“Une illusion meurtrière” (Abbé Berto) par Vianney 2011-10-27 17:21:50 |
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Extrait d’une lettre de l’Abbé à ses anciens élèves de Pontcalec (27 avril 1968) :
Car la fraternité humaine, recherchée sans ou contre la fraternité chrétienne, est une chimère, une illusion meurtrière. Ceux qui la prêchent sont de dangereux personnages, qui ne sont jamais arrivés qu’à livrer aux hommes de sang et aux nations de proie les naïfs qui ont cru à l’avènement de la « non-violence ». Imaginez qu’on laisse la France un mois sans gendarmes, parce qu’après tout, les voleurs et les assassins sont nos frères, et que la suppression (les gendarmes va les rendre tous plus gentils les uns que les autres. Au bout du mois, les prédicants de la « non-violence » seront les premiers à réclamer le rétablissement des gendarmes, et il en faudra plus que jamais, tant le nombre des voleurs et des assassins aura augmenté pendant ce mois de « fraternité ». A cause du péché originel, des péchés personnels de chacun, de l’action des mauvais anges, et des précurseurs de l’Antéchrist, l’homme est beaucoup plus porté à être un loup pour l’homme qu’un frère, et cette triple cause d’égoïsme, de haine et de crime ne sera jamais vaincue tout à fait qu’à la fin des temps, par le retour en gloire de Notre-Seigneur : elle ne peut l’être, partiellement, que par ceux qui l’aiment et aiment leur prochain à cause de lui. Il n’y aura jamais de « fraternité humaine » que celle qui sera identique à la charité chrétienne.Source : Notre-Dame de Joie, N.E.L., 1974, p. 316-317.
— Alors, la paix universelle n’arrivera que par la conversion universelle ?
— Oui.
— Mais cela n’arrivera jamais !
— Non.
— Mon Père, vous n’êtes pas encourageant.
— Ni décourageant non plus : la vérité ne décourage jamais. C’est l’illusion qui est décourageante, parce qu’elle ne mène qu’à des déceptions qui vous cassent bras et jambes. Dieu ne permettra jamais que les hommes se suffisent en le laissant de côté. Les hommes de mon âge ont déjà vu dans le court espace d’une génération, deux rééditions de la tour de Babel. Après la guerre de 1914, fut fondée « la Société des Nations ». En 1920, étant professeur de l’enseignement d’Etat, j’eus ordre, avec tous mes collègues, de faire aux élèves une conférence à la louange de la « S.D.N. ». Je fis la conférence, mais en avertissant mes élèves que la « S.D.N. » maçonnique et foncièrement antichrétienne, finirait par une guerre des nations. Je reçus un blâme officiel du ministre. Mais vingt ans après, mes pauvres garçons devenus des hommes étaient précipités dans la catastrophe de 1940. On aurait dû comprendre : pas du tout. On a recommencé. Incroyable mais vrai ! ça s’appelle maintenant « l’O.N.U. » : nouvelle Babel, encore plus impuissante que la première, et pour la même raison : on n’y veut pas de Jésus-Christ.
— Mais on y a pourtant invité le Pape ?
— Oui, mais pas comme Vicaire de Jésus-Christ, seulement comme le représentant d’une société importante, mais qu’on ne veut pas tenir comme divine. Si le Pape était venu annoncer Jésus-Christ, on l’aurait mis dehors. Aussi, il a beau crier : « Plus jamais de guerre, plus jamais ! », il n’y a pas eu et il n’y aura pas un coup de canon de moins. L’O.N.U. veut la paix et elle ne veut pas du Prince de la paix. Elle se débat dans cette contradiction ; le résultat est qu’à son nez et à sa barbe, on s’entretue plus allègrement que jamais.
— Décidément, vous êtes de plus en plus décourageant.
— Non, puisque je dis la vérité, la vérité dont l’Ecriture est remplie, la vérité constatable tous les jours dans les événements. Jamais le monde ne sera fraternel, mais nous pouvons et nous devons travailler à le rendre un peu plus fraternel, non pas en cherchant la « fraternité » comme un bien directement accessible, mais en cherchant le règne de Dieu, selon la parole de Notre-Seigneur « Cherchez d’abord le règne de Dieu et sa justice, et le reste vous viendra par-dessus le marché ».
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