"Benoît XVI et Vatican II condamnent la révolution synodale de Léon XIV" par Vistemboir2 2026-07-31 12:33:53 |
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Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 31 juillet 2026 sur The Remnant sous le titre : « Benedict XVI and Vatican II Condemn Leo XIV’s Synodal Revolution »
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Les propres paroles de Benoît XVI déconstruisent les arguments du Vatican contre la FSSPX. Si l'on compare ses déclarations à la position actuelle de Léon XIV sur la Tradition, Vatican II et la synodalité, on constate que la critique de Benoît XVI s'applique davantage au Vatican d'aujourd'hui qu'à Mgr Lefebvre.
Comme il l'a déclaré avant que la FSSPX ne procède aux consécrations épiscopales sans son approbation, Léon XIV estime que le véritable problème de la FSSPX réside dans son refus de certains enseignements du Concile Vatican II :
« Certes, la division parmi les chrétiens est toujours une chose douloureuse. Mais ils refusent d'accepter certains éléments fondamentaux de l'Église, à commencer par divers points du Concile Vatican II. Et s'ils font ces choix, je le regrette. Mais nous devons aller de l'avant. »
« Le concile Vatican II n'a pas été considéré comme faisant partie intégrante de la Tradition vivante de l'Église, mais comme une fin de la Tradition, un nouveau départ. En réalité, ce concile n'a défini aucun dogme et a délibérément choisi de rester modeste, comme un simple concile pastoral ; or, beaucoup le traitent comme s'il s'était érigé en une sorte de superdogme qui efface toute l'importance du reste. Cette idée est renforcée par les événements actuels. Ce qui était auparavant considéré comme le plus sacré – la forme de la liturgie transmise – apparaît soudain comme la chose la plus interdite qui soit, la seule chose qu'on puisse proscrire sans risque. »
« La question suivante apparaît: pourquoi l'accueil du Concile, dans de grandes parties de l'Eglise, s'est-il jusqu'à présent déroulé de manière aussi difficile? Eh bien, tout dépend de la juste interprétation du Concile ou - comme nous le dirions aujourd'hui - de sa juste herméneutique, de la juste clef de lecture et d'application. Les problèmes de la réception sont nés du fait que deux herméneutiques contraires se sont trouvées confrontées et sont entrées en conflit. L'une a causé de la confusion, l'autre, silencieusement mais de manière toujours plus visible, a porté et porte des fruits. D'un côté, il existe une interprétation que je voudrais appeler "herméneutique de la discontinuité et de la rupture"; celle-ci a souvent pu compter sur la sympathie des mass media, et également d'une partie de la théologie moderne. D'autre part, il y a l'"herméneutique de la réforme", du renouveau dans la continuité de l'unique sujet-Église, que le Seigneur nous a donné ; c'est un sujet qui grandit dans le temps et qui se développe, restant cependant toujours le même, l'unique sujet du Peuple de Dieu en marche. »
« L'herméneutique de la discontinuité risque de finir par une rupture entre Eglise préconciliaire et Eglise post-conciliaire. Celle-ci affirme que les textes du Concile comme tels ne seraient pas encore la véritable expression de l'esprit du Concile. Ils seraient le résultat de compromis dans lesquels, pour atteindre l'unanimité, on a dû encore emporter avec soi et reconfirmer beaucoup de vieilles choses désormais inutiles. Ce n'est cependant pas dans ces compromis que se révélerait le véritable esprit du Concile, mais en revanche dans les élans vers la nouveauté qui apparaissent derrière les textes: seuls ceux-ci représenteraient le véritable esprit du Concile, et c'est à partir d'eux et conformément à eux qu'il faudrait aller de l'avant. Précisément parce que les textes ne refléteraient que de manière imparfaite le véritable esprit du Concile et sa nouveauté, il serait nécessaire d'aller courageusement au-delà des textes, en laissant place à la nouveauté dans laquelle s'exprimerait l'intention la plus profonde, bien qu'encore indistincte, du Concile. En un mot : il faudrait non pas suivre les textes du Concile, mais son esprit. De cette manière, évidemment, il est laissé une grande marge à la façon dont on peut alors définir cet esprit et on ouvre ainsi la porte à toutes les fantaisies. »
« Je ne citerai ici que les célèbres paroles de Jean XXIII, dans lesquelles cette herméneutique est exprimée sans équivoque, lorsqu'il dit que le Concile "veut transmettre la doctrine de façon pure et intègre, sans atténuation ni déformation" et il poursuit : "Notre devoir ne consiste pas seulement à conserver ce trésor précieux, comme si nous nous préoccupions uniquement de l'antiquité, mais de nous consacrer avec une ferme volonté et sans peur à cette tâche, que notre époque exige... Il est nécessaire que cette doctrine certaine et immuable, qui doit être fidèlement respectée, soit approfondie et présentée d'une façon qui corresponde aux exigences de notre temps. En effet, il faut faire une distinction entre le dépôt de la foi, c'est-à-dire les vérités contenues dans notre vénérée doctrine, et la façon dont celles-ci sont énoncées, en leur conservant toutefois le même sens et la même portée" »
« 83. Je rejette donc toute conception évolutive du dogme selon laquelle les vérités révélées changeraient de signification au cours de l’histoire. Il peut y avoir au sein de l’Église un progrès homogène dans l’intelligence, qui perçoit mieux, de façon plus distincte et plus explicite, le sens de la vérité révélée ; mais jamais une mutation du sens de cette vérité. Ce qui a déjà été enseigné par le Magistère vivant de l’Église enseignante, et cru dans la profession de foi de l’Église enseignée, ne peut devenir faux ; ce qui a été condamné comme contraire à la foi ne peut devenir légitime ; ce qui appartient à la constitution divine de l’Église ne peut être remodelé selon les catégories du monde moderne ou le contexte historico-culturel. »
« Je voudrais maintenant ajouter encore un troisième point : c’était le Concile des Pères – le vrai Concile –, mais c’était aussi le Concile des media. C’était presqu’un Concile en soi, et le monde a perçu le Concile à travers eux, à travers les media. Donc le Concile immédiatement efficace qui est arrivé au peuple, a été celui des media, non celui des Pères. (...) Il était évident que les media prendraient position pour la partie qui leur apparaissait convenir le plus avec leur monde. Il y avait ceux qui cherchaient la décentralisation de l’Église, le pouvoir pour les évêques et puis, à travers la parole “Peuple de Dieu”, le pouvoir du peuple, des laïcs. Il y avait cette triple question : le pouvoir du Pape, transféré ensuite au pouvoir des évêques et au pouvoir de tous, la souveraineté populaire. Naturellement, pour eux, c’était la partie à approuver, à divulguer, à favoriser. Et ainsi aussi pour la liturgie : la liturgie comme acte de foi n’intéressait pas, mais comme quelque chose où se font des choses compréhensibles, quelque chose de l’activité de la communauté, une chose profane. Et nous savons que c’était une tendance qui se fondait aussi historiquement, à savoir : la sacralité est une chose païenne, éventuellement aussi de l’Ancien Testament. (...) Nous savons combien ce Concile des media fut accessible à tous. Donc, c’était celui qui dominait, le plus efficace, et il a créé tant de calamités, tant de problèmes, réellement tant de misères : séminaires fermés, couvents fermés, liturgie banalisée… et le vrai Concile a eu de la difficulté à se concrétiser, à se réaliser ; le Concile virtuel était plus fort que le Concile réel. Mais la force réelle du Concile était présente et, au fur et à mesure, il se réalise toujours plus et devient la véritable force qui ensuite est aussi vraie réforme, vrai renouvellement de l’Église. Il me semble que, 50 ans après le Concile, nous voyons comment ce Concile virtuel se brise, se perd, et le vrai Concile apparaît avec toute sa force spirituelle. »
« Il y avait ceux qui cherchaient la décentralisation de l’Église, le pouvoir pour les évêques et puis, à travers la parole “Peuple de Dieu”, le pouvoir du peuple, des laïcs. Il y avait cette triple question : le pouvoir du Pape, transféré ensuite au pouvoir des évêques et au pouvoir de tous, la souveraineté populaire. »
« 127. Dans les assemblées ecclésiales (régionales, nationales, continentales), les membres, qui expriment et représentent la diversité du Peuple de Dieu (y compris les évêques), participent au discernement qui permettra aux évêques, collégialement, de prendre les décisions auxquelles ils sont tenus en vertu du ministère qui leur a été confié. Cette expérience montre comment la synodalité permet d'articuler concrètement l'implication de tous (le peuple saint de Dieu) et le ministère de quelques-uns (le collège des évêques) dans le processus de décision concernant la mission de l'Église[…] 129. Pour parvenir à une « "décentralisation" salutaire » (EG 16) et à une inculturation efficace de la foi, il est nécessaire non seulement de reconnaître le rôle des Conférences épiscopales, mais aussi de réévaluer l'institution des Conciles particuliers, provinciaux et pléniers[…] 134. La réflexion sur l'exercice du ministère pétrinien dans une perspective synodale doit être menée dans la perspective de la "décentralisation" salutaire (EG 16), encouragée par le Pape François et demandée par de nombreuses Conférences épiscopales. Dans la formulation donnée par la Constitution apostolique Praedicate Evangelium, cela implique de « laisser à l acompétence des pasteurs la faculté de résoudre dans l'exercice de "leur propre fonction d’enseignement" et de pasteurs, les questions qu'ils connaissent bien et qui ne touchent pas à l'unité de doctrine, de discipline et de communion de l'Église, en agissant toujours avec cette coresponsabilité qui est le fruit et l'expression de ce mysterium communionis spécifique qu'est l'Église (PE II, 2). »
« 79. Je rejette pareillement les conceptions synodales qui tendent à transformer l’Église hiérarchique en une structure consultative, parlementaire ou démocratique, soumise aux opinions fluctuantes du peuple chrétien ou aux pressions du monde. La conscience collective des fidèles, les enquêtes pastorales, les sensibilités culturelles et les attentes du monde ne sont pas des sources de la Révélation. L’écoute légitime des âmes ne peut jamais devenir une adaptation continuelle de la vie de l’Église, de sa doctrine et de sa constitution divine à l’esprit du monde, sous prétexte d’interpréter le « sensus fidei »du peuple de Dieu. »
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