à nuancer par Réginald 2026-09-29 00:17:29 |
|
Imprimer |
Je nuancerais vos affirmations.
Le Cérémonial des évêques reconnaît l'ambon comme lieu légitime de la proclamation des lectures. Il prévoit que l'épître soit chantée « du côté gauche de l'autel ou, là où c'est l'usage, à l'ambon » (livre II, ch. VIII, n° 40), et ajoute que, « s'il y a dans l'église des lutrins ou des ambons, l'Évangile pourra y être chanté » (n° 45). La proclamation au côté de l'autel n'est donc pas une nécessité théologique. Elle dépend largement de l'usage des lieux et de l'architecture des églises. On ne peut donc pas déduire de cette pratique que les lectures seraient principalement adressées à Dieu.
Les lectures ont pour fonction propre d'instruire le peuple : c'est l'instructio fidelis populi dont parle saint Thomas ( IIIa, q. 83, a. 4). Les anciens Ordines Romani invitent d'ailleurs les fidèles à se tenir debout en silence et à écouter attentivement (State cum silentio, audientes intente).L'Évangile est ensuite proclamé, puis immédiatement expliqué par le prêtre. Cette succession montre bien que la proclamation est ordonnée à l'écoute et à l'instruction des fidèles. Le concile de Trente le reconnaît lui aussi. Certes, « bien que la messe contienne un grand enseignement pour le peuple fidèle », les Pères n'ont pas jugé opportun qu'elle soit partout célébrée en langue vulgaire. Mais, loin de renoncer à cette instruction, ils demandent aux pasteurs d'expliquer fréquemment ce qui est lu à la messe, afin que « les brebis du Christ ne souffrent pas de la faim et que les petits ne demandent pas du pain sans que personne le leur rompe ».
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|