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« Dieu a-t-il permis la crise de l'Église pour un bien supérieur ? La FSSPX et la Divine Providence »
par Vistemboir2 2026-06-05 17:38:20
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Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 1er juin 2026 sur The Remnant sous le titre : «Did God Allow the Church Crisis for a Greater Good? The SSPX and Divine Providence »
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Dieu a-t-il permis la crise au sein de l'Église catholique dans un but supérieur ? Les troubles qui ont suivi Vatican II suivent un schéma familier dans l'histoire du salut : l'ordre de Dieu, la rébellion de l'homme, les souffrances qui en résultent – et l'opportunité d'une fidélité héroïque… La crise actuelle pourrait-elle elle-même faire partie du plan providentiel de Dieu pour la restauration de la Tradition ?

Dans son ouvrage This Tremendous Lover [Cet Amant Extraordinaire] , Dom Eugene Boylan écrit que l'un des schémas de l'histoire du salut réside dans la manière dont Dieu permet le mal afin de produire un bien plus grand :

« Son dessein initial était que nous soyons heureux ici-bas et qu'après une période d'épreuve, nous entrions dans une éternité de bonheur auprès de Lui au ciel. Ce dessein pour notre bonheur terrestre a été rejeté, mais Il a daigné faire des souffrances mêmes de notre condition déchue un moyen par lequel nous pouvons gagner un bonheur encore plus grand au ciel. En un mot, si le second dessein de Dieu – si l'on peut dire – est plus difficile pour nous, il peut aussi nous être plus profitable, car il offre davantage d'occasions de pratiquer les vertus et nous donne une source de force plus abondante pour les exercer. « Mais là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rm 5,20). Ce point sera repris dans la discussion sur les conséquences de nos propres péchés… Pour le moment, il suffit d’attirer l’attention sur le modèle ainsi établi et d’observer que la sagesse infinie de Dieu est telle qu’Il ne permettrait que Son plan soit rejeté que s’Il prévoyait qu’Il obtiendrait un plus grand bien en le faisant. » (p. 12).


Nos premiers parents ont rejeté le plan de Dieu, ce qui a engendré une grande souffrance. Mais si nous coopérons avec la grâce de Dieu pour surmonter les maux engendrés par le péché originel, « nous pouvons gagner un bonheur encore plus grand au ciel ». Dom Boylan y voyait un modèle de l’amour que Dieu nous porte. De manière générale, ce modèle comprend : (a) l’ordre ou le plan de Dieu, (b) une transgression de cet ordre ou de ce plan, (c) les souffrances résultant de cette transgression, et (d) une occasion pour les âmes fidèles de plaire à Dieu et de « gagner un bonheur encore plus grand au ciel » en coopérant avec Sa grâce pour surmonter ces souffrances.

Dieu ne permettrait que Son plan soit rejeté que s'Il prévoyait qu'Il en retirerait un plus grand bien.

L’expérience répétée de ce schéma dans notre propre vie spirituelle nous permet d’apprécier non seulement les paroles de saint Paul citées plus haut par Dom Boylan, mais aussi celles de la même Épître aux Romains : « Nous savons d'ailleurs que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son éternel dessein. » (Rm 8,28). Cette perspective surnaturelle est particulièrement importante en temps de crise et de confusion, comme celle que nous traversons depuis plus de soixante ans. En temps de paix, on peut simplement s’efforcer de mener une vie vertueuse sans nécessairement chercher à comprendre pourquoi Dieu permet certains maux au sein de l’Église. Mais en temps de crise, nos convictions instinctives sur certains sujets peuvent devenir erronées et nous éloigner de Dieu. Ainsi, par exemple, nous ne pouvons plus nous fier uniquement au Vatican pour nous guider vers la vérité et nous éloigner de l’erreur. Face à cette situation tragique, nous devons redoubler d’efforts pour discerner la volonté de Dieu.

C’est pourquoi il est peut-être utile de réfléchir à la manière dont le modèle décrit par Dom Boylan pourrait s’appliquer à la crise actuelle de l’Église catholique. Bien sûr, nous ne pouvons connaître avec certitude la « pensée de Dieu » au sens où nous pourrions expliquer avec exactitude et confiance tous les actes de la Providence en lien avec cette crise. Cependant, il est indéniable qu’en observant la réalité avec les yeux de la foi, nous pouvons discerner comment la Divine Providence semble manifester Sa gloire et rapprocher d’Elle les âmes durant cette crise. Ainsi, en suivant le modèle décrit par Dom Boylan, nous pouvons tenter de comprendre comment Dieu a utilisé cette crise pour faire jaillir le bien du mal.

L’Ordre de l’Église établi par Dieu

Pour évaluer la crise actuelle, quelques passages de l’encyclique Satis Cognitum de Léon XIII (29  juin 1896) sur l’unité de l’Église sont particulièrement pertinents. La section 9, sous-titrée « Toute vérité révélée, sans exception, doit être acceptée », contient les vérités essentielles suivantes :

• « Pénétrée à fond de ses principes et soucieuse de son devoir, l’Église n’a jamais rien eu de plus à cœur, rien poursuivi avec plus d’effort, que de conserver de la façon la plus parfaite l’intégrité de la foi. C’est pourquoi elle a regardé comme des rebelles déclarés, et chassé loin d’elle tous ceux qui ne pensaient pas comme elle, sur n’importe quel point de sa doctrine. »

• « Telle a été toujours la coutume de l’Église, appuyée par le jugement unanime des saints Pères, lesquels ont toujours regardé comme exclu de la communion catholique et hors de l’Église quiconque se sépare le moins du monde de la doctrine enseignée par le magistère authentique. »

• « Car telle est la nature de la foi que rien n’est plus impossible que de croire ceci et de rejeter cela. L’Église professe, en effet, que la foi est une vertu surnaturelle par laquelle, sous l’inspiration et avec le secours de la grâce de Dieu, nous croyons que ce qui nous a été révélé par Lui est véritable : nous le croyons, non point à cause de la vérité intrinsèque des choses vue dans la lumière naturelle de notre raison, mais à cause de l’autorité de Dieu Lui-même qui nous révèle ces vérités, et qui ne peut ni Se tromper ni nous tromper ». Si donc il y a un point qui ait été évidemment révélé par Dieu et que nous refusions de le croire, nous ne croyons absolument rien de la foi divine. »

• « C’est donc, sans aucun doute, le devoir de l’Église de conserver et de propager la doctrine chrétienne dans toute son intégrité et sa pureté. »

Contrairement aux formulations complexes et ambiguës qui ont caractérisé les documents de Rome sur ce sujet depuis le Concile, ces paroles de l’encyclique de Léon XIII de 1896 sont parfaitement claires. Dieu a confié à l’Église catholique la mission de préserver et de défendre l’intégrité et la pureté de la Foi. Quiconque « se sépare le moins du monde de la doctrine enseignée par le magistère authentique » est hors de l’Église. Que cela nous plaise ou non n’y change rien : tel est l’ordre établi par Dieu, et il serait offensant pour Dieu de chercher à promouvoir l’unité des chrétiens en renversant cet ordre.

La crise au sein de l'Église n'est pas la preuve que Dieu a abandonné Son peuple ; elle peut être la preuve qu'Il l'appelle à une plus grande fidélité.

Outre ces passages de la section 9 de Satis Cognitum relatifs à la vérité révélée que l'Église doit toujours défendre, il convient de considérer des passages de la section 11, sous-titrée « L'Autorité suprême fondée par le Christ » :

• « Quelle est cette souveraine puissance à laquelle tous les chrétiens doivent obéir ; de quelle nature est-elle ? On ne peut le déterminer qu’en constatant et en connaissant bien qu’elle a été sur ce point la volonté du Christ. Assurément, le Christ est le roi éternel, et éternellement, du haut du ciel, Il continue à diriger et à protéger invisiblement Son royaume ; mais, puisqu’Il a voulu que ce royaume fût visible, Il a dû désigner quelqu’un pour tenir Sa place sur la terre, après qu’Il serait lui-même remonté au ciel.(…) De la même façon, parce qu’Il devait soustraire à l’Église Sa présence corporelle, il a donc fallu qu’Il désignât quelqu’un pour prendre à Sa place le soin de l’Église universelle. C’est pour cela qu’Il a dit à Pierre avant Son ascension : « Pais mes brebis » (S. Thomas, Contra gentiles, lib. IV, cap.76). »

• « Jésus-Christ a donc désigné Pierre comme chef de l’Église ; et il a également décrété que l’autorité instituée à perpétuité pour le salut de tous serait transmise à ses successeurs, en qui se perpétuerait la même autorité permanente que celle de Pierre lui-même. C’est pourquoi il a fait cette promesse remarquable à Pierre et à lui seul : « Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (Mt 16,18). »

Le Christ est l’autorité suprême pour toujours, mais il a désigné un « vicaire sur terre » pour être chef de son Église : saint Pierre et ses successeurs. Le rôle du pape est de préserver fidèlement les trésors que Dieu a donnés à l’Église. Dans le cadre de notre analyse de la crise, tel est l’ordre voulu par Dieu pour l’Église.

La violation de l’ordre divin pour l’Église

Dieu n’a certes pas voulu que saint Pierre et ses successeurs soient parfaits ; on ne saurait donc imaginer que chaque manquement d’un pape constitue une violation grave de l’ordre divin. Toutefois, il est indéniable que les papes ne peuvent perpétuer des erreurs anti-catholiques sans enfreindre l’ordre divin pour l’Église. Pour déterminer si la crise actuelle constitue une violation de l'ordre divin, il convient de se référer à la dernière encyclique d'envergure condamnant les erreurs anti-catholiques, Humani Generis de Pie XII, du 12 août 1950. Cette encyclique contenait les avertissements suivants :

• « En ce qui concerne la théologie, le propos de certains est d'affaiblir le plus possible la signification des dogmes et de libérer le dogme de la formulation en usage dans l'Église depuis si longtemps et des notions philosophiques en vigueur chez les Docteurs catholiques, pour faire retour, dans l'exposition de la doctrine catholique, à la façon de s'exprimer de la Sainte Écriture et des Pères. Ils nourrissent l'espoir que le dogme, ainsi débarrassé de ses éléments qu'ils nous disent extrinsèques à la révélation, pourra être comparé, avec fruit, aux opinions dogmatiques de ceux qui sont séparés de l'unité de l'Église: on parviendrait alors à assimiler au dogme catholique tout ce qui plaît aux dissidents.  »

• « Bien plus, lorsque la doctrine catholique aura été réduite à un pareil état, la voie sera ouverte, pensent-ils, pour donner satisfaction aux besoins du jour en exprimant le dogme au moyen des notions de la philosophie moderne, de l'immanentisme, par exemple, de l'idéalisme, de l'existentialisme ou de tout autre système à venir. (...) Ils ajoutent que l'histoire des dogmes consiste à exprimer les formes variées qu'a revêtues la vérité successivement selon les diverses doctrines et selon les systèmes qui ont vu le jour tout au long des siècles. »

• « Voilà pourquoi négliger, rejeter ou priver de leur valeur tant de biens précieux qui au cours d'un travail plusieurs fois séculaire des hommes d'un génie et d'une sainteté peu commune, sous la garde du magistère sacré et la conduite lumineuse de l'Esprit-Saint, ont conçus, exprimés et perfectionnés en vue d'une présentation de plus en plus exacte des vérités de la foi, et leur substituer des notions conjecturales et les expressions flottantes et vagues d'une philosophie nouvelle appelées à une existence éphémère, comme la fleur des champs, ce n’est pas seulement pécher par imprudence grave, mais c'est faire du dogme lui-même quelque chose comme un roseau agité par le vent. »

Pie XII décrivait ici précisément l’état de la théologie qui prévaut à Rome depuis l’époque de Jean XXIII. Car, comme le soulignait Pie XII, le Saint-Esprit avait guidé l’Église dans la formulation et la sauvegarde des vérités de la Foi ; tout rejet de ces vérités par des hommes prétendant représenter la hiérarchie ecclésiastique constituerait une grave offense envers Dieu.

Allons-nous suivre ceux qui violent l’ordre de Dieu, ou coopérer avec la grâce de Dieu pour le préserver ?

Douze ans après la publication par Pie XII de l'encyclique Humani Generis, destinée à protéger l'Église catholique contre certaines erreurs menaçant de saper les fondements de la doctrine catholique, le discours d'ouverture du concile Vatican II, prononcé par Jean XXIII, annonçait à l'Église et au monde un changement :

« L’Église n’a jamais cessé de s’opposer à ces erreurs. Elle les a même souvent condamnées, et très sévèrement. Mais aujourd’hui, l’Épouse du Christ préfère recourir au remède de la miséricorde, plutôt que de brandir les armes de la sévérité. Elle estime que, plutôt que de condamner, elle répond mieux aux besoins de notre époque en mettant davantage en valeur les richesses de sa doctrine. Certes, il ne manque pas de doctrines et d’opinions fausses, de dangers dont il faut se mettre en garde et que l’on doit écarter ».


Les erreurs qui menaçaient la Foi n'avaient pas reculé d'un iota depuis Humani Generis, mais Jean XXIII décida que désormais, l'Église ne les condamnerait plus. Oui, Notre Seigneur avait chargé saint Pierre et ses successeurs de défendre le troupeau contre les loups, mais Jean XXIII, plus avisé, décida d'orienter l'Église dans une autre direction.

Et, au cas où certains n'auraient pas saisi la portée de ses paroles inaugurant Vatican II, Jean XXIII marqua d'un trait d'affirmation sa décision en nommant comme experts au Concile certains théologiens dont l'œuvre avait été condamnée (sans toutefois les nommer) par Pie XIII dans Humani Generis. Dans son ouvrage Vatican II-une histoire qu’il fallait écrire, le professeur Roberto de Mattei relate la surprise de nombreux participants conciliaires lorsqu'ils apprirent certaines nominations de Jean XXIII à la Commission préparatoire :

« Jean XXIII nomma Congar et de Lubac consulteurs de la Commission préparatoire. Il semble que leurs noms avaient été suggérés par des conservateurs, tels que le père Franz Hürth (…) cela suscita une certaine surprise chez beaucoup de participants, parmi lesquels Mgr Marcel Lefebvre, qui écrivait au cardinal Ottaviani : “En effet les noms des pères de Lubac et Congar sont à juste titre des noms qui évoquent des oppositions à la pensée de l'Église et en particulier à l'encyclique Humani generis. Comment ces théologiens d’esprit moderniste ont pu être désignés ? Nous nous le demandons.” » (p. 224).

C'était clair alors, et plus clair encore aujourd'hui : Jean XXIII a délibérément et publiquement rejeté les protections que Dieu avait accordées à l'Église par l'intermédiaire de Pie XII et de ses prédécesseurs. Même si cela avait parfaitement fonctionné — et que l’orthodoxie et la dévotion s’en trouvaient considérablement accrues — la décision de Jean XXIII aurait néanmoins constitué une profonde déviation par rapport à l’ordre divin. On ne tarda pas à savoir si Dieu bénirait cette transgression.

Mgr Lefebvre avait compris que les malheurs qui ont suivi Vatican II n'étaient pas une raison de baisser les bras, mais un appel à lutter pour la Tradition.

Les souffrances engendrées par la transgression de l’ordre divin pour l’Église

En 1968, Paul VI déclarait à propos de la crise manifeste qui secoue l’Église :

« L’Église traverse aujourd’hui une période d’inquiétude. Certains se livrent à l’autocritique, voire à l’autodestruction. C’est comme un bouleversement intérieur profond et complexe, auquel personne ne s’attendait après le Concile. On pensait à un épanouissement, à une expansion sereine des concepts mûris lors de la grande assemblée conciliaire. Cet aspect existe aussi dans l’Église, il y a bien un épanouissement, mais [...] c'est l'aspect douloureux qui ressort davantage. L'Église est également touchée par ceux qui en font partie. » (Discours aux membres du séminaire pontifical lombard du 7 décembre 1968).


Quelques années plus tard, Paul VI décrivait la crise avec encore plus d'inquiétude :

« Devant la situation de l’Église d’aujourd’hui, nous avons le sentiment que par quelque fissure la fumée de Satan est entrée dans le peuple de Dieu. Nous voyons le doute, l’incertitude, la problématique, l’inquiétude, l’insatisfaction, l’affrontement. On n’a plus confiance dans l’Église. On met sa confiance dans le premier prophète profane venu qui vient à nous parler de la tribune d’un journal ou d’un mouvement social, et on court après lui pour lui demander s’il possède la formule de la vraie vie, sans penser que nous en sommes déjà en possession, que nous en sommes les maîtres. Le doute est entré dans nos consciences, et il est entré par des fenêtres qui devraient êtres ouvertes à la lumière (..) Dans l’Église également règne cet état d’incertitude. On croyait qu’après le Concile le soleil aurait brillé sur l’histoire de l’Église. Mais au lieu de soleil, nous avons eu les nuages, la tempête, les ténèbres, la recherche, l’incertitude. Nous prêchons l’œcuménisme, et nous nous séparons toujours davantage les uns des autres. Nous cherchons à creuser des abîmes au lieu de les colmater. » (Homélie du 29 juin 1972 À l’occasion du IXe anniversaire de son couronnement).


Plus près de nous, Benoît XVI déclarait ceci à propos de la crise lors de son dernier discours au clergé de Rome :

« Nous savons combien ce Concile des media fut accessible à tous. Donc, c’était celui qui dominait, le plus efficace, et il a créé tant de calamités, tant de problèmes, réellement tant de misères : séminaires fermés, couvents fermés, liturgie banalisée… et le vrai Concile a eu de la difficulté à se concrétiser, à se réaliser ; le Concile virtuel était plus fort que le Concile réel. » (14 février 2013).


On pourrait ajouter bien d’autres déclarations faisant autorité, mais ces trois suffisent à démontrer l’ampleur et la gravité de la misère qui suivit Vatican II.

Il est toutefois important de noter que relativement peu de catholiques de nom semblent percevoir cette misère. Cela s’explique en grande partie par le fait que nombre de ceux qui furent les plus alarmés après le concile quittèrent l’Église. Qui resta ? Ceux qui étaient satisfaits du nouvel ordre restèrent généralement sans se plaindre, n’en voyant guère de raisons. Un plus petit nombre de catholiques, profondément affectés par les changements, restèrent également, s'efforçant de résister aux réformes anti-catholiques.

Une occasion pour les âmes fidèles de surmonter ces épreuves

L'un des membres les plus éminents de ce groupe de catholiques attristés par ces épreuves, Mgr Lefebvre, déclarait en ces termes à propos de la crise de 1976 :

« Il serait assurément faux de dire que je ne souffre pas de mes difficultés avec le Vatican ou que je ne suis pas sujet à l'angoisse. Je ne suis pas différent des autres hommes. Chacun, à certains moments de sa vie, est confronté à cette épreuve morale. J'imagine que nos saints martyrs l'ont connue lorsqu'ils ont défendu leur foi dans un monde hostile, peut-être même avec plus d'intensité et de souffrance. J'essaie de suivre leur exemple. Le recours à la prière est d'un grand secours ; il donne le courage de ne pas faiblir. Je ne crois pas (…) qu'ils puissent triompher, en fin de compte, de la foi catholique, de la tradition. » (Entretien de Mgr Lefebvre avec José Hanu, Vatican Encounter, p. 131-132).


Il aurait pu se résigner aux souffrances engendrées par la violation de l’ordre divin pour l’Église, mais sa foi était trop profonde pour cela. Alors il a combattu.

Pour ceux qui aiment Dieu, toutes choses concourent au bien, même la plus grande crise de l'histoire de l'Église.

On oublie parfois que lui et la FSSPX, qu'il venait de fonder, étaient déjà persécutés par le Vatican au début des années 1970, soit plus d'une décennie avant les consécrations épiscopales de 1988 qui ont conduit aux excommunications. Ces excommunications n'ont fait que fournir au Vatican l'occasion de faire ce qu'il souhaitait depuis que Mgr Lefebvre avait écrit ces mots célèbres dans sa Déclaration du 21 novembre 1974 :

« La seule attitude de fidélité à l'Église et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d'acceptation de la Réforme. C'est pourquoi, sans aucune de rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures. C’est pourquoi nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Église, par l’Église de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du concile en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle. Ce faisant, avec la grâce de Dieu, le secours de la Vierge Marie, de saint Joseph, de saint Pie X, nous sommes convaincus de demeurer fidèles à l’Église Catholique et Romaine, à tous les successeurs de Pierre, et d’être les « fideles dispensatores mysteriorum Domini Nostri Jesu Christi in Spiritu Sancto ». Amen.


Bien sûr, Mgr Lefebvre et les catholiques traditionalistes qui lui étaient favorables étaient profondément attristés et perplexes face aux graves souffrances engendrées par la violation de l’ordre divin pour l’Église. Cependant, ils savaient que ces souffrances étaient imputables à ceux qui cherchaient à les dissuader de rétablir l’ordre de Dieu. Autrement dit, ils savaient de quel côté ils se situaient et trouvaient du réconfort dans le fait évident qu’ils étaient du même côté que Dieu.

Dieu seul peut résoudre cette crise, née du rejet fondamental par Rome de l’ordre qu’il a établi pour son Église. Entre-temps, un choix s'impose quant à la manière de pratiquer notre foi : suivrons-nous ceux qui transgressent l'ordre divin par leurs attaques incessantes contre la vérité immuable de Dieu, ou coopérerons-nous avec la grâce divine pour respecter au mieux son ordre ? Même si nous pouvons parfois diverger sur la meilleure façon d'agir, c'est à ce petit groupe de catholiques que s'appliquent les paroles de saint Paul : « Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son éternel dessein » (Rm 8,28).

Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !

     

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