Rome-Ecône, après la guerre, la négociation ? par Aliocha 2026-07-09 12:21:33 |
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Paix liturgique 9 juillet 2026
Ecône, 1er juillet, consécration devant une foule immense de quatre évêques. Rome, 2 juillet, déclaration de l’excommunication en vrac des consacrants, des consacrés, des prêtres de la FSSSPX et de tous les fidèles qui adhèrent au « schisme » par le cardinal Fernandez, Préfet de la Congrégation des pour la Doctrine de la Foi. En un mot, la guerre.
Je vais alors émettre une idée toute bête. Qui dit guerre dit négociation, pour établir la paix sur de bonnes bases. Car il y a un temps pour se battre, et il y a un temps pour traiter. Pourquoi ne viendrait pas le temps de la négociation d’une paix liturgique ? Chose apparemment irréalisable à cette heure, d’autant que le nœud est celui du Concile et de la liturgie qui l’exprime. Or, il n’est pas pensable qu’aujourd’hui on puisse varier.
Seul le magistère vivant, réinvestissant l’infaillibilité, sera un jour en mesure de trancher définitivement le débat. C’est d’ailleurs un aspect du problème : le silence du magistère infaillible. Cependant, en attendant, les deux parties auraient tout intérêt à établir un modus vivendi.
Rome y aurait intérêt du fait des valeurs conciliaires qu’elle proclame. Elle ne peut en rester à l’excommunication de grand-papa, œcuménisme oblige. Bien plus encore qu’avec les orthodoxes, les anglicans, les luthériens, elle est tenue de dialoguer, d’évaluer ce qui la sépare d’avec la FSSPX, de travailler à passer de la « communion imparfaite » à une « pleine communion », selon les concepts élaborés par Vatican II. Et franchement, personne ne peut comprendre que Rome accepte tout de la part de catholiques manifestement dévoyés, comme par exemple les fidèles et les évêques du Chemin synodal allemand, ou encore des organisations catho-lgbt, qu’elle accepte de négocier avec eux, de trouver des arrangements, alors qu’elle n’en propose aucun avec ceux qui prennent des mesures pour continuer à croire comme avant et à célébrer comme avant.
Ecône aussi y aurait intérêt. Certes, elle sait, en voyant les tribulations des ex-Ecclesia Dei, combien de déconvenues encourent ceux qui font confiance à la Rome d’aujourd’hui et combien de couleuvres ils doivent avaler. Mais dans l’état actuel, qui peut durer longtemps, il lui faut tout de même garder le contact et éviter le retrait dans une tour d’ivoire pour préparer l’avenir. Le cardinal Avenile, dans un entretien du Figaro donné à Jean-Marie Guénois, le 24 juin 2022, citait malicieusement une déclaration de Mgr Fellay du 7 juin 2012 : « L’un des dangers majeurs [pour la FSSPX] est de finir par inventer une idée de l’Église qui paraît idéale, mais qui ne se trouve pas en fait dans l’histoire réelle de l’Église. Certains prétendent que pour travailler “en sécurité” dans l’Église, il faut préalablement qu’elle soit nettoyée de toute erreur. […] Or les saints réformateurs ne l’ont pas quittée pour combattre ces erreurs. ».
Concrètement, il faut donc accepter de trouver un modus vivendi sans parler pour l’instant de Vatican II. Le cardinal Aveline, dont le poids est très grand aujourd’hui à Rome, disait d’ailleurs dans le même entretien : « À ce jour, il me semble que le plus important n’est pas de tenter de parvenir à un accord doctrinal, auquel Benoît XVI lui-même avait fini par renoncer. »
En fait, comme dans les négociations qu’on qualifie d’asymétriques, menées entre deux belligérants dont l’un est faible et l’autre fort, pour arriver à un résultat provisoire, il faut que le fort offre des garanties solides et que le faible accepte la prise de risque consistant de sortir de son camp retranché. Ici, qu’il accepte de « faire l’expérience de la tradition », comme disait Mgr Lefebvre, non plus aux marges mais au milieu.
Le Droit canonique a l’avantage d’une extrême souplesse et est capable d’une grande inventivité. Il pourrait par exemple s’agir de donner à la FSSPX, comme à une Église orientale uniate, la possibilité de nommer ses évêques, auxquels Rome accorderait automatiquement la communion, et de jouir généralement d’une suffisante autonomie disciplinaire. Ce qu’aurait à concéder en contrepartie la FSSPX serait d’accepter le risque d’une certaine mixtion (entre mille exemples, ses évêques iraient célébrer des confirmations et ordinations hors les murs et des prêtres étrangers à la FSSPX viendraient célébrer selon le rite traditionnel dans ses apostolats).
On me dira que, dans mon hypothèse, Rome donnerait presque tout et Ecône presque rien. Quand on connaît les uns et les autres, c’est loin d’être évident. On me dira surtout que je rêve tout haut et que personne ne peut aujourd’hui m’entendre. Mais demain peut-être ? Demain, la paix liturgique. Patience…
Paix liturgiue
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