triste)... Voyons ce que dit le cardinal Ratzinger:

on doit distinguer clairement trois types de questions

a) L’epikeia et l’aequitas canonica sont d’une grande importance dans le cadre des normes humaines et purement ecclésiales, mais elles ne peuvent pas être appliquées dans le cadre de normes sur lesquelles l’Église n’a aucun pouvoir discrétionnaire. L’indissolubilité du mariage est une de ces normes qui remontent au Seigneur lui-même et qui sont donc désignées comme normes de « droit divin ». L’Église ne peut pas non plus approuver des pratiques pastorales – par exemple dans la pastorale des sacrements – qui contrediraient le clair commandement du Seigneur. En d’autres mots, si le mariage précédent de fidèles divorcés et remariés est valide, leur nouvelle union ne peut être considérée en aucune circonstance comme conforme au droit et donc, pour des motifs intrinsèques, la réception des sacrements n’est pas possible. La conscience de chacun est liée, sans exception, par cette norme.

b) En revanche, l’Église a le pouvoir de tirer au clair les conditions à remplir pour qu’un mariage puisse être considéré comme indissoluble selon l’enseignement de Jésus. Là, le cardinal Ratzinger rappelle ce qui a été dit plus haut entre le mariage vraiment sacramentel et le mariage naturel. "On a en outre identifié toujours plus clairement les motifs de nullité matrimoniale et on a largement développé les procédures processuelles". Ce qui implique qu'à ceux qui voudraient que l'Eglise soit plus "compassionnelle" il souligne que c'est déjà le cas: "On pourrait dire que, de cette manière, même dans l’Église occidentale, on a fait une place au principe de l’« économie », sans toucher cependant à l’indissolubilité du mariage comme tel".

c) Certes, il n’est pas exclu que des erreurs se produisent dans les procès matrimoniaux (....) En certains cas, ils se terminent par des sentences problématiques (....) Il montre alors que le jugement rendu l'est en fonction de "la vérité vérifiable lors du procès et de la vérité objective". Ici, le cardinal ratzinger pense qu'on doit faire plus d'efforts dans la recherche de la Vérité car le problème, le voici : "De nombreux théologiens pensent que les fidèles doivent absolument s’en tenir, même au « for interne », aux jugements du tribunal même si, à leur avis, ils sont erronés. D’autres estiment que, au « for interne », des exceptions sont pensables parce que, dans la législation concernant les procès, il ne s’agit pas de normes de droit divin, mais de normes de droit ecclésial". Dont acte pour une plus grande réfexion en la matière.



Problème N°4


En faveur de l'assouplissement: 4. Certains accusent le Magistère actuel d’involution par rapport au Magistère du Concile et de proposer une vision préconciliaire du mariage


"Certains spécialistes posent la question de savoir si on ne peut pas parler de « mort du mariage » quand le lien personnel de l’amour entre deux époux n’existe plus." Tel est le problème. Le cardinal Ratzinger y répond de la sorte : "Il est cependant inadéquat d’introduire une opposition entre la visée personnaliste et la visée juridique du mariage. Le Concile n’a pas rompu avec la conception traditionnelle du mariage, mais l’a développée. Quand, par exemple, on répète continuellement que le Concile a remplacé le concept strictement juridique de « contrat » par le concept plus large et théologiquement plus profond de « pacte », on ne peut oublier à ce propos que même le « pacte » contient l’élément du « contrat », bien qu’il se situe dans une perspective plus large".

Le cardinal Ratzinger balaye la pensée de ces théologiens progressistes par ces propos : "Si l’Église acceptait la théorie qu’un mariage est mort quand deux conjoints ne s’aiment plus, elle approuverait alors le divorce et ne soutiendrait plus l’indissolubilité du mariage que de manière purement verbale, mais non pas dans les faits. L’opinion selon laquelle le pape pourrait éventuellement dissoudre un mariage sacramentel consommé, qui a abouti de manière irrémédiable à un échec, doit donc être qualifiée d’erronée. Un tel mariage ne peut être dissous par personne. Lors de la célébration nuptiale, les époux se promettent la fidélité jusqu’à la mort".


Problème N°5


En faveur de l'assouplissement: 5. Beaucoup affirment que l’attitude de l’Église dans la question des divorcés remariés est unilatéralement normative et non pas pastorale

"On dit, par exemple, que le langage des documents ecclésiaux serait trop légaliste, que la dureté de la loi prévaudrait sur la compréhension de situations humaines dramatiques. L’homme d’aujourd’hui ne pourrait plus comprendre ce langage. Jésus aurait prêté une oreille attentive aux besoins de tous les hommes, surtout de ceux qui étaient en marge de la société"

Ah! On dirait que le cardinal Ratzinger lit "La croix" ! Amusant. Il répond ainsi: "Le contenu essentiel du Magistère ecclésial à ce sujet doit pourtant être maintenu. On ne peut l’atténuer pour des motifs que l’on estime « pastoraux », parce qu’il transmet la vérité révélée. Certes, il est difficile de faire comprendre les exigences de l’Évangile à l’homme sécularisé. Mais cette difficulté pastorale ne peut amener à des compromis avec la vérité. Dans sa lettre encyclique Veritatis splendor, Jean Paul II a clairement repoussé les solutions prétendument « pastorales », qui sont en contradiction avec les déclarations du Magistère. Il termine ainsi : "Certes, la parole de vérité peut faire mal et être incommode. Mais elle est le chemin de la guérison, de la paix, de la liberté intérieure. Une pastorale qui veut vraiment aider les personnes doit toujours se fonder sur la vérité. Seul ce qui est vrai peut être aussi pastoral"





     

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 Les divorcés-remariés.... le pape, par Anne Charlotte Lundi  (2011-12-05 10:20:35)
      le texte en question par jejomau  (2011-12-05 15:25:48)
          A la place du pékin moyen par Babakoto  (2011-12-05 16:11:05)
              n'est-ce pas par jejomau  (2011-12-05 17:50:04)
                  Echange de consentement par Babakoto  (2011-12-05 23:19:27)
                      héhé... par jejomau  (2011-12-05 23:41:42)
              Sauf que dans le contrat... par Paterculus  (2011-12-05 22:24:49)
                  C'est bien le problème par Babakoto  (2011-12-06 00:17:07)
                      Babakoto vous levez la question par blamont  (2011-12-06 12:07:51)
                          Annulation ? par Cath...o  (2011-12-06 19:09:57)
                              merci de cette précision dans les termes par blamont  (2011-12-06 19:26:34)
                                  Cette fois ... par Cath...o  (2011-12-06 19:33:21)
                                      Je ne vois pas le rapport entre le faire part de divorce par castelrey  (2011-12-07 10:56:15)
                      Comme le Christ par Paterculus  (2011-12-06 21:10:28)
                      Irrévocabilité par Meneau  (2011-12-07 13:07:42)
                          Dura lex, sed lex, c'est chrétien? par Babakoto  (2011-12-07 13:48:26)
                              Mais ce n'est pas un contrat par Jeanne Smits  (2011-12-07 16:17:00)
                                  Différence entre alliance et contrat par Babakoto  (2011-12-07 17:52:49)
                                      Contrat et alliance par Jeanne Smits  (2011-12-07 19:03:03)
                                          Merci pour vos éclaircissements par Babakoto  (2011-12-08 11:27:46)
                                              Les hommes tissent et Dieu bénit leur vêtement par Glycéra  (2011-12-08 12:35:25)
                                      Rome a parlé par Babakoto  (2011-12-08 17:49:46)
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