18 Août: Quatrième jour dans l'Octave (Bréviaire) par Alexandre 2011-08-17 21:10:36 |
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<i>Assomption de la Vierge</i>,
par Annibal Carracci (Musée du Prado, Madrid)
Le 18 Août
<b>QUATRIÈME JOUR DANS L’OCTAVE DE L’ASSOMPTION</b>
N.B. : Cette octave a été supprimée en 1955. Les textes donnés ci-après ont été en vigueur de 1951 à 1955.
Premier Nocturne
<b>Du Cantique des Cantiques</b> (trad. L.-Cl. Fillion)
<i>Leçon i</i>
(<i>Ct</i> 4, 7-9.12) Tu es toute belle, mon amie, et il n’y a pas de tache en toi. Viens du Liban, mon épouse, viens du Liban; viens, tu seras couronnée; du sommet d’Amana, de la cime du Sanir et de l’Hermon, des tanières des lions, des montagnes des léopards. Tu as blessé mon cœur, ma sœur, mon épouse, tu as blessé mon cœur par un de tes yeux et par un cheveu de ton cou. Ma sœur, mon épouse est un jardin fermé; elle est un jardin fermé, une fontaine scellée.
<i>Leçon ii</i>
(<i>Ct</i> 6, 3.8-9; 8, 5) Tu es belle, ô mon amie, suave, et belle comme Jérusalem, terrible comme une armée rangée en bataille. Elle est unique, ma colombe, ma parfaite; elle est l’unique de sa mère, la préférée de celle qui lui a donné le jour. Les jeunes filles l’ont vue, et elles l’ont proclamée bienheureuse; les reines et les autres femmes l’ont vue, et l’ont comblée de louanges. Quelle est celle-ci qui s’avance comme l’aurore à son lever, belle comme la lune, éclatante comme le soleil, terrible comme une armée rangée en bataille? Quelle est celle-ci qui monte du désert, enivrée de délices, appuyée sur son bien-aimé?
<i>Leçon iii</i>
(<i>Ct</i> 8, 6-7) Je t’ai éveillée sous le pommier; c’est là que ta mère t’a conçue, là que celle qui t’a donné le jour t’a enfantée. Mets-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras, car l’amour est fort comme la mort, et le zèle de l’amour inflexible comme l’enfer; ses lampes sont des lampes de feu et de flamme. Les grandes eaux n’ont pu éteindre l’amour, et les fleuves ne le submergeront point. Quand un homme donnerait toutes les richesses de sa maison pour l’amour, il les mépriserait comme un rien.
Deuxième Nocturne
<b>De la Constitution Apostolique du pape Pie XII</b>
(Bulle dogmatique <i>Munificentissimus Deus</i> [1er Nov. 1950]. Texte latin : <i>AAS</i> 42 [1950], pp. 767-768 ; trad. française : <i>DC</i> 47 [1950], col. 1486)
<i>Leçon iv</i>
Les arguments et considérations des Saints Pères et des théologiens s’appuient sur les Saintes Lettres comme sur leur premier fondement. Celles-ci nous proposent, comme sous nos yeux, l’auguste Mère de Dieu dans l’union la plus étroite avec son divin Fils et partageant toujours son sort. C’est pourquoi il est impossible de considérer Celle qui a conçu le Christ, l’a mis au monde, nourri de son lait, porté dans ses bras et serré sur son sein, séparée de lui, après cette vie terrestre, sinon dans son âme, du moins dans son corps. Puisque notre Rédempteur est le Fils de Marie, il ne pouvait certainement pas, lui qui fut l’observateur de la loi divine le plus parfait, ne pas honorer, avec son Père éternel, sa Mère très aimée. Or, il pouvait la parer d’un si grand honneur qu’il la garderait exempte de la corruption du tombeau. Il faut donc croire que c’est ce qu’il a fait en réalité.
<i>Leçon v</i>
Il faut surtout se souvenir que, depuis le IIe siècle, les Saints Pères proposent la Vierge Marie comme une Eve nouvelle en face du nouvel Adam et, si elle lui est soumise, elle lui est étroitement unie dans cette lutte contre l’ennemi infernal, lutte qui devait, ainsi que l’annonçait le protévangile (<i>Gn</i> 3, 15), aboutir à une complète victoire sur le péché et la mort, qui sont toujours liés l’un à l’autre dans les écrits de l’Apôtre des Nations (<i>Rm</i> 5-6 ; 1 <i>Co</i> 15, 21-26.54-57). C’est pourquoi, de même que la glorieuse Résurrection du Christ fut la partie essentielle de cette victoire et comme son suprême trophée, ainsi le combat commun de la Bienheureuse Vierge et de son Fils devait se terminer par la «glorification» de son corps virginal; car, comme le dit ce même Apôtre, «lorsque ce corps mortel aura revêtu l’immortalité, alors s’accomplira la parole qui est écrite: la mort a été engloutie dans sa victoire» (1 <i>Co</i> 15, 54).
<i>Leçon vi</i>
C’est pourquoi l’auguste Mère de Dieu, unie de toute éternité à Jésus-Christ, d’une manière mystérieuse, par un «même et unique décret» (Pie IX, bulle <i>Ineffabilis Deus</i> [8 déc. 1854]) de prédestination, immaculée dans sa conception, Vierge très pure dans sa divine Maternité, généreuse associée du Divin Rédempteur qui remporta un complet triomphe du péché et de ses suites, a enfin obtenu comme suprême couronnement de ses privilèges d’être gardée intacte de la corruption du sépulcre, en sorte que, comme son Fils, déjà auparavant, après sa victoire sur la mort, elle fut élevée dans son corps et dans son âme, à la gloire suprême du ciel où Reine, elle resplendirait à la droite de son fils, <i>Roi immortel des siècles</i> (Cf. 1 <i>Tim</i> 1, 17).
Troisième Nocturne
Lecture du saint Évangile selon saint Luc (1, 41-50)
<i>Leçon vii</i>
En ce temps-là, Élisabeth fut remplie de l’Esprit-Saint. Et dans un grand cri elle s’exclama: «Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni. Et d’où m’est-il accordé que la Mère de mon Seigneur vienne à moi? Car voici, dès que ta voix a frappé mon oreille, quand tu m’as saluée, l’enfant a tressailli de joie dans mon sein. Et tu es bienheureuse d’avoir cru; car ce qui t’a été dit de la part du Seigneur s’accomplira.» Et Marie dit: «Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit a tressailli d’allégresse en Dieu mon Sauveur, parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Car voici que, désormais, toutes les générations me diront bienheureuse, parce que celui qui est puissant a fait en moi de grandes choses, et son nom est saint; et sa miséricorde se répand d’âge en âge sur ceux qui le craignent.»
<b>Homélie de saint Pierre Damien</b>
(<i>En la Nativité de la B. Vierge Marie</i>. Texte latin: <i>PL</i> 144, 740 ; traduction d’Henri Tissot, <i>Les Pères vous parlent de l’Évangile</i>, t. 2 [1955], p. 367-369. Cette homélie n’a pas été retenue comme authentique par l’édition critique du <i>Corpus Christianorum series Latina</i>, vol. 57 [1983])
O Vierge Mère de Dieu, «dont le soleil et la lune admirent la beauté» (Ant. pour la fête de sainte Agnès), notre Dame, venez au secours de ceux qui sans cesse crient vers vous: «Revenez, revenez Sunamite, revenez, revenez afin que nous vous regardions» (<i>Ct</i> 6, 12). Vous qui êtes bénie et souverainement bénie, revenez par puissance. Le Tout-Puissant a fait en vous de grandes choses et toute puissance au ciel et sur la terre vous a été donnée (cf. <i>Mt</i> 28, 18). Rien ne vous est impossible, puisqu’il vous est possible de ramener les désespérés à l’espoir de la béatitude. Et comment pourrait s’opposer à votre puissance cette puissance, dont la chair a pris naissance de votre chair? Vous vous présentez en effet devant l’autel d’or de la réconciliation des hommes, non seulement en demandant mais en ordonnant, souveraine, non servante. Que la nature vous émeuve, que la puissance vous invite, car plus vous êtes puissante, plus vous devenez très miséricordieuse, et la gloire de la puissance c’est de ne vouloir pas se venger des injures quand elle en a le pouvoir. Revenez par l’amour. Je le sais, notre Dame, vous êtes très bienveillante et vous nous aimez d’un amour invincible, nous qu’en vous et par vous votre Fils et votre Dieu a aimés d’un amour souverain. Qui sait combien de fois vous apaisez la colère du Juge, puisque la vertu de la justice procède de la présence de la divinité?
<i>Leçon viii</i>
Revenez par votre singularité. En vos mains sont les trésors des miséricordes du Seigneur, et seule vous avez été choisie pour que vous soit accordée une telle faveur. Oh! que votre main n’hésite pas lorsque vous cherchez l’occasion de sauver des misérables et de répandre la miséricorde! Votre gloire en effet n’est pas amoindrie mais accrue, lorsque les pénitents sont admis au pardon, les justifiés à la gloire. «Revenez donc, ô Sunamite», – ou la dédaignée –, vous dont un glaive à transpercé l’âme (cf. <i>Lc</i> 2, 35) et qui avez été appelée l’épouse du charpentier (cf. <i>Mt</i> 13, 55). Pourquoi revenir? pour que nous vous regardions. Le comble de la gloire est de vous voir après Dieu, de s’attacher à vous, et de demeurer sous le regard de votre protection. Écoutez-nous, car votre Fils vous honore en ne vous refusant rien, lui qui est Dieu, béni dans les siècles des siècles. Amen.
<i>Leçon ix</i>
(Mémoire de saint Agapit, martyr. Cette mémoire a été supprimée du Calendrier romain général en 1969, parce que «bien qu’ancienne, [elle] est réservée aux Calendriers particuliers: les <i>Actes</i> de ce martyr, mis à mort à Palestrina, n’ont rien d’historique (<i>sunt omnino fabulosa</i>).» [trad. de <i>Calendarium Romanum</i> <1969>, p. 135])
Au temps où Aurélien gouvernait l’empire, et sur l’ordre de cet empereur, Agapit, de Préneste [actuelle Palestrina], âgé de quinze ans et très désireux du martyre, fut cruellement flagellé avec des nerfs de bœuf, à cause de son attachement à la religion; on le jeta ensuite dans un affreux cachot, où il passa quatre jours sans rien manger. A sa sortie de prison, on couvrit sa tête de charbons ardents; et comme il continuait de rendre grâces à Dieu, il fut frappé de nouveaux coups et suspendu par les pieds au-dessus d’un grand feu, afin d’être étouffé par la fumée. Alors on lui versa sur le ventre de l’eau bouillante et on lui brisa les mâchoires. A ce moment le juge tomba du haut de son tribunal et mourut peu après. Voyant cela, l’empereur, furieux, ordonna d’exposer aux bêtes le saint jeune homme, et comme elles n’osaient le toucher, il fut décapité à Préneste.
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