pourquoi l'ambiguïté plaît à certains catholiques par Theonas 2011-11-04 09:38:18 |
|
Imprimer |
Les manifestations contre la pièce blasphématoire de Roméo Castellucci ont provoqué une polémique interne à l’Eglise catholique. Un évêque ( Mrg Vingt-Trois, celui-là même qui a invité un rabbin à prêcher le carême à Notre Dame), un prêtre ( l’abbé Grosjean) et deux journalistes catholiques(Myriam Picard et Jacques de Guillebon) ont notamment écrit que cette pièce, par sa nature ambiguë, présentait certaines qualités qui permettaient à chacun d’être interpellé, chrétien et non-chrétien. L’auteur lui-même a revendiqué cette ambigüité « Je fais un théâtre du questionnement, de l’inquiétude, qui joue sur l’ambiguïté. Et tout est ambigu dans Sur le concept du visage du fils de Dieu : Jésus, la merde, qui est aussi de la lumière…. » « Il y a un rapport entre le blasphème dans ce spectacle parce qu’on est en face du visage de Jésus, mais il n’y a aucune provocation. Parce que le blasphème c’est un rapport avec la divinité, c’est une forme de prière, et je crois qu’on peut imaginer ce plan séquence comme une prière. Même s’il y a un aspect blasphème mais au fond, je crois qu’il s’agit d’un appel. »( Conférence de presse du 19 juillet 2011 – Festival d’Avignon.) L’abbé Tanoüarn, commentant cette pièce, a pour sa part écrit « Son message est clair : rien n’est sacré, ni le Christ, ni la paternité du père, ni la filiation du fils. La paternité du père n’est pas sacrée parce qu’elle est dégueulasse ; la filiation du fils n’est pas sacrée parce qu’elle est impuissante. Le fils a les mains purs mais il n’a pas de mains. Il est lui-même l’image du Christ qu’il embrasse. Il ne vaut pas plus que le père et sa merde, puisqu’il ne s’impose pas à lui. »
Cette pièce se complait donc dans un nihilisme scatologique puéril qui prétend engloutir le visage du Christ. Mais, perverse au suprême degré, elle n’ose clairement exposer le fond de sa pensée et trouve refuge dans l’argument de l’ambiguïté pour laisser entendre que chacun peut y mettre ce qu’il veut. Sa symbolique nihiliste scatologique est par là-même invitée à venir alimenter la réflexion des catholiques. En réalité elle ne vient naturellement pas l’alimenter mais la déformer. C’est par ce biais que la logique nihiliste s’infiltre dans les consciences de certains catholiques.
Certains ont accusé l’abbé Grosjean et les journalistes Guillebon et Piccard d’être des collabos. L’accusation est à mon sens outrancière(*). Mais il est une question qui mérite d’être posée : pourquoi certains catholiques trouvent leur compte dans une pareille ambiguïté?
la suite sur ESCHATON
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|