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Je vous rejoins, il ne faut pas légiférer
par le torrentiel 2011-09-06 09:56:55
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et même dans le cas que je vous ai soumis, l'écoute de l'équipe médicale a été constante, y compris quand j'ai soulevé la question du bien-fondé de la réanimation cardiaque de mon père (puisqu'il s'agissait de lui) malgré le réflexe médical d'urgence, qui ne permettait pas d'avoir le temps de réfléchir.


Le néphrologue qui le traitait m'a répondu du tac au tac :

"Vous pensez que nous avons frisé l'acharnement thérapeutique ?"

Sa question n'avait rien d'agressif et ma réponse non plus.


Quant à mon père, qui était quand même le principal concerné, un jour où, à la fois il avait un "coup de mou" et où il avait assez de forces pour oser le dire, il a organisé une réunion de famille où était présente, y compris ma mère dont il était séparé depuis vingt-cinq ans, mais qui s'en est occupée jusqu'à la fin, pour nous demander si nous pensions qu'il devait continuer et où ma mère a trouvé la bonne question à lui poser :

"As-tu peur de la mort ?" (autrement dit, te sens-tu prêt à mourir?)


Sa réponse fut qu'il avait peur, ce qui mettait fin au débat.


Mais il y a deux dangers dans cette affaire : légiférer et particulariser à outrance.


C'est pourquoi il me semble que une vraie réflexion devrait être menée pour essayer d'établir à partir de quand, objectivement et de manière générale, on maintient quelqu'un en vie grâce à un plateau technique ou l'on compte sur les ressources de son corps pour porter, ne serait-ce qu'un tout petit peu, sa vie.


Si l'on élargit le problème, Marc Androniikov avait en son temps posé la question des critères du constat du décès, qui ont aujourd'hui changé et qui font dater la mort du moment où l'électroencéphalogramme est plat, au mépris de toutes les traditions religieuses, qui ont toujours conditionné la mort à l'arrêt du coeur, ce qui jette un grand doute sur la légitimité du don d'organe, doute dont je suis bien malheureux, mais qu'on se doit de lever si l'on recherche la vérité. Car cette question est à la fois éthique et clinique.


Enfin, s'il s'agit que les chrétiens se fassent bien entendre dans ce débat difficile et pour qu'ils n'apparaissent pas une fois de plus comme de simples empêcheurs de mourir, la bouche en coeur, il faudrait que l'Eglise remette au goût du jour sa distinction entre euthanasie et acharnement thérapeutique et qu'elle répète qu'elle est contre l'un et l'autre, c'est-à-dire qu'elle ne prend pas le seul parti de la souffrance, elle qui a été la première à soulager les mourants par des soins précurseurs de ce qu'on n'appelait pas encore les soins paliatifs.

     

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