Plaidoyer en faveur de la liberté RESPONSABLE en matière religieuse. par Scrutator Sapientiæ 2011-05-13 22:36:28 |
|
Imprimer |
Bonsoir à tous,
Premièrement, nous sommes tous concernés par la distinction entre bon exercice et mauvais exercice de la liberté religieuse, ou, si vous préférez, par la distinction
- entre l’exercice de la liberté, en matière religieuse, qui est bien ordonné à la vérité révélée, en matière religieuse,
- et l’exercice de la liberté, en matière religieuse, qui n'est pas ordonné à la vérité révélée, en matière religieuse.
Deuxièmement, la liberté religieuse, dans son acception la plus courante, n’est qu’un cadre juridico-politique, qui peut très bien devenir, à l'usage, comme la langue chez Esope, la meilleure ou la pire des choses ;
- la meilleure, mais pas la seule, quand ce cadre est pensé et vécu, le plus possible, dans le respect de l’articulation entre la véritable autonomie de la personne humaine, et l’autorité de la véritable parole divine ;
- la pire, mais pas la seule non plus, quand ce cadre sert d’argument ou d’instrument, d’occasion-prétexte, pour promouvoir une confusion entre liberté et volonté de licence, ou une confusion entre liberté et volonté de puissance, contre les autres ou contre soi-même.
Troisièmement, la question de l’exercice de la liberté, en matière religieuse, renvoie à celle de son fondement et à celle de son contenu : il devient urgent de dire que la dignité de la personne humaine constitue, pour la liberté religieuse, un fondement bien fragile, chacun ayant sa conception de la dignité de la personne humaine.
A l'opposé, si la liberté religieuse avait pour fondement la loi naturelle, dans tous ses aspects et enjeux, et non pas, par exemple, le Décalogue sans les trois premiers articles, on découvrirait rapidement, par exemple, que ceux que l’on appelle les libéraux libertaires, sont, en réalité, opposés à la liberté RESPONSABLE, notamment en matière religieuse.
J’appelle donc de mes voeux la promotion de l’exercice de la liberté responsable en matière religieuse, responsable devant Dieu, devant le seul vrai Dieu, bien sûr, mais aussi devant les hommes, y compris devant ceux qui ne croient pas en Lui.
Pour le dire autrement, la promotion de la liberté responsable, en matière religieuse, doit pouvoir nous maintenir à distance des deux tentations contemporaines que sont l’athéocratie hédoniste, d’une part, la théocratie islamiste, d’autre part.
Théonomie, en effet, n’est pas théocratie, elle est acceptation de l’exercice de la liberté responsable, en matière religieuse, par les incroyants comme par les croyants de toutes les confessions, religions et traditions, alors que la théocratie articule
- acceptation de la liberté religieuse pour tous, là où certains adeptes d’une religion, en particulier, sont plus ou moins minoritaires,
- réprobation de la liberté religieuse pour tous, là où d'autres adeptes de la même religion, quelle qu’elle soit, sont grandement majoritaires,
au risque de rendre cette religion, ni libératrice, ni responsabilisante, mais asservissante, sinon totalitaire, y compris au détriment de ses adeptes.
Bonne réception de ce qui n'est qu'une tentative de contribution, certainement modifiable et perfectible, et bonne soirée.
Scrutator.
PS : Sans qu'il s'agisse pour moi de devenir tout-à-coup polémique, je voudrais faire remarquer la chose suivante :
- il y a assez longtemps, il nous a été dit que la promotion, entre autres choses, de la liberté religieuse, constituait, en gros, un moyen de tirer parti, de tirer profit, d'incorporer au Magistère de l'Eglise catholique, en tout bien tout honneur, ce qu'il y avait de meilleur, en provenance de l'esprit des Lumières, un esprit néanmoins apparu, je le rappelle, à l'encontre et à l'extérieur de l'Eglise ;
- il y aura bientôt six ans, le 22 décembre 2005, il nous a été dit que la promotion, par l'Eglise, du même droit, constituait, grosso modo, un moyen contemporain de renouer, en l'adaptant aux temps présents, avec un positionnement qui avait été, sur cette question, celui des chrétiens des premiers siècles, donc avec un état d'esprit apparu, par essence et par nature, au dedans et en faveur de l'Eglise.
A tort ou à raison, je considère que l'on voudrait, sur cette question essentielle, renvoyer dos-à-dos
- les Jacobins, leurs épigones ou imitateurs, continuateurs, plus ou moins respectueux, d'une partie de l'esprit des Lumières, donc sécularisateurs, tantôt répressifs, par intimidation ou élimination, tantôt permissifs, sous couvert de laicité et de séparation,
et
- les chrétiens (continuateurs ("plus" ou "moins" respectueux ?) d'une "partie" de l'esprit du christianisme), y compris les Papes, qui, pendant plusieurs siècles, ont été partisans résolus de ce que j'appelle une logique de chrétienté institutionnelle,
que l'on ne s'y prendrait pas autrement.
Mais je me trompe certainement.
Bonne nuit à tous.
Scrutator.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|