une fusion fantasmagorique et dangereuse sauf dans un siècle par Luc Perrin 2011-10-04 22:24:58 |
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Je partage l'inquiétude de Vassilissa. Dans un avenir proche que pourrait être une "fusion" si ce n'est un absorption pure et simple, Summorum Pontificum réduit à la "parenthèse miséricordieuse" d'antan de Mgr Garnier et du cardinal Re.
Pour l'instant, la Forme ordinaire dans son acception la plus débridée est la norme partout à 95% si ce n'est plus dans la plupart des pays, rares sont les exceptions à la Polonaise et parfois ici ou là aux Etats-Unis par exemple.
Dans ces conditions, il est particulièrement irréfléchi d'imaginer une quelconque messe pie-paul ou hybride 1962/2002. Une goutte d'encre pure dans un océan d'eau ne teintera pas l'eau ...
D'autant plus que la réforme du Novus Ordo n'a pas même commencé ! Pire la seule retouche effectuée sous le pape Benoît XVI est une nouvelle multiplication des possibles pour les formules de congédiement de l'assemblée. Bref du Bugnini à 100 %, on attendait autre chose en matière liturgique.
Le principal point positif, la nouvelle traduction bien meilleure, du missel en anglais s'appliquera en novembre. Mais cela ne concerne pas le fond, le missel latin officiel demeure avec tous ses défauts, défauts reconnus par Joseph Ratzinger avant son élection au souverain pontificat.
En bref, si le voeu de Mgr Pozzo doit avoir un sens, cela supposerait une "rupture" radicale avec l'immobilisme actuel, que d'un coup la Congrégation pour le culte divin sorte de sa torpeur et que des documents de vraie réforme voient le jour, même si l'on veut agir graduellement. Quand on part de zéro, le chemin est long à parcourir.
Au-delà pour qu'une telle réforme soit plausible et viable, cela supposerait un terreau pour l'accueillir. Or là encore, rien n'a été fait : a-t-on avancé dans l'enseignement de la liturgie dans les séminaires et Facultés, y compris à Rome ? Où sont les évêques nommés qui font du sauvetage de la liturgie leur souci majeur ? Quel est le poids d'Adoremus (USA) et de Pro Liturgia (France), associations ô combien méritoires et qui parfois obtiennent un petit résultat isolé ? Faible, très faible.
Le jeune clergé en Occident, c'est moins net ailleurs, est ouvert à la lecture ratzingérienne en matière de liturgie, cela est vrai mais que pèse ce jeune clergé, quand on voit le triste abandon du curé Michel dans le diocèse d'Evreux, abandon jusque là cautionné par Rome ?
Je fais ici le bilan du négatif, le triomphe intact du néo-liturgisme ; il y a un minuscule positif avec quelques gestes symboliques (messes papales) qui n'engagent personne. Force est de constater qu'à ce rythme si lent, l'échéance d'un siècle n'est pas excessive. Disons 50 ans si l'on est très optimiste et que Rome se réveille vite, très vite même pour avancer une toute petite réformette. Donc la fusion n'est pas pour demain à moins que d'aucun souhaite dissoudre la Forme extraordinaire ce qui, à mon sens, n'est pas à l'ordre du jour. La cohabitation des deux Formes ne peut que servir si elle se prolonge suffisamment et s'amplifie avec bien plus de lieux avec la messe traditionnelle et, enfin, un enseignement mais hélas Universae Ecclesiae (2011) a reculé sur ce point.
nb. un point plus encourageant : retenu à domicile dimanche, j'ai écouté la messe sur France culture retransmise de Saint-Louis d'Antin (Paris). Remarquable chorale grégorienne, kyriale et même le Pater noster. Voilà qui est assez rare pour être cité et loué. Merci M. le Curé et au staff des émissions religieuses.
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