Le renouveau dans la continuité, mais lequel et laquelle ? par Scrutator Sapientiæ 2011-10-22 09:16:41 |
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Bonjour le torrentiel,
Je me permets de vous renvoyer au discours du 22 décembre 2005 :
" D'un côté, il existe une interprétation que je voudrais appeler "herméneutique de la discontinuité et de la rupture"; celle-ci a souvent pu compter sur la sympathie des mass media, et également d'une partie de la théologie moderne."
Je crois inutile de dire que ma modeste et prudente vision des choses, placée sous le signe de l'herméneutique du renouveau sans la continuité, n'aura jamais la sympathie des mass media, ni celle d'une partie de la théologie moderne, puisqu'elle n'est pas totalement "rupturiste", comme je m'en suis expliqué hier soir.
" D'autre part, il y a l'"herméneutique de la réforme", du renouveau dans la continuité de l'unique sujet-Eglise, que le Seigneur nous a donné; c'est un sujet qui grandit dans le temps et qui se développe, restant cependant toujours le même, l'unique sujet du Peuple de Dieu en marche. "
Je crois également inutile de dire que ceux qui opposent l'herméneutique de la réforme à l'herméneutique du renouveau dans le continuité, qui plus est en prenant appui sur Benoît XVI, en se réclamant de son discours du 22 décembre 2005, ou bien ne savent pas lire, en général, ou bien ne savent pas lire Benoît XVI, dans ce discours, en particulier.
Au surplus, la question n'est pas tant celle du renouveau, DANS la continuité, de l'unique sujet-Eglise, que celle du renouveau, SANS la continuité, de plusieurs objets, que l'Eglise a vocation à recevoir et à transmettre, qu'elle reçoit peut-être toujours autant qu'avant, mais qu'elle ne transmet sûrement plus autant qu'avant : c'est cela, et pas autre chose, le patrimoine de la Tradition.
Encore une fois, au Concile, il y a eu ce que l'on a pris bien soin de dire, mais il y a eu également ce que l'on a pris grand soin de taire : presque tout ce qui exposait au risque de déplaire à presque tous.
En d'autres termes, la question n'est pas tant celle du renouveau dans la continuité de l'Eglise, en tant que sujet historique, que celle de la transmission, dans la continuité, de son message et de son mystère, qui sont, pour ainsi dire, des objets "pneumatiques".
La question centrale et cruciale n'est pas la ligne chronologique - horizontale, avec un Concile qui serait chargé d'assurer l'interfaçage et l'interphasage, entre ce qu'il y a eu avant, et ce qu'il y a eu après.
La question vitale, pour l'Eglise, est la ligne axiologique - verticale, avec, ou plutôt sans, un Concile qui aurait dû contribuer davantage à continuer, c'est le cas de le dire, à faire descendre la patrimoine de la Tradition, depuis le Ciel jusqu'à la Terre, y compris dans les aspects et enjeux non consensuels, mais, au contraire, offensants et provocants, aux yeux du monde, du message et du mystère.
Mais le Concile d'aspirations et d'inspiration en assez grande partie oecuménistes que nous avons eu n'était pas bâti, n'était pas taillé, pour maintenir en plénitude l'assez grande part de dissensus qui est consubstantielle, à plusieurs titres, au christianisme catholique.
C'est bien là que se trouve toute la différence
- entre l'irénisme réaliste, réaliste dans l'ordre du diagnostic formulé ; iréniste, dans l'ordre de la prescription rédigée ;
- et le dramatisme prophétique, qui est consciemment et volontairement "dramatisateur", dans l'établissement de ses constatations ; "prophétisateur", dans la formalisation de sa remédiation, ou plutôt du Médiateur, puisqu'il s'agit du Christ lui-même.
Bonne réception, bonne lecture, bonne journée, ce message étant une tentative de réponse au vôtre, au moyen d'une tentative de clarification de ma propre position.
Scrutator.
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