Pour aller plus loin par bbdg 2011-04-12 07:59:13 |
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Indépendamment de ses qualités ou de ses défauts personnels, Pilate incarne, au plus haut point, l'impuissance radicale de l'État devant les logiques de boucs émissaires qui le sous-tendent et qui sont démasquées par la Révélation.
Utiliser Pilate (ou les Juifs) comme boucs émissaires inversés et/ou comme mètre-étalon de toutes les trahisons, c'est n'avoir rien compris à la nature-même de la Révélation ni à la nouvelle articulation temporel-spirituel qui en découle.
C'est vouloir couper l'oreille du serviteur du Grand Prêtre.
Cette capacité infernale du politique à toujours retomber sur ses pieds en récupérant à son profit la révélation chrétienne (c'est la matrice de tous les totalitarismes) est presque aussi ancienne que le christianisme lui-même. J'ai toujours été frappé par cette anecdote que Michel Rouche raconte dans sa biographie de Clovis. Alors que l'on rapportait à ce-dernier l'histoire de la Passion : "Si j'avais été là avec mes Francs, dit-il, j'aurais vengé cette injure". Ce propos est peut-être apocryphe mais, le plus intéressant, c'est encore la remarque ajoutée par le clerc du VIIème siècle qui rapporte ces propos : "Par ces mots, montrant déjà sa foi, il affirme être un vrai chrétien".
De la "gesta Dei per Francos" à Auschwitz c'est toujours le même piège qui se déploie et dans lequel trop de catholiques tombent joyeusement.
Quant à moi, je me refuse à placer l'engagement politique sous le signe de la vengeance contre Pilate.
Mais cela nous emmène bien loin du sujet initial...
Benoît Girard
PS : Il faut lire à ce sujet Je vois Satan tomber comme l'éclair, de René Girard
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