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Suite et fin de cette tentative relative à Dignitatis Humanae.
par Scrutator Sapientiæ 2011-08-24 12:05:42
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Rebonjour,

Voici :

" 6. Le bien commun de la société – ensemble des conditions de vie sociale permettant à l’homme de parvenir plus pleinement et plus aisément à sa propre perfection (y compris dans sa dimension surnaturelle ?) – consistant au premier chef dans la sauvegarde des droits et des devoirs de la personne humaine, le soin de veiller au droit à la liberté religieuse incombe tant aux citoyens qu’aux groupes sociaux, aux pouvoirs civils, à l’Église et aux autres communautés religieuses, de la manière propre à chacun, en fonction de ses devoirs envers le bien commun.

(Mais le soin de veiller à la mise en œuvre du devoir de chercher et de suivre la vérité religieuse n’incombe-t-il donc pas également, sinon, peut-être, aux groupes sociaux et aux pouvoirs civils en tant que tels, du moins, sans doute, aux citoyens et à l’Église en tant que telle, de la manière propre à chacun, en fonction de ses devoirs envers le bien commun et envers Dieu ?)

C’est pour tout pouvoir civil un devoir essentiel que de protéger et promouvoir les droits inviolables de l’homme.

(Encore une fois, s’il s’agit bien de droits inviolables, s’agit-il bien d’un homme infaillible ?).

Le pouvoir civil doit donc, par de justes lois et autres moyens appropriés,

- assumer efficacement la protection de la liberté religieuse de tous les citoyens,

et

- assurer des conditions favorables au développement de la vie religieuse,

en sorte

- que les citoyens soient à même d’exercer effectivement leurs droits et de remplir leurs devoirs religieux,

et

- que la société elle-même jouisse des biens de la justice (uniquement envers les hommes ou également envers Dieu ?) et de la paix (minimalement sans le Christ ou optimalement dans le Christ ?) découlant de la fidélité (naturelle ou surnaturelle ?) des hommes envers Dieu et sa sainte volonté.

Si, en raison des circonstances particulières (lesquelles ?) dans lesquelles se trouvent certains peuples (lesquels ?), une reconnaissance civile spéciale est accordée (par principe pérenne ou par exception ponctuelle ?), dans l’ordre juridique de la cité, à une communauté religieuse donnée, il est nécessaire qu’en même temps, pour tous les citoyens et toutes les communautés religieuses, le droit à la liberté en matière religieuse soit reconnu et sauvegardé.

(Mais n’est-il donc pas également nécessaire qu’en même temps, pour tous les citoyens et toutes les communautés religieuses, le devoir de chercher puis de suivre la vérité, en matière religieuse, soit, lui aussi, reconnu et sauvegardé, proclamé et valorisé, sinon par l’Etat, du moins par l’Eglise ?)

Enfin, le pouvoir civil doit veiller à ce que l’égalité juridique des citoyens, qui relève elle-même du bien commun de la société, ne soit jamais lésée, de manière ouverte ou occulte, pour des motifs religieux, et qu’entre eux aucune discrimination ne soit faite.

Il s’ensuit qu’il n’est pas permis au pouvoir public, par force, intimidation ou autres moyens, d’imposer aux citoyens la profession ou le rejet de quelque religion que ce soit, ou d’empêcher quelqu’un de s’agréger à une communauté religieuse ou de la quitter.

A fortiori, c’est agir contre la volonté de Dieu et les droits sacrés de la personne et de la famille des peuples que d’employer la force, sous quelque forme que ce soit (donc sous la forme de la contrainte juridico-politique comme sous celle de l’emprise médiatico-symbolique ?), pour détruire la religion (la religion, en général, existe-t-elle ?) ou lui faire obstacle, soit dans tout le genre humain, soit en quelque région, soit dans un groupe donné.

(Sous cet angle là, tout Etat athéocratique ou théocratique, asservissant ou discriminant, est-il donc illégitime, y compris un Etat aconfessionnel hédoniste ou un Etat confessionnel islam-iste ?)

7. C’est dans la société humaine que s’exerce le droit à la liberté en matière religieuse, aussi son usage est-il soumis à certaines normes qui le règlent.

Dans l’usage de toute liberté doit être observé le principe moral de la responsabilité personnelle et sociale : la loi morale (notamment ou seulement ?) oblige tout homme et groupe social à tenir compte, dans l’exercice de leurs droits, des droits d’autrui, de leurs devoirs envers les autres et du bien commun de tous. À l’égard de tous, il faut agir avec justice et humanité.

(Avec justice uniquement envers les hommes ou également envers Dieu ?).

(Mais, dans la relation à toute vérité, ne doit-il pas être observé un principe spirituel de disponibilité, à tout le moins personnelle ? Ce principe n’oblige t-il pas, non pas juridiquement, mais « pneumatiquement », toute personne humaine, à se rendre disponible, pour accomplir sa vocation, dans sa relation à la vérité, objective et transcendante, en matière de religion, en la cherchant, afin de la trouver, là où elle est vraiment, puis en la trouvant, afin de la suivre ?)

En outre, comme la société civile a le droit de se protéger contre les abus (pourquoi et comment ?) qui pourraient naître sous prétexte de liberté religieuse (mais qui dira ce que sont ces abus et que c'est sous ce prétexte ?), c’est surtout au pouvoir civil qu’il revient d’assurer cette protection ; ce qui ne doit pas se faire arbitrairement et en favorisant injustement l’une des parties,

- mais selon des normes juridiques, conformes à l’ordre moral objectif (apparemment impératif), (mais pas conformes à un ordre religieux objectif possiblement facultatif ?) qui sont requises par l’efficace sauvegarde des droits de tous les citoyens et l’harmonisation pacifique de ces droits (mais qui donc en sera le meilleur juge ?),

et

- par un souci adéquat de cette authentique paix publique qui consiste dans une vie vécue en commun sur la base d’une vraie justice (uniquement celle due aux hommes, ou également celle due à Dieu ?), ainsi que par la protection due à la moralité publique.

Tout cela constitue une part fondamentale du bien commun et entre dans la définition de l’ordre public. Au demeurant, il faut (sans davantage de précautions ou de précisions ?) observer la règle générale de la pleine liberté dans la société, selon laquelle on doit

- reconnaître à l’homme le maximum de liberté

et

- ne restreindre celle-ci que lorsque c’est nécessaire et dans la mesure où c’est nécessaire.

(Mais un maximum de liberté sans la vérité, dans l’ordre juridico-politique, contribue t’il ou contrevient-il à un optimum de liberté dans la vérité, dans l’ordre pneumatico-religieux ? Qui dira ce que sera une restriction nécessaire ? Et pourquoi une restriction ne serait-elle pas exactement nécessaire, dans l’ordre juridico-politique, notamment parce qu’elle serait également salutaire, dans l’ordre pneumatico-religieux ?).

8. De nos jours (pourquoi : « de nos jours » et pourquoi pas : « depuis toujours » ?), l’homme est exposé à toutes sortes de pressions (lesquelles ?) et court le danger d’être privé de son libre jugement personnel (par qui ou par quoi, pourquoi et comment ?).

Mais nombreux sont, d’autre part, ceux qui, sous prétexte de liberté (mais qui dira si c’est sous prétexte ?), rejettent toute sujétion (juridico-politique et/ou pneumatico-religieuse ?) et font peu de cas de l’obéissance requise (à qui et à quoi ?).

C’est pourquoi ce Concile du Vatican s’adresse à tous, mais tout particulièrement à ceux qui ont mission d’éduquer les autres, pour les exhorter à former (pourquoi et comment ?)

- des hommes qui, dans la soumission à l’ordre moral (lequel ?), sachent obéir à l’autorité légitime (laquelle ?) et aient à cœur la liberté authentique (laquelle ?) ;

- des hommes qui, à la lumière de la vérité (laquelle ?), portent sur les choses un jugement personnel (d’une manière a priori inerrante ?), agissent en esprit de responsabilité, et aspirent à tout ce qui est vrai et juste (d’une manière par principe infaillible ?), en collaborant volontiers avec d’autres.

C’est donc un des fruits (effectivement mesuré et observé ?) et des buts (officiellement souhaité ou supposé ?) de la liberté religieuse (quid des autres buts et des autres fruits ?) que d’aider les hommes à agir avec une plus grande responsabilité dans l’accomplissement de leurs devoirs (y compris en matière religieuse ?) au cœur de la vie sociale. "

Je vous remercie par avance pour toute remarque ou suggestion, en précisant que si je donne l'impression de "pinailler", sur la forme, c'est dans l'espoir de mieux "questionner", sur le fond.

Et pour finir, j'insère ci-dessous et commente en une phrase la citation suivante de Jean-Paul II (n° 102 de Fides et Ratio) :

" Par une telle insistance sur l'importance et sur les véritables dimensions de la pensée philosophique, l'Eglise promeut à la fois la défense de la dignité de l'homme et l'annonce du message évangélique. Pour accomplir ces tâches, il n'y a pas en effet de préparation plus urgente aujourd'hui que celle-ci : conduire les hommes à la découverte de leur capacité de connaître la vérité et de leur désir d'aller vers le sens ultime et définitif de l'existence. Dans la perspective de ces profondes exigences, inscrites par Dieu dans la nature humaine, le sens humain et humanisant de la parole de Dieu paraît encore plus clair. Grâce à la médiation d'une philosophie devenue une vraie sagesse, l'homme contemporain parviendra ainsi à reconnaître qu'il sera d'autant plus homme qu'il s'ouvrira davantage au Christ, en mettant sa confiance dans l'Evangile. "

Vous remarquerez qu'il n'a pas écrit (ce qui est, au demeurant, son droit le plus strict) :

"Pour accomplir ces tâches, il n'y a pas en effet de préparation plus urgente aujourd'hui que celle-ci: conduire les hommes à la connaissance de la vérité et à celle du sens ultime et définitif de l'existence."

Compte tenu du fait que cette phrase est la seule de Fides et Ration à renvoyer explicitement à Dignitatis Humanae, on me permettra de croire qu'il y a "une petite différence" entre la formulation "ascendante" "intentionnaliste" ou "personnaliste" qui est celle de Jean-Paul II, et une formulation plus "descendante", "entitativiste" et "théologale".

Bonne journée.

Scrutator.

     

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 Plaidoyer en faveur d'une herméneutique interrogative et interpellatrice. par Scrutator Sapientiæ  (2011-08-24 09:40:23)
      C'est un peu les Dubia. par Meneau  (2011-08-24 11:43:53)
          Merci beaucoup - Quelques précisions. par Scrutator Sapientiæ  (2011-08-24 12:57:32)
      Suite et fin de cette tentative relative à Dignitatis Humanae. par Scrutator Sapientiæ  (2011-08-24 12:05:42)


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