Trahison de Vatican II et dialectique révolutionnaire chez nos "laïcs engagés". par Lux 2011-11-30 17:16:25 |
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Voici un nouvel article passionnant commentant le récent appel de Rouen et ce qu'il représente. L'analyse concerne en fait l'ensemble des revendications de prêtres et de laïcs engagés pour une "modernisation" de l'Eglise, particulièrement fréquentes ces temps-ci. Nous souhaitons que l’on dynamise fortement l’appel de diacres permanents, trop peu nombreux aujourd’hui, en particulier dans notre diocèse. C’est un acquis de Vatican II, insuffisamment exploité actuellement.
Si l'ensemble mérite d'être lu attentivement, j'apprécie tout particulièrement ce passage :
La preuve, s’il le fallait, en est la conception pour le moins étrange que les rédacteurs de la Lettre ont des ministères dans l’Eglise. On les voit en effet affirmer :
Il y a dans ces deux phrases tout ce que le manifeste rouennais contient de révolutionnaire, de négateur de l’autorité divine. Car voilà le diaconat, qui est tout de même un ordre sacré, désigné comme un acquis. Si l’on en croit le dictionnaire, un acquis est un « ensemble de bénéfices obtenus d'une action ». On ne saurait mieux dire l’invraisemblable renversement opéré par nos laïcs. De vocation de service[7], reçue surnaturellement de Dieu et de l’ordination conférée par l’évêque, le diaconat devient une conquête, un ensemble de bénéfices, dont l’on apprend de surcroît qu’il est « insuffisamment exploité » : c’est-à-dire insuffisamment mis en œuvre en vue de la prise de pouvoir dans les « communautés chrétiennes » par les « laïcs engagés et formés ».
Raisonner en terme d’ « acquis », c’est reprendre la dialectique révolutionnaire qui scrute l’histoire en y distinguant une succession d’avantages inaliénables retirés de haute lutte au patronat. Il y avait les « acquis sociaux », les acquis obtenus dans la lutte pour la « libération » des femmes ; il faudra y ajouter désormais les acquis ecclésiaux. Voilà le diaconat mis au service d’une singulière lutte des classes introduites dans l’Eglise – comme si le prolétariat laïc était en lutte contre le patronat clérical. Il faut bien croire que le communisme demeure dans l’Eglise l’horizon indépassable de la pensée.
A la place du service, de la charité, de l’esprit de sacrifice, les « laïcs catholiques du diocèse de Rouen » ont donc mis un ministère privé de toute attache surnaturelle, conçu seulement comme le moyen de leur influence, qu’il convient d’exploiter davantage – que l’on considère seulement les mots employés par la Lettre. On ne pouvait mieux pervertir l’idée chrétienne de ministère, si clairement exprimée par Notre-Seigneur Jésus-Christ : Le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir (Mt XX, 28). On ne pouvait en un mot mieux substituer à l’esprit de l’Evangile celui de la Révolution.
Lux
PS : Pour XA : c'est sciemment que je n'ai pas publié ce message à la suite de votre message sur l'article de Paris Normandie. En effet, l'article que je cite ne mentionne aucunement celui de Paris Normandie. Il traite de l'appel de Rouen en tant que tel, mais appelle à une réflexion beaucoup plus large, si bien que j'ai pensé qu'il pouvait mériter un fil à lui tout seul.
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