Allô la terre, ici la station spatiale, me recevez-vous? par le torrentiel 2011-10-24 23:00:31 |
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Vous dites que la réception de mon message précédent a été brouillée.
La réception, pas l'émission, on est d'accord, on fait comme ça?
J'ai parlé, dans un premier temps, de la réaction grégaire qu'il m'a semblé percevoir à l'écoute (pas au visionnage, mon écran étant soudain devenu noir et ne me faisant distinguer que de la neige, noir et blanc, si vous voulez,, ) de la vidéo, des spectateurs du théâtre de la ville, qui avaient l'air de vouloir avant tout que leur pièce reprenne et qu'on disperse les trouble-fête pour un motif que j'ai supposé vénal: "j'ai payé, je veux mon dû, donnez-moi mon dû; ceux qui contestent, foutez-les dehors, qu'ils nous fichent la paix, je suis con...sommateur, je les somme de sortir, allez houste!"
J'ai dit ensuite qu'il semblait ne pas se compter un seul poète parmi ces spectateurs pour sortir avec les arrêtés, non parce qu'ils étaient nécessairement d'accord avec eux, mais parce qu'ils étaient écoeurés de cette réaction bourgeoise, de ce conformisme insurrectionnel, poussif dehors des insurgés qui, comme l'évoquait un autre intervenant, après tout, ne faisaient qu'une performance, si ce public était allé au bout de la logique de l'art contemporain qu'ils avaient l'air de priser en allant voir cette pièce.
Pour déplorer l'absence de ce poète selon mon coeur, j'ai cité Marina tsvetaieva:
("Le poète est un contre-bourgeois")
dont j'ai indiqué qu'un montage de ses poèmes et lettres se donnait au théâtre des abbesses, montage que j'ai beaucoup aimé en regrettant, après la pièce, d'où l'excursus qui a suivi, de m'être enfui coomme un voleur sans aller féliciter la demoiselle actrice, sans prendre un verre avec elle au milieu des spectateurs, pour qu'eux et moi ne soyons pas de purs récepptacles tapageurs à la fin du spectacle, qui s'en retournent vacquer à leurs mondanités quand la séance est suspendue (faites évacuer la salle), comme si une pièce ne devait imprégner qu'à la surface leurs âmes diverties.
C'est en pensant à la solitude de l'acteur que j'ai posé mes deux dernières questions, celles que vous n'avez pas comprises, la terre, qui ont été brouillées, qui ne sont pas passées...
L'acteur a été payé d'applaudissements, pas d'admiration. Il a donné son âme dans une mise en scène incarnée, on ne l'en a pas remercié par des paroles. L'on a fait comme un vulgaire client d'une boîte à strip-tease qui va voir se déshabiller une âme et ne prend pas la fille sur ses genoux, car ça ne se fait pas au moulin rouge, mais non plus la peine de remercier la meneuse de revue, en tout bien tout honneur.
Nous avons poussé l'acteur, ici l'actrice, à la prostitution du corps à cause de la solitude qui suit l'exhibition de son âme. Nous l'avons poussée, pas en vrai, mais si l'on s'en rapporte à la réputation de "petite vertu" qu'on fait souvent aux acteurs et... aux actrices.
M'avez-vous mieux reçu, la terre? y avait-il moins de brouillage sur la fréquence? Etes-vous sur la même longueur d'ondes?
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