Et si nous nous réjouissions ? par Réginald 2026-09-26 22:54:07 |
|
Imprimer |
Des centaines de milliers de personnes se pressent pour voir le pape ? Les foules ne prouveraient rien. Des dizaines de milliers de jeunes remplissent un stade pour entendre parler du Christ et des saints ? Woodstock catho. Une veillée remet à l'honneur les saints de France et leurs reliques ? Puy du Fou bas de gamme. Des prêtres confessent en pleine rue sur les Champs-Élysées ? Dès demain, la vie paroissiale reprendra son cours. Notre-Dame résonne de nouveau des vêpres, Lourdes attend le pape, on parle avec joie des vocations et des baptêmes d'adultes ? Effet de loupe. Surtout, ne pas s'enthousiasmer.
Entendons-nous : tout n'est pas réglé. Il existe des liturgies médiocres, des prédications indigentes, des décisions ecclésiales discutables et une crise profonde de la transmission. Personne de sérieux ne prétend que quelques jours de voyage pontifical auraient effacé soixante ans de déchristianisation et de crise de l’Église de France.
Mais depuis quand faudrait-il que tout soit résolu pour avoir le droit de se réjouir de ce qui est bon ?
Car enfin, des jeunes qui se confessent sur les Champs-Élysées, ce n'est pas rien. Des reliques offertes à la vénération d'une foule de jeunes, ce n'est pas rien. Des saints proposés comme modèles, ce n'est pas rien. Une foule immense qui entend parler de l'amour du Christ, de la Vierge Marie, de la conversion, de la sainteté et de la vie éternelle, ce n'est pas rien. Et cela va bien au-delà de la mozette, de la paramentique ou de la communication.
La question du sort fait à la liturgie traditionnelle est réelle, et je ne la minimise pas. Mais ce qui a été proposé à ces jeunes, ce n'est pas d'abord le vocabulaire synodal. Ce sont les reliques, la confession, les saints, les vêpres, la prière : autant de réalités que la tradition n'a jamais cessé de défendre.
Le réalisme chrétien n'a rien à voir avec la sinistrose. Il consiste à regarder la crise en face sans détourner les yeux des signes d'espérance. Il invite même à une question plus féconde que la déploration : pourquoi tant de jeunes se montrent-ils aujourd'hui sensibles à ce qu'on croyait démodé, les saints, les reliques, les pèlerinages, la confession, la beauté liturgique, une identité catholique assumée ?
On peut critiquer ce qui doit l'être. On peut espérer davantage. On peut rester inquiet pour l'avenir. Mais lorsque, au cœur d'une société profondément sécularisée, des jeunes font la queue sur les Champs-Élysées pour recevoir le pardon de Dieu, la réaction la plus catholique n'est sans doute pas de chercher d'abord ce qui cloche.
On peut aussi, de temps en temps, rendre grâce.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|