Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=997087
images/icones/attention.gif  ( 997087 )Le Père Abbé de Solesmes écrit au Pape à propos du Vetus Ordo par Pierre Doutreligne (2026-03-17 11:34:18) 

La solution pour le moins originale proposée par Dom Geoffroy Kemlin au Pape à propos de la liturgie ancienne va faire couler beaucoup d'encre, c'est le moins que l'on puisse dire.

Néanmoins, en lisant le texte de la lettre, ne peut-on pas au moins reconnaitre une position inédite (et plutôt bienveillante) de la part d'un Père Abbé de Solesmes à l'endroit de l'ancien rite ? A fortiori quand on connait l'attitude de ses prédécesseurs sur le sujet.

https://www.rcf.fr/articles/vie-spirituelle/querelle-liturgique-et-si-chacun-faisait-un-pas-vers-lautre
images/icones/fleche2.gif  ( 997088 )Voilà une bonne proposition pacifiante par Laurent Dastros (2026-03-17 11:48:53) 
[en réponse à 997087]

Pour rétablir la paix, il convient de faciliter très fortement les ponts entre les deux rites, avant de pouvoir dans un second temps supprimer des options du missel de Paul VI.
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 997091 )Rien de nouveau par MG (2026-03-17 13:30:10) 
[en réponse à 997087]


Effectivement. Si le Vetus ordo était inséré dans le missel actuel, cela ouvrirait de nouvelles possibilités. Par exemple : célébrer la messe selon l’ancien rite mais dans la langue du pays et plus seulement en latin. Cela permettrait aussi au prêtre d’utiliser les nouvelles prières eucharistiques et les nouvelles préfaces. Enfin, je pense au cycle des lectures : le lectionnaire actuel voulu par Vatican II est beaucoup plus riche que l’ancien. Il y aurait un vrai apport biblique pour les fidèles. Tout cela viendrait féconder le Vetus ordo.



C'est un peu (beaucoup) prendre les tradis pour des imbéciles : on saupoudre et silence dans les rangs.
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 997092 )Sensibilité par MG (2026-03-17 14:11:19) 
[en réponse à 997087]


Je crois qu’il faut que chacune des sensibilités catholiques accepte de faire un pas vers l’autre. On pourrait ainsi réduire les divisions et retrouver cette unité si importante. Ce que je propose, c’est une démarche inclusive : insérer le Vetus Ordo [ndlr : l’ordinaire de la messe du missel latin d’avant Vatican II] dans le missel romain actuel. Cela permettrait d’intégrer les différentes manières de célébrer en une seule…




Ce très jeune Père Abbé sait très bien que ce n'est pas une question de "sensibilité".
images/icones/carnet.gif  ( 997111 )[réponse] par Virga10 (2026-03-17 22:48:34) 
[en réponse à 997092]

La liturgie n'est pas (ne devrait pas être) une affaire de "sensibilité" !
images/icones/bible.gif  ( 997094 )Proposition intéressante par Candidus (2026-03-17 15:28:58) 
[en réponse à 997087]

Mais, si je comprends bien, les tradis devraient accepter le propre liturgique du NOM, et c’est là que le bât blesse. Il est notoire que, dans les oraisons du nouveau missel, on observe un net affaiblissement de certains thèmes traditionnels : ceux relatifs au péché et à son expiation, la mention de l’« âme », ou encore le thème des fins dernières…

S’y ajoute la question des lectures caviardées, parfois au point de faire disparaître des passages jugés trop éloignés des mentalités contemporaines. Dans ces conditions, on voit mal les tradis consentir à ces mises sous le boisseau, ni renoncer à l’énoncé clair de certains aspects essentiels de leur identité spirituelle.

Quant à la suggestion du Père Abbé de Solesmes, elle n’est pas sans mérite : elle rappelle au pape l’attachement d’une part significative du catholicisme occidental — sans doute la plus féconde — qui souffre et aspire à voir cesser l'injustice et l’ostracisme qu’elle subit.
images/icones/1e.gif  ( 997097 )le pape va finir par jejomau (2026-03-17 15:55:18) 
[en réponse à 997087]

d'en perdre le latin qu'il lui restait ! Quand aux cardinal Roche, il va faire une syncope..

Une autre idée pourrait aussi consister à introduire le NOM dans le Vêtus Ordo : les tenants du nouveau rite devraient accepter le propre liturgique du VOM, ce qui aurait l'immense mérite de réorienter ces messes vers plus de sacré et de transcendance

images/icones/1y.gif  ( 997098 )Combien reste-t-il de moines à Solesmes ? par Aliocha (2026-03-17 16:12:29) 
[en réponse à 997097]

qui a adopté le nouvel Ordo ?
Combien Fontgombault, qui a conservé le vetus Ordo, a fondé d'abbayes ?
images/icones/pelerouin1.gif  ( 997099 )A Solesmes par Jean-Paul PARFU (2026-03-17 16:35:32) 
[en réponse à 997098]

Ils seraient 46 moines.

Le dimanche 18 janvier dernier, le père-abbé a prononcé l'homélie des messes célébrées dans la chapelle de la FSSP à Versailles.
 ( 997108 )Y étiez vous ? par Roger (2026-03-17 19:21:44) 
[en réponse à 997099]

Pouvez-vous nous en faire un résumé ?

Ce serait instructif

On sent que quelque chose (ou quelqu’un ?) bouge !
images/icones/pelerouin1.gif  ( 997114 )Le père abbé par Jean-Paul PARFU (2026-03-18 07:07:44) 
[en réponse à 997108]

N'a pas célébré. A 10 heures 30, c'est un père du Barroux qui a célébré. Le père abbé de Solesmes a prêché. Il n'a pas fait le signe de croix avant et après son homélie, comme il est d'usage, paraît-il, dans le Nom.

Il a d'ailleurs précisé qu'il ne célébrait pas dans le VOM. Il a simplement commenté l'évangile du jour dans le VOM, soit la Transfiguration.
images/icones/hein.gif  ( 997150 )La Transfiguration par Alexandre (2026-03-19 10:38:20) 
[en réponse à 997114]

Le 18 janvier 2026, dans le Missel de 1962, c'était le deuxième dimanche après l'Epiphanie, avec comme évangile le récit des noces de Cana (Jn 2,1-11)...

L'évangile de la Transfiguration (Mt 17,1-9) a été lu le samedi des Quatre-Temps et le deuxième dimanche de Carême, soit les 28 février et 1er mars.
images/icones/fleche2.gif  ( 997155 )Vous avez sans doute raison par Jean-Paul PARFU (2026-03-19 14:51:13) 
[en réponse à 997150]

Il m'avait semblé qu'il avait prêché sur la Transfiguration. En tout état de cause, je l'ai souvenir que son homélie était de qualité.
 ( 997109 )C’est un signe par Roger (2026-03-17 19:25:48) 
[en réponse à 997087]

Pour ma part cette proposition de métissage me semble curieuse et peu réaliste.

Mais elle est satisfaisante sur un point : Solesmes, une des citadelle de l’uniformité liturgique, depuis sa fondation propose d’entrouvrir une petite porte.

Agit il spontanément ? Ou bien en accord avec certains milieux romains? Ce serait un ballon d’essai ?
images/icones/carnet.gif  ( 997112 )[réponse] par Virga10 (2026-03-17 22:52:30) 
[en réponse à 997109]

C'est un joli tour de passe-passe qui ferait revivre une sorte de missel de 1965, mais ça ne réglera pas les problèmes de fond concernant le novus ordo.
images/icones/iphone.jpg  ( 997110 )Mmmh… ça ressemble beaucoup à ce qui a été imposé à Pontcallec il y a peu par Regnum Galliae (2026-03-17 22:07:24) 
[en réponse à 997087]

souvenez-vous
images/icones/carnet.gif  ( 997115 )Très mauvaise idée qui montre une grande ignorance par DumVolviturOrbis (2026-03-18 08:12:23) 
[en réponse à 997087]

Je souscris totalement à ce qu'en dit Yves Daoudal.

images/icones/iphone.jpg  ( 997119 )Parce que tu as été ni chaud ni froid, de ma bouche je t’ai vomi par Le Bouvreuil (2026-03-18 10:11:32) 
[en réponse à 997087]

Comme si on n’avait pas entendu ce genre de proposition tiède, mièvre et sentimentaliste depuis 30 ans. La réforme de la réforme, etc.

Comme disent les Anglais, “It is an interesting proposition”. Traduction : ça n’a aucun sens et c’est complètement absurde.
images/icones/rose.gif  ( 997125 )une voix dans le débat qui n'anathémise pas, c'est déjà par Luc Perrin (2026-03-18 17:19:26) 
[en réponse à 997087]

un progrès et c'est surtout ce que je retiens en positif de la démarche, louable dans son principe je le souligne, du Père abbé de Solesmes. Même si l'inculture est grande à Rome et au-delà de nos jours en matière de liturgie, le nom de Solesmes doit encore avoir quelque écho chez certains membres de la Curie.

Sur le fond, la proposition est dans la continuité solesmienne de dom Prou, membre éminent de la Minorité à Vatican II qui a fait le choix de la ligne Siri : "l'herméneutique de la réforme dans la continuité" avant que Benoît XVI ne forge la formule en décembre 2005.

Revenir si possible à la lettre de Vatican II et de Sacrosanctum concilium, en se saisissant de l'occasion offerte par la crise ouverte du fait de l'abus papal que représente Traditionis custodes de 2021.
C'était ce que concédait en 1971 Paul VI (indult Agatha Christie) via l'interprétation de Mgr Bugnini CM dans la lettre d'accompagnement restrictive : l'Ordo missae traditionnel avec des altérations de 1965 et 1967.

Comme les engagements sans cesse trahis des USA, les "négociations" qui servent de couverture à des actes de violence et barbarie, la crise de confiance créée par T.C. et les propos du cardinal Roche, toujours en place - petit clin d'oeil à Signo sur le temps qui passe - encore lors du dernier Consistoire, difficile du côté tradi de ne pas se cabrer au propos de l'abbé de Solesmes quant à la pérennité de la solution qu'il suggère.
Quand il laisse entendre lui-même que tout cela serait évolutif, une étape ... vers quoi ?
La direction sincèrement souhaitée par Solesmes depuis 1969 d'une application "à la rigueur" et d'un retour à la lettre de la Constitution conciliaire est-elle celle voulue par Son Éminence le cardial Roche ?

Clairement non.
Les tradis seraient une fois encore les dindons de la farce tandis que les tenants de l'anarchie néo-liturgique auraient, comme toujours, toute liberté.

Saluons donc le geste empreint de bienveillance, saluons la constance de Solesmes dans la recherche de la quadrature du cercle mais reconnaissons que cette position valable en 1965-1975 est dépassée par l'état de l'Église aujourd'hui.

C'est autour de Summorum Pontificum, sur le principe, et d'un statut canonique (loi particulière) que l'issue aisée quant au fond est à élaborer.
L'abbé de Solesmes, incomplètement, rejoint à sa façon la formule de Mgr Lefebvre "laissez nous faire l'expérience de la Tradition" en matière liturgique aussi.
La cohabitation au sein du N.O.M. de centaines de milliers de formes, presque une par célébrant/communauté, les liturgies catholiques orientales on ne peut plus légitimes, font que de facto et de jure le pluralisme liturgique règne (et il est traditionnel dans son principe).

Il reste à faire admettre aux sectaires nomistes, aux Guérangériens de tout bord qui ne veulent voir qu'une seule tête, que la diversité en liturgie est l'image de l'Église catholique, apostolique et romaine.

La recherche de la "paix liturgique" (clin d'oeil) est là comme ailleurs la seule voie à suivre.

images/icones/3c.gif  ( 997134 )C'est vraiment une obsession... par abbé F.H. (2026-03-18 20:25:09) 
[en réponse à 997125]

On parle de liturgie, et vous:

Comme les engagements sans cesse trahis des USA, les "négociations" qui servent de couverture à des actes de violence et barbarie



Franchement quel rapport.
Dans quasiment tous vos messages, vous introduisez des considérations géopolitiques qui n'ont absolument pas leur place.
Tous vos raisonnements semble fondé sur cette géopolitique, même quand vous faites des analogies...

Sénilité?

En tout cas, ras-le-bol! Faites votre blog comme Y. Daoudal, mais arrêtez de polluer.
images/icones/neutre.gif  ( 997137 )je me demande où vous vivez mais vous lire par Luc Perrin (2026-03-19 02:22:13) 
[en réponse à 997134]

M. l'abbé devient une "pollution" morale.

J'ai le regret de vous le dire, je laisse de côté votre recours à l'insulte qui devient régulier. Faute d'argument n'est-ce pas ...


ps. si vous vous informiez un petit peu, oh juste un peu, vous comprendriez qu'il n'y a pas de paix dans un confessionnal ou dans l'armoire d'un presbytère séparée du reste du monde et que les deux, ad intra et ad extra, sont intrinsèquement reliés. Mais il faut avoir fait un peu aussi de théologie et d'histoire de l'Église pour arriver à cette donnée première.

Une piste pour vos méditations de Carême ... plutôt que votre apologie de l'autruche qui n'est pas un animal prisé par Notre Seigneur Jésus Christ comme modèle.
images/icones/rose.gif  ( 997142 )Vous n'avez rien compris.. par abbé F.H. (2026-03-19 07:38:20) 
[en réponse à 997137]

Il ne s'agit pas ici de vos positions géopolitiques: et je n'ai aucune raison d'argumenter à ce sujet car ce n'est pas l'objet du FC, que je sois d'accord avec vous ou en opposition.

Le problème, c'est que vous les mettez à toutes les sauces dans des sujets qui n'ont strictement rien à voir: c'est une obsession.

Le monde, je m'y frotte (je ne suis pas encore retraité...), en plus avec nombre d'étudiants aux idées bien opposées.

J'ai certes moins de diplômes d'histoire que vous, puisque je n'ai qu'un DEUG (avec quand même 6h d'histoire de l’Église par semaine)... Mais j'ai trois diplômes de théologie de trois universités différentes, ça compte pour vous? Vous pensez que je vous insulte, vous vous méprisez...

Mes méditations de carême m'amènent à penser que Satan n'est pas uniquement du côté que vous indiquez mais aussi certainement de celui des mollahs et de l'islam conquérant, et depuis bien plus longtemps.
images/icones/carnet.gif  ( 997147 )Cohabitation ou communion ? par Réginald (2026-03-19 08:26:30) 
[en réponse à 997125]

Je vous rejoins sur un point : la recherche d’une paix liturgique est une exigence réelle, et l’intention de Solesmes mérite d’être saluée. Mais votre analyse repose sur un point que vous ne clarifiez pas.

Vous partez d’un constat, pluralisme de fait, dérives, crise de confiance, pour en faire implicitement une norme. Or le fait qu’une situation existe ne suffit pas à la rendre ecclésialement satisfaisante.

Le pluralisme que vous décrivez, jusqu’à « une forme par célébrant », n’est pas un modèle : il est précisément le symptôme de la difficulté actuelle. Le prendre comme point d’appui revient à ériger un désordre en principe.

L’analogie avec les rites orientaux ne tient pas davantage. Ceux-ci ne sont pas des variantes concurrentes d’un même rite, mais des traditions constituées, reçues et stabilisées. La situation du rite romain est d’une autre nature.

Votre solution revient donc, au fond, à stabiliser une coexistence sans véritable unité. Pour le dire simplement : c’est comme un couple qui continuerait à habiter la même maison, mais en faisant chambre à part.

Une telle situation peut se comprendre comme provisoire dans une crise. En faire un modèle durable revient à renoncer à l’unité réelle au profit d’une simple cohabitation.

Or l’Église ne se définit pas par une juxtaposition de pratiques, mais par une communion visible et intelligible, qui s’exprime aussi, au point partiellement, dans sa liturgie.

C’est en ce sens que la proposition de Solesmes, qu’on peut discuter, a au moins le mérite de poser la vraie question : non pas celle de la simple coexistence, mais celle d’une unité organique.

Autrement dit, la question n’est pas : comment faire coexister des formes divergentes, mais quelle forme liturgique peut exprimer de manière intelligible l’unité de l’Église.
images/icones/fleur.gif  ( 997157 )merci de ces remarques pertinentes par Luc Perrin (2026-03-19 18:37:48) 
[en réponse à 997147]

cela change agréablement des horions.

Oui mon postulat est de partir du N.O.M. tel qu'il est puisque depuis 1969, tous les petits essais de le ramener à la Tradition liturgique (romaine et des rits latins et les rits orientaux impactés) ont lamentablement ... échoué.
Sauf peut-être dans certains rits orientaux comme le syro-malabar, Ludwik pourrait nous en dire davantage au sein du gréco-catholique ukrainien mais je crois que les dérives vers la latinisation ont été combattues dans la longue durée.

Oui je rejette totalement votre postulat qui est celui du guérangérisme : "mais quelle forme liturgique peut exprimer de manière intelligible l’unité de l’Église." (Réginald). C'est le singulier qui est, à mon avis, à la fois profondément contraire à la Tradition catholique et totalement irréaliste hic et nunc et même si Benoît XVI avait été Pontife romain pendant 40 ans.

Est-ce à dire que l'anarchie néo-liturgique me satisfait ? Non bien évidemment.

Mais l'histoire contemporaine montre que les solutions "yaka" et "faukon" échouent constamment, faute de prendre en considération non un Idéal qui trônerait dans le firmament, mais les fidèles tels qu'ils sont et tels qu'en Occident spécialement, ils ont une foi dégradée, affaiblie, brouillée -autant que le discours géopolitique du même Occident clin d'oeil à l'abbé F.H. tout se tient.

Le réalisme n'est que partiel dans la suggestion de l'abbé de Solesmes car sans la confiance qui exclut la perfidie et écarte la défiance systématique, à force d'être grugé, elle ne peut aboutir à convaincre.
(cf. la pertinence de ma comparaison géopolitique qui m'a valu l'ire d'un clerc).
Et pour poursuivre la cohabitation pacifique génère la communion - c'était l'esprit que cherchait à promouvoir J. Ratzinger-Benoît XVI- alors que la quête d'une "unité" factice, celle que vous pronez à la manière du cardinal Roche et d'autres, détruit précisément cette communion qui est votre but avoué pourtant.

Toute l'histoire des Églises orientales catholiques, vous n'aimez pas cet exemple si parlant, montre cela : la reconnaissance de la cohabitation pacifique a approfondi la communion tandis que les essais de latinisation au fil des siècles ont suscité la défiance, fait redouter la perfidie.
L'Église latine en 2026 peut apprendre de ce poumon oriental et ne pas rééditer entre latins les bourdes commises à l'endroit de nos frères d'Orient. Léon XIII est l'exemple à suivre, puisse Léon le Quatorzième en faire son miel.
images/icones/carnet.gif  ( 997174 )Le risque d'une unité en trompe-l'œil par Réginald (2026-03-20 07:51:31) 
[en réponse à 997157]

Cher Luc,

Je vous remercie de cette réponse, qui a le mérite de la franchise et qui clarifie bien nos points de divergence.
Je vous rejoins volontiers sur un point essentiel : toute solution qui passerait par la brutalité ou par des mesures coercitives serait vouée à l’échec.
C’est pourquoi la proposition de Solesmes ne me paraît pas devoir être comprise comme un dispositif à imposer, mais plutôt comme un horizon vers lequel tendre.
Permettez-moi néanmoins de vous soumettre deux interrogations, qui touchent peut-être à la nature même de la liturgie.
Vous invoquez le « poumon oriental ». Mais les Églises orientales sont des Églises sui iuris, dont la diversité rituelle s’inscrit dans une autonomie propre. Le rite romain, lui, relève d’une même tradition. Dès lors, faire du pluralisme interne une norme ne risque-t-il pas de brouiller cette unité de langage spirituel ? Peut-on durablement parler de communion sans une certaine intelligibilité commune ?
Vous évoquez les fidèles « tels qu’ils sont ». Le constat est juste, mais la liturgie n’a-t-elle pas précisément pour fonction de les former et de les élever ? Si l’on renonce à chercher une forme commune au nom de la crise actuelle, ne risque-t-on pas d’entériner la fragmentation au lieu de la guérir ?
Il me semble, d’ailleurs, que la liturgie de 1962 n’est pas un absolu intangible. Mgr Lefebvre reconnaissait lui-même dès 1965 qu’« quelque chose était à réformer et à retrouver », notamment pour rendre la première partie de la messe « plus nette » et « plus intelligible » pour les fidèles.
Cela montre que la recherche d’une forme commune renouvelée s’inscrivait dans les préoccupations du moment conciliaire : le désir de réforme n’était pas l’apanage d’une aile dite « progressiste », mais une nécessité largement ressentie dans le corps épiscopal.
Vous soulignez que la cohabitation pacifique est un vecteur de communion. Pourtant, les faits récents suggèrent qu’en l’absence d’une finalité partagée, elle risque de se muer en une simple juxtaposition pérenne.
Je redoute, pour ma part, qu’une telle évolution ne conduise à une forme d’« anglicanisation », avec ses logiques de type High Church, où l’unité ne serait plus que de façade.

Dès lors, la question n’est peut-être pas d’opposer coexistence et unité, mais de savoir si la première peut se passer durablement de la seconde comme horizon, sans risquer de transformer l’unité en une simple apparence de communion.
images/icones/bravo.gif  ( 997187 )que de questions fondamentales ! par Luc Perrin (2026-03-20 11:17:49) 
[en réponse à 997174]

si j'ajoute dans le fil, les remarques de Nemo - sur l'unité par la foi plus que par un missel -, celles de Signo, Leopardi, F. Dallais ... toutes allant droit au coeur des problèmes, cela nous fait un écheveau inextricable qui déborde amplement la question liturgique au sens étroit.
Les ennemis acharnés de la Tradition liturgique - romaine, des rits latins autres et qui cherchent à dénaturer les liturgies orientales aussi - ont bien compris l'enjeu, les enjeux. A cet égard, Son Éminence anti-Tradition, Arthur cardinal Roche a le mérite de la franchise.

Il fait, et nombre de théologiens post-conciliaires avec lui, du NOM le passeport exigé pour entrer dans le monde supposément merveilleux du néo-catholicisme. La lettre d'accompagnement de T.C., dont il est de notoriété publique l'inspirateur avec Andrea Grillo le très bugniniste néo-liturge néo-libéral-néo-moderniste qui sévit à l'institut Saint-Anselme, l'expose sans ambage.

Au fond, toutes nos questions à propos du missel 1962, 1965 - jamais pensé comme tel, simple étape d'une transition rapide - 1969 et les éditions suivantes (2002 la dernière en date en théorie mais moult altérations sont intervenues depuis au plan local etc.) se ramènent à ce point focal : veut-on ou pas une "anglicanisation" sur le FOND ?
A savoir, une Église néo-catholique ayant conservé, la façon de la plupart des anglicans-épiscopaliens, des horipeaux de la Tradition un petit bout des 10 Commandements, un peu de clochettes et d'encens, une hiérarchie "comme si" - l'Église syncrétiste du christianisme céleste en Afrique de l'Ouest a ainsi des "cardinaux", des "archevêques", des "prêtres", des "diacres" ... des fidèles en aube blanche et cordon à la ceinture (sic !) avec leurs épouses et leurs enfants eux-mêmes vêtus ainsi ...le tout avec des pratiques musulmanes et des rits issus du vodoun et autres religions traditionnelles africaines - le tout dans un "Chemin synodal" ne menant nulle part qu'à l'apostasie par petits pas.

Là où je diverge d'avec Réginald, sans écarter ses légitimes inquiétudes et justes interrogations sur une "unité en trompe-l'oeil" - c'est celle qui existe en 2026 toutefois et depuis avant Vatican II, très peu satisfaisante certes mais elle est là - la liturgie n'est pas en fait le lieu théologique pour poser la question de fond.

Vatican II, la Constitution S.C. de 1963, consacre la diversité des rits légitimes comme déjà ce moderniste enragé de saint Pie V le faisait pour l'Église latine, cher Réginald, dans sa magnifique bulle Quo primum tempore qui reconnaît le principe de la diversité en 1570, supérieur à la politique d'uniformité que ce pape cherche pourtant à promouvoir par ce texte :

"à moins que depuis la première institution approuvée par le Siège Apostolique ou en vertu de la coutume, cette dernière ou l’institution elle-même aient été observées dans ces mêmes églises depuis deux cents ans au moins, d’une façon continue, pour la célébration des messes. Dans ce cas, Nous ne supprimons aucunement à ces églises leur institution ou coutume de célébrer la messe ; mais si ce Missel que Nous avons fait publier leur plaisait davantage, de l’avis de l’Évêque ou du Prélat, ou de l’ensemble du Chapitre, Nous permettons que, sans que quoi que ce soit y fasse obstacle, elles puissent célébrer la messe suivant celui-ci."

L'Église catholique a vécu depuis les origines quasiment avec une diversité liturgique (Occident, Orient), l'Église latine seule a connu une impressionnante diversité liturgique jusqu'à la fin du règne du Bhrx Pie IX dans une vraie communion de foi, une unité sur la foi ainsi que le souligne Nemo qui est le coeur de tout.

La diversité liturgique ne s'oppose en rien à la Tradition, c'est l'uniformité qui lui est contraire, elle a toujours été en accord avec l'unité de FOI.

La crise du catholicisme contemporain "in radice", sur le fond, tient à une explosion des "credos" : c'est elle qui a fait du Novus Ordo une auberge espagnole où on mange plus souvent de la nourriture avariée ou industrielle de piètre nutriscore spirituel.
C'est cette crise de la foi qui rend invraisemblable la réforme de la révolution et plus encore une version "uniforme" type 1965.

La cohabitation au sein d'une communion imparfaite me paraît être le lot du peuple de Dieu aujourd'hui. Au fond la situation canonique ouverte qui est celle de la FSSPX, dedans et dehors à la fois, est celle de toutes les communautés ecclésiales nominalement en "pleine communion" quand on y regarde de plus près.

Progresser dans l'unité de foi, bien marquer le rejet indispensable de la Modernité en religion, rappeler les principes du catholicisme intransigeant et intégral, sans idéalisation de l'avant 1776-1789 pour autant ni rêve de chrétienté médiévale inaccessible aujourd'hui Jacques Maritain l'a constaté en 1936 déjà, placer les Dix commandements au coeur de la Cité ... tout cela est premier.

L'unité de foi vit très bien dans la diversité des liturgies. Les liturgies, toutes, souffrent de l'infiltration des fumées de Satan.
Les liturgies traditionnelles, romaine-ambrosienne-dominicaine etc. liturgies orientales préservées, ont fait la preuve qu'elles résistent mieux à cette infiltration et c'est pourquoi lutter pour elles est si important pour la pérennité de la foi chrétienne catholique.


images/icones/bible.gif  ( 997191 )Aller au fond ! ne pas rester sur des vaguelettes ... par Glycéra (2026-03-20 11:47:22) 
[en réponse à 997187]


Dans la liturgie sont des gestes venus de loin.
Des symboles (c'est à dire de la matière riche de sens, et donnant ce sens à qui regarde l'objet, le geste, le mot) portent les cérémonies.
Les Hébreux savaient, conservaient, se servaient de ces savoirs, et les enseignaient, les respectaient, quasiment les adoraient comme divins, divinnement donnés.

Jésus les pratiquait.
Ainsi fut la Cêne.
La messe, quand on l'étudie, porte ces gestes venus de la Révélation aux Hébreux.
Les Hébreux ne sont certes pas meilleurs, Dieu leur dit même "Je vous ai choisi parce que vous êtes raides de nuque et durs de coeur". Ainsi ils ne pouvaient se vanter d'avoir "produit" Jésus, le Fils de l'Homme. Ils ont reçu Jésus. Et Jésus savait que les prophètes avaient tout annoncé, écrit, même les rites.

Alors, comment en parler ?
En apprenant où sont ces gestes, ces places, ces rites et leurs symbolique sagesse si nourrissantae !
En revenant aux sens profond des mots, en regardant (maintenant cela peut se trouver) les merveilles de combinaisons des mots et des sens.

Un exemple :
Bar est un mot hébreu. Il veut dire "grain, semence" et il veut dire "fils". Jésus est là, dans les deux sens, et Jésus s'en sert dans l'Evangile.
Un autre :
BethLehem : Beth = maison, fréquent dans les noms de villes en Israël, et Lehem = pain. Pas un hasard si l'administration romaine a provoqué le recensement qui le fit naître, comme annoncé, en cette "Maison du pain", Dieu vivant.



L'important, comme presque toujours dans des paroles publiques, où la plupart des gens qui parlent ne sont pas les plus compétents, c'est "Duc in altum"

Décrocher de la rive, aller plus loin, voir de plus haut, et aller plus au fond quand l'eau estplus profonde !


Qui ignore que Mgr Bugnini, que Pie XII avait éloigné, est revenu "annobli" par PaulVI ?

Qui ignore que Annibale Bugninii n'avait aps de compétence liturgique reconnue ?

Qui ignore que l'aile active de certains concilaires a poussé, manipulé ? et combiné les propos pour renverser les choses, en s'en vantant ! Dieu crée, certes, mais les hommes fabriquent ... et s'ils refusent ce qui vient du fond des âges, cela s'appelle du bricolage.



Prières pour que ces connaissance reviennent !
Sur la croix, on présentait à Jésus une éponge de vinaigre, il n'en voulut point ... sauf à la dernière minute.
Dans le vinaigre, du fiel : anesthésiant.

Un fin johanniste qui voyait le sens des choses disait : La nouvelle liturgie ? C'est l'éponge de vinaigre !"

Prier, prier, pour que les oeurs entendent ce que Dieu veut dire !
Glycéra
images/icones/info2.gif  ( 997199 )longue note relative à l'infâme Annibale B. par Luc Perrin (2026-03-20 15:35:55) 
[en réponse à 997191]

Qui ignore que Mgr Bugnini, que Pie XII avait éloigné, est revenu "annobli" par PaulVI ?

Qui ignore que Annibale Bugnini n'avait aps de compétence liturgique reconnue ? (Glycéra)


La Sainte Trinité m'est témoin et tous ici que j'ai critiqué et dénoncé, avec des mots presque aussi durs que ceux, implacables, de Louis Bouyer or.

Toutefois il importe de n'en pas rajouter le concernant :
- a-t-il été éloigné par Pie XII ? Pas à ma connaissance mais si dame Glycéra a des éléments précis à ce sujet, je suis preneur. Il reste au poste de secrétaire de la Commissio Piana de 1948 à 1960, un poste à prendre au début au pied de la lettre, du secrétariat. Loew et Antonelli sont les figures marquantes avec le Père Bea sj.

Sa carrière romaine a été très sinueuse, alternant faveur, grande faveur et disgrâces au pluriel. Pour ces dernières, j'en connais deux : l'une à la fin du pontificat de Jean XXIII mi-1962 à mi-1963 ; Jean XXIII désigne le cardinal Larraona pour succéder au défunt cardinal Cicognani à la tête de la S.C. des Rites or ce dernier est plutôt hostile à Bugnini.
C'est Mgr Martimort qui est nommé comme le "patron" des experts officiels de la Commission conciliaire, au très vif dépit de l'Annibale relégué à un groupe mineur d'experts. C'est Jean XXIII qui assurait le retour au premier plan du Père Loew cssr, le grand Oublié de cette époque qui décède brutalement en 1962, et du P. Antonelli son vieux complice, futur cardinal.
Hélas ce fut trop tardif et la mort du P. Loew a porté un coup fatal à cette contre-offensive.
La seconde disgrâce d'Annibale date de Paul VI qui l'a certes anobli entre 1964 et 1974 pour garder l'image, mais le chasse et de la Congrégation du culte divin et de Rome en 1975 pour l'expédier à Téhéran.
On a beaucoup murmuré que le désastreux lazariste aurait été lié au réseau trouble maçon (loge P2) et aux sombres affaires financières de ces années où la CIA a manoeuvré dans tous les sens (attentat de la garde Bologne ...). Ces réseaux, on pensait au complotisme des tradis moi le premier pendant longtemps jusqu'à ce que ces réseaux, préfiguration du serpent Epstein-Maxwell actuel, ne soient mis en lumière par la police et la justice italiennes. On n'a pas prouvé cependant que l'Annibale était personnellement membre de ces réseaux occultes : l'hypothèse est devenue plus plausible qu'autrefois.
Il est certain en revanche, je le tiens du + P. Gy op, que via Mgr Benelli les fourberies du méchant scapin néo-liturgique avaient été exposées et que Paul VI qui avait toute confiance en lui en a été fort dépité et blessé. Trop tard hélas pour revenir sur le NOM de 1969. Les mémoires posthumes du Père Bouyer tendent à confirmer le P. Gy.

- concernant la compétence du Lazariste italien, c'est plus complexe.
Ce n'est pas un savant liturge certes, cela est acquis et unanimement.
Il n'empêche qu'il est rédacteur en chef d'une importante revue liturgique italienne Ephemerides Liturgicae (1946) et c'est cela qui l'a propulsé à la Commissio piana justement. C'est un vulgarisateur et il en faut dans la recherche. Pas étonnant qu'il ait été l'architecte du "tout pastoral" pendant la révolution néo-liturgique. Il n'était pas cependant parachuté de nulle part par Pie XII à l'origine et faisait bien partie des "cercles liturgiques" : un rédacteur-en-chef de revue, c'est un carnet d'adresses et des obligés en veux-tu en voilà pour une revue académique, pour ceux qui ne le sauraient pas ; bref un poste stratégique.
Il a été ainsi une sorte de contrôleur du détroit d'Hormuz de la liturgie néo-liturgie de 1946 à 1974, c'est lui qui laissait passer les tankers ou pas et lesquels. Ce rôle stratégique a perduré à travers ses disciples directs et indirects ex. Grillo. C'est ce que ni Jean Paul II ni plus gravement Benoît XVI n'ont compris : on ne peut rien faire de durable sans porter le fer rouge purificateur sur les réseaux ouverts et occultes et c'est très vrai en liturgie comme en catéchèse et d'autres domaines.



images/icones/hein.gif  ( 997201 )(Parler de Mgr B était de l'écume). Le fond est ailleurs ... par Glycéra (2026-03-20 16:21:40) 
[en réponse à 997199]


Et votre avis sur le fond ?

Sur "l'appauvrissement de la liturgie" ?
(disait Benoît XVI)
images/icones/idee.gif  ( 997209 )sur le fond, j'ai développé cela dans tout le fil par Luc Perrin (2026-03-21 10:25:07) 
[en réponse à 997201]

et dans quelques autres.

Nous sommes très au-delà d'un simple appauvrissement de la liturgie, réel, qui est un symptôme et non la cause/les causes.

Déjà la vie d'Annibale B. donne quelques clés, ce n'est pas anecdotique quand on évoque l'architecte de la révolution néo-liturgique que ses disciples type Grillo (d'autres avant) révèrent tel un saint de vitrail.

La part d'ombre, de maléfice, de tromperie qui caractérise l'Annibale n'est pas séparable du résultat de ses intrigues, cet "avorton" néo-liturgique (Louis Bouyer) dont Son Éminence anglaise Arthur cardinal Roche célèbre l'avènement - avec une immense majorité de la hiérarchie et des clercs - comme une Aurore resplendissante.

Bugnini tranche singulièrement avec nombre des acteurs du Mouvement liturgique qui ne semblent pas avoir été marqués - autant qu'on puisse savoir - par les forces infernales.

Pour le reste en tapant sur mon nom, vous aurez mes derniers posts et la réponse que j'ai apportée, par anticipation, à votre question dans plusieurs d'entre eux.
images/icones/iphone.jpg  ( 997206 )Unité en trompe-l’œil: nous y sommes déjà par Signo (2026-03-21 08:26:06) 
[en réponse à 997174]

Plusieurs points à souligner:

- le risque que vous soulignez -une unité en trompe l’œil, purement administrative- existe déjà. Des pans entiers (pas seulement des individus ni même des groupes) du catholicisme contemporain rejettent parfois explicitement certains dogmes ou certaines vérités de foi, prônent l’ordination des femmes, etc. J’ai beaucoup essayé de dialoguer avec ces gens, de trouver des points d’entente, mais c’est impossible : il appartiennent à une autre planète, à une autre religion en définitive. Et pourtant sur le papier ils sont catholiques. Ça ne me plaît pas plus qu’à vous, mais enfin c’est un fait.

- enfermer tous ces catholiques aux divergences profondes dans un unique missel et une même entité ecclésiale est la dernière bêtise à faire, cela ne réglerait aucun des désaccords (qui portent sur des questions de foi, de compréhension du message chrétien, et non sur des différences de missel) et cela aurait probablement au contraire pour effet de les exacerber en les contraignant à une collocation forcée qui ne fera que mettre à vif les divergences. Jamais, à aucune période de l’histoire de l’Eglise, l’unité ecclésiale ne s’est fondé sur une uniformité liturgique. L’unité se fonde sur la foi et la diversité rituelle était la norme jusqu’à très récemment même à l’intérieur du monde latin. Les catholiques de Lyon, qui avaient leur propre liturgie jusqu’en 1970, étaient-ils en rupture de communion avec le reste de l’Eglise latine?

- une fois de plus, je constate que ceux qui prônent ce genre de « solution » font abstraction de tout contexte: nous ne sommes plus sous Benoit XVI. Avez-vous déjà oublié que l’une des conclusions de la démarche synodale lancée par le précédent pape était de réformer la liturgie de Paul VI pour la rendre plus « synodale », c’est à dire, en clair, l’éloigner encore plus de la tradition liturgique ancienne? Comment imaginer que dans pareil contexte, on puisse introduire dans le nouveau missel des éléments de l’ancien? Vous imaginez le grand écart, une sorte de pseudo-messe de S. Pie V cohabitant avec une quasi cène influencée par le protestantisme libéral, le tout dans un même missel? Qui peut sérieusement affirmer qu’un tel modèle serait une authentique unité ?

- effectivement, il existe un risque d’enfermer la liturgie traditionnelle dans le formol de 1962. Ce n’est pas parce que nous refusons la proposition de Dom Kemlin que nous refusons toute évolution. Il est possible d’introduire certaines possibilités mineures sans dénaturer la liturgie traditionnelle : chant du Pater par les fidèles, enrichissement des préfaces, suppression de la superposition messe basse/messe chantée, etc. Mais ce qui est certain, c’est que la liturgie traditionnelle doit être préservée dans ses caractéristiques les plus essentielles, ce qui inclut nécessairement le calendrier et le lectionnaire avec le cycle annuel des lectures des dimanches et fêtes.
images/icones/find.gif  ( 997207 )Entièrement d'accord avec vous par Jean-Paul PARFU (2026-03-21 08:53:56) 
[en réponse à 997206]

Le problème du christianisme actuel, et donc de l'Eglise catholique, est d'abord de nature théologique et même philosophique !

Par ailleurs, il faut toujours rappeler, outre les différents rites latins qui existaient inchangés jusqu'en 1970 :

- rites romain, ambrosien, dominicain, cartusien, lyonnais, de Braga ou mozarabe,

- il a toujours existé dans l'Eglise six grands rites catholiques orientaux :

.le rite copte, qui est à l'origine le rite de l'Église d'Alexandrie (église catholique copte) ;
.le rite byzantin, qui est à l'origine le rite de l'Église de Constantinople (églises grecques-catholiques) ;
.le rite maronite ou rite syriaque occidental, qui est à l'origine le rite de l'Église d'Antioche (églises maronite, catholique syriaque et syro-malankare) ;
.le rite chaldéen ou rite syriaque oriental, qui est à l'origine le rite de l'Église de Perse (églises catholique chaldéenne et syro-malabare) ;
.le rite arménien, apparenté aux rites syriaque occidental et byzantin (église catholique arménienne) ;
.le rite guèze, qui est une variante du rite copte comportant des pratiques de l'Ancien Testament (église catholique éthiopienne).
images/icones/4c.gif  ( 997215 )Arrêtez avec ces histoires de variété de rites par Leopardi (2026-03-21 17:43:57) 
[en réponse à 997207]

Une fois de plus, cela n'a RIEN à voir.

Ces rites ont des origines géographiques ou sont liées à des ordres religieux.

Le VOM et le NOM sont issus et se réclament de la MËME origine, le rite romain, et cela n'a JAMAIS existé auparavant.

La situation actuelle est inédite et ne peut perdurer.
images/icones/1a.gif  ( 997216 )Et pourtant ça dure ! par ptk (2026-03-21 18:08:08) 
[en réponse à 997215]

Chez les orthodoxes, les vieux-croyants auront bientôt 400 ans.
 ( 997217 )Mais ils ne se réclament pas du pape par Leopardi (2026-03-21 18:10:44) 
[en réponse à 997216]

Ni de la hiérarchie orthodoxe je suppose.

Je ne les connais pas mais ça ne doit pas être comparable.
images/icones/1e.gif  ( 997219 )C'est sans problème par ptk (2026-03-21 19:06:38) 
[en réponse à 997217]

les papes de ces derniers temps se contredisant et contredisant leur prédécesseurs, il est toujours possible de trouver un point admissible et de s'en réclamer.
images/icones/iphone.jpg  ( 997228 )Diversité des rites par Signo (2026-03-22 09:39:21) 
[en réponse à 997217]

Concernant le phénomène du raskol, c’est au contraire un précédent comparable au traditionalisme catholique contemporain, on en avait parlé ici.

Le problème ne tient pas seulement à l’usage d’un missel différent. En réalité c’est tout le modèle ecclésial précédent, incluant les anciens ordres mineurs, les anciens sacrements, etc auquel les traditionalistes sont attachés.

Il faut donc que le monde traditionaliste soit constitué en Église autonome dispensée non seulement des nouveaux livres liturgiques, mais aussi de Ministeria Quaedam, si il veut pouvoir continuer à utiliser la totalité du modèle ancien.

Je rappelle que si les traditionalistes ne sont pas dispensés de Ministeria Quaedam, qui a entériné « le déplacement ecclésiologique opéré à partir de Vatican II » (cf. le lien vers la Maison-Dieu), ils risquent d’avoir bientôt une femme officiant comme sous-diacre lors de la messe solennelle; c’est déjà théoriquement possible selon les normes actuelles!

Version précédente du rite romain ou pas, le VOM est de fait un rite distinct du NOM, sous-entendant un autre rapport aux ministères, et comme le dit Dom Kemlin, « une anthropologie différente ». On peut le regretter mais c’est un fait, et toute élaboration de solution doit partir du réel et non de fantasmes ou de projections utopiques.
images/icones/nounours.gif  ( 997218 )Qui vous dit le contraire ? par Jean-Paul PARFU (2026-03-21 18:30:29) 
[en réponse à 997215]

Mes positions sont connues, je crois, sur le sujet, depuis que j'interviens sur le forum. Par exemple ici
images/icones/rose.gif  ( 997220 )"ne peut" c'est amusant par Luc Perrin (2026-03-21 19:47:18) 
[en réponse à 997215]

quand cela perdure par la grâce de l'Esprit et la foi des fidèles.

D'autre part votre argument, déjà entendu et récusé, n'a guère de sens ni au plan théorique ni au plan pratique. Le rit syro-malabar a connu 3 formes qui ont cohabité jusqu'à une période très récente.

L'idée que le rit romain soit issu d'on ne sait quelle planète distincte du dominicain, du cartusien, de l'usage de Braga, du rite dit de Sarum (Salisbury) est un délire guérangérien extrême que même dom Guéranger n'aurait pas osé avancer.

Quant au principe de la diversité, il est inscrit en lettres de feu dans S.C. pourtant et l'excessive - là nous sommes d'accord - latitude pour faire sa liturgie à sa sauce se trouve dans le N.O.M de 1969 à 2002 et textes postérieurs généraux ou particuliers, célébration amazoniale dernièrement.

J'ajoute que si depuis Quo primum 1570 jusques sous Pie IX, le missel romain a cohabité avec de multiples versions différentes mais proches au final dans un même diocèse.

Il est piquant de lire un Guérangérien se prévaloir de Vatican II pour imposer un missel romain unique type 1965 dont tout indique que 99,99999999% des fidèles et des clercs et de la Hiérarchie ne veulent pas.

On est dans le monde des "barbapapas" hula hup barbatruc et oups le NOM 1965 s'impose partout. Allons Leopardi, ce n'est pas sérieux c'était un dessin animé pour enfants, nous sommes entre adultes.

Vous avez le droit de rêver tout haut certes mais redescendons sur terre et essayez de vendre votre NOM 1965 rigide au cardinal Roche et à Andrea Grillo ou juste à La Maison-Dieu ...
images/icones/iphone.jpg  ( 997208 )Synodalisation du nouveau rite par Signo (2026-03-21 10:22:50) 
[en réponse à 997206]

Pour ceux qui ont encore des interrogations sur la nature des évolutions inéluctables réclamées par le synode sur synodalité et qui seront certainement appliquées à la liturgie de Paul VI dans les prochaines décennies, je vous invite à consulter ce document, tout à fait officiel puisqu’il s’agit de la Maison-Dieu.
Redéfinition des ministères liturgiques sur la base du baptême, rôle des laïcs et des femmes, inclusivité… tout y est.
Comment imaginer un seul instant qu’il soit possible d’inclure de larges éléments de l’ancien missel dans le nouveau, alors même que les deux seuls exemples concrets choisis dans ce texte pour illustrer la synodalisation de la liturgie sont… les célébrations de Taizé, et celles du chemin synodal allemand ?

La réalité est que l’écart entre le nouveau rite et la tradition liturgique, déjà considérable, va continuer de se creuser dans les années à venir, rendant de plus en plus illusoire toute tentative néo-ratzingérienne de « recoller les morceaux »…
images/icones/iphone.jpg  ( 997131 )Très inquiétant par Nemo (2026-03-18 18:49:39) 
[en réponse à 997087]

J’adhère totalement à ce qu’a écrit Monsieur Daoudal.
Je ne vais donc pas le répéter.
je vais simplement ajouter mon Grains de Sel.

Un des gros reproches qu’on fait au missel réformé est le nombre incroyable de variantes qui fait qu’il n’y a pas deux messes NO pareilles. La proposition du révérendissime est d’ajouter de nouvelles options.

De plus les réformateurs ont voulu donner plus d’importance aux fidèles. Les nouvelles options offertes par l’abbé vont donner naissance à la messe du père Dupont très différente de celle du père Durand de “sensibilité” différente. Est-ce ça l’unite de rite qu’il souhaite ?

Et puis s’il n’y avait que la messe : notre missel correspond à un bréviaire. On perdrait toute concordance.

Mais la question fondamentale est la suivante. Est-ce que nous tradis souffrons vraiment des différences de rite et calendriers que nous avons par rapport aux réformés ? Eux prétendent souffrir. Souffrons-nous d’avoir une liturgie et des lectures différentes de celle des orientaux ?

Non, nous souffrons du fait que certains réformés prétendent nous imposer de force une façon de prier qui ne nous convainc pas. Seraient-ils jaloux de notre attachement à la liturgie traditionnelle et de son aspect toujours missionnaire ?

Le Très Révérend Père Abbé a écrit seul et dans la hâte une lettre pour laquelle il eût été bien inspire de se faire conseiller par des liturgistes.
images/icones/iphone.jpg  ( 997132 )Sans parler des rites orientaux par Vincent F (2026-03-18 19:11:55) 
[en réponse à 997131]

J’avais lu que pendant la Révolution, bien que de nombreux prêtres aient été enfermés ensembles il n’avaient pas été capables de chanter un office en commun faute d’user du même calendrier.

C’est tout de même regrettable.
images/icones/iphone.jpg  ( 997135 )Plutôt le bréviaire par Nemo (2026-03-18 20:32:56) 
[en réponse à 997132]

D’abord il ne s’agissait guère de chanter l’office mais plutôt de le réciter en commun. Et le problème n’était pas le calendrier mais les bréviaires différents : antiennes, hymnes, leçons variaient fortement d’un diocèse à l’autre. Ce cas est triste mais tout de même extrême et un peu exagéré par Dom Guéranger : les psaumes eux étaient identiques dans tous les bréviaires.
images/icones/iphone.jpg  ( 997214 )Diversité et diversité par Signo (2026-03-21 13:45:47) 
[en réponse à 997132]

Il ne faut pas confondre la saine diversité de rites vénérables telle qu’admise au sein du monde latin par Quo Primum Tempore, avec différents grands rites vénérables aux racines anciennes comme l’ambrosien, le lyonnais, le mozarabe, etc. avec l’émiettement liturgique du fait de la prolifération de multiples rites locaux sans réelle profondeur historique, dits « néo-gallicans ».

Et encore tous ces usages locaux conservaient des caractéristiques communes qui n’existent pas entre le rite romain traditionnel et le NOM.

De fait les communautés attachées à l’ancien rite romain ont toutes les caractéristiques d’une entité ecclésiale autonome: calendrier différent, ministères différents, rites des sacrements différents, Rituel et Pontifical propres etc. Plutôt que d’essayer de fondre à tout prix cet ensemble dans les diocèses et le nouveau rite, autant prendre acte de ces caractéristiques et légitimer cet ensemble en le transformant en Église particulière, donc créer un ou plusieurs Ordinariats.

Même si cet Ordinariat venait à être créé, avec son rite propre, il y aura toujours beaucoup moins de rites en usage aujourd’hui dans l’Eglise latine que dans les siècles passés. Avaliser le VOM comme l’un des rites officiels de l’Eglise latine ne signifiera donc pas émiettement liturgique mais simplement reconnaissance d’une réalité concrète.
images/icones/carnet.gif  ( 997136 )Toute approche basée sur la sensibilité est vouée à l'échec par Leopardi (2026-03-18 20:59:43) 
[en réponse à 997087]

Car ce n'est vraiment pas le problème, même si cet argument est souvent évoqué comme feuille de vigne par certaines communautés tradis pour justifier leur existence.

Croire qu'en ajoutant des parties du VOM dans le NOM feront accepter des parties du NOM dans le VOM, c'est méconnaître complètement le sujet. ils arriveront à mécontenter tout le monde.

La réforme de la réforme, je ne vois que cette issue, pilotée par de vrais liturgistes (agréés par les deux parties) et élaborée de manière "organique".
images/icones/1n.gif  ( 997138 )Ce ne serait pas le rit de 1965 ? par Justin Petipeu (2026-03-19 07:01:10) 
[en réponse à 997136]

Je pense que celui-ci est la vraie "messe du concile" et convenait à peu près à tout le monde avant qu'il ne soit dézingué pour aboutir à la messe de Paul VI, qui elle n'avait plus rien à voir avec Sacrosanctum Concilium...
Depuis, évidemment, il est très mal vu mais je pense que beaucoup de prêtres diocésains pourraient le célébrer.
images/icones/carnet.gif  ( 997146 )Je le crois aussi par Leopardi (2026-03-19 08:20:08) 
[en réponse à 997138]

Paradoxalement les points clivants d'un point de vue pastoral (et donc la difficulté à mettre en oeuvre cette réforme) ne sont pas strictement liés au NOM mais à ses déviances: messe face au peuple, prières à voix haute, abandon du latin, communion debout dans la main, et toute la spiritualité traditionnelle en général.

Si déjà l'Eglise parvenait à faire accepter aux fidèles la messe face à Dieu et le latin intégral, le reste serait plus facile à digérer pour eux.

Les questions liturgiques de fond entre liturgistes et théologiens se résoudraient plus lentement mais peut-être dans un climat plus serein.
images/icones/iphone.jpg  ( 997149 )La forme reflète le fond par Nemo (2026-03-19 09:42:47) 
[en réponse à 997146]

C’est une bonne chose que l’abandon du latin et des anciens autels ait coïncidé avec la réforme du fond.
La célébration face aux fidèles a toujours existé, certains sacrements étaient donnés en français depuis des siècles.
C’est l’esprit qui a présidé à ces changements qui est maivais, plus que les changements eux-mêmes.
En ce qui me concerne je serais moins mal à l’aise à une messe de l’ancien rite en langue vernaculaire et face au peuple qu’au nouveau rite en latin dos au peuple avec encens et clochettes…
Du reste depuis plus de cinquante ans presque toutes les messes de Paul VI en latin ont fini par évoluer vers des messes traditionnelles ou ont disparu faute de fidèles. On peut citer à Paris St-Eugène et Notre-Dame du Lys.
Et je n’adhère pas à :
Si déjà l'Eglise parvenait à faire accepter aux fidèles la messe face à Dieu et le latin intégral, le reste serait plus facile à digérer pour eux.
La majorité des catholiques actuels aurait au contraire du mal à revenir au latin et à l’orientation. Quant aux tradis, ils ne sont pas prêts à adopter Paul VI en latin.
Quant au bi-ritualisme, il correspond généralement à une vision superficielle de la liturgie. Les réformateurs voulaient clairement une rupture et un retour à des origines phantasmées.
images/icones/carnet.gif  ( 997153 )Vous me rejoignez par Leopardi (2026-03-19 11:10:49) 
[en réponse à 997149]


depuis plus de cinquante ans presque toutes les messes de Paul VI en latin ont fini par évoluer vers des messes traditionnelles ou ont disparu faute de fidèles




La majorité des catholiques actuels aurait au contraire du mal à revenir au latin et à l’orientation.



je ne dis pas autre chose.

C'est bien pour cela que le latin intégral est le plus grand défi, côté fidèles, avec la messe face à Dieu par rapport aux questions de fond (que je ne nie cerrtainement pas).

Quand Mgr Lefebvre demandait à faire l'expérience de la tradition, il misait sur l'attrait "extérieur" du rite traditionnel par rapport aux fidèles et secondairement sur les questions théologiques à mon sens.




Quant au bi-ritualisme, il correspond généralement à une vision superficielle de la liturgie



Parfaitement d'accord. Cela correspond à cette fameuse approche "par sensibilité" sur la base de quoi on pourrait dire "autant de sensibilités, autant de rites".
images/icones/carnet.gif  ( 997156 ){réponse] par Francis Dallais (2026-03-19 15:12:11) 
[en réponse à 997153]

Cher Léopardi,

Je suis en accord avec vous et avec Nemo sur vos analyses respectives.

Simplement, sur votre remarque :

" ...Cela correspond à cette fameuse approche "par sensibilité" sur la base de quoi on pourrait dire "autant de sensibilités, autant de rites",

il ne me semble pas que les rits orientaux soient l'expression de "sensibilités", ou alors il faut considérer que le rit romain correspond aussi à une "sensibilité".

Ce n'est tout cas pas ma pensée sur l'existence des divers rits qui existent dans l'Eglise Une, Sainte, Catholique et Apostolique.

Tous sont aussi légitimes que le rit romain. (Il est regrettable de devoir le rappeler.)

Seul, pose question par sa rupture violente avec la Tradition, le nouveau rit dit de Paul VI.

De ce point de vue, les propositions de l'Abbé de Solesmes me semblent vouées à l'échec, nonobstant sa bonne foi.

Un rit ne s'hybride pas !

Bien à vous.

FD



images/icones/carnet.gif  ( 997164 )Encore une fois par Leopardi (2026-03-19 22:16:39) 
[en réponse à 997156]

Je ne parle pas des rites liés à des caractères territoriaux (orientaux, ambrosiens) ou à un ordre (dominicain).

Je parle ici de variations du rite romain créées de toutes pièces et variables à l'infini en fonction de chaque "sensibilité".
images/icones/iphone.jpg  ( 997158 )D’accord pour le latin par Vincent F (2026-03-19 18:50:02) 
[en réponse à 997149]

Pour l’orientation, une amie travaillant dans un lycée sous-contrat m’avait dit que pendant les restrictions qui avaient suivi le premier confinement les messes étaient célébrées dos au peuple et l’aumônier s’était montré réticent, non parce qu’il y était personnellement opposé mais par crainte de la réaction.

La fon de l’histoire c’est qu’une fois les restrictions levées c’étaient les élèves qui redemandaient l’orientation.

L’opposition a l’orientation vient
1/ des boomers
2/ des laïcs engagés (infirme minorité qui n’a jamais représenté qu’elle-même
3/ des curés qui même en n’étant favorable sont trop lâches pour se mettre à dos les sépulcres blanchis des deux autres groupes.
images/icones/iphone.jpg  ( 997159 )Oui mais par Signo (2026-03-19 19:10:54) 
[en réponse à 997149]

Je suis globalement d’accord avec vous sauf sur un point: non, l’orientation face aux fidèles n’a pas toujours existé (sauf erreur de ma part), c’est une innovation dangereuse qui apparaît timidement et de manière marginale, semble-t-il, avec Luther puis la Contre-Réforme, et qui s’est généralisé progressivement à partir des années 1940-1950, avant de se systématiser dans les années 1960.

En réalité la fin de l’orientation est presque plus grave que la disparition des prières d’offertoire du missel tridentin (relativement récentes d’ailleurs… même si ça ne justifie pas leur suppression), car la célébration orientée est une pratique qui remonte aux premiers siècles, commune à la totalité des liturgies d’Orient comme d’Occident, abondamment mentionnée dans les écrits des Pères. Certains d’entre eux comme S. Basile le Grand la range même parmi les traditions apostoliques. La messe face au peuple et le face à face entre le célébrant et les fidèles qu’elle inaugure (et qui n’existait pas même dans les églises de style basilical romain)modifie radicalement le sens même de la célébration eucharistique. C’est évolution très grave et une rupture majeure avec la tradition.

En réalité la question du latin est distincte et est très secondaire. La messe traditionnelle n’est pas d’abord « la messe en latin ». Le calendrier, la nature des textes, des prières et des gestes rituels sont nettement plus importants. L’importance du latin est d’abord d’ordre culturel et surtout liée à la question du chant liturgique : en abandonnant le latin on abandonne le grégorien et ses variantes, ce qui revient à jeter aux orties tout le patrimoine choral de l’Occident latin, ce qui est évidemment inacceptable. Mais à la rigueur certaines prières comme les oraisons de la messe traditionnelle pourraient sans grand dommage être chantées en vernaculaire.
images/icones/carnet.gif  ( 997165 )Fond et forme pour le fidèle Lambda par Leopardi (2026-03-19 22:21:24) 
[en réponse à 997159]


Le calendrier, la nature des textes, des prières et des gestes rituels sont nettement plus importants.



D'accord sur ce point mais l'adhésion des fidèles se fera surtout sur la forme.
images/icones/iphone.jpg  ( 997152 )L’enfer est pavé de bonnes intentions par Signo (2026-03-19 10:52:43) 
[en réponse à 997087]

Un proverbe populaire que, malgré tout le respect que je lui dois, l’abbé de Solesmes ferait bien de méditer.

Je fais miennes les analyses d’Yves Daoudal et je partage globalement la position de Nemo.

Non, nous ne voulons pas du nouveau calendrier. Nous voulons garder la Septuagésime, le dimanche de la Passion, l’octave de Pentecôte, le temps après la Pentecôte et après l’Epiphanie, les Quatre-Temps. Le nouveau calendrier, malgré quelques éléments acceptables, est globalement un appauvrissement considérable du cursus liturgique et donc de sa capacité de formation spirituelle des fidèles. Ceux qui en doutent et souhaitent un avis éclairé exempt de tout soupçon de lefebvrisme n’ont qu’à lire ce qu’en dit Bouyer dans ses Mémoires.

Non, nous ne voulons pas des nouvelles oraisons qui euphémisent les notions de pénitence, de jeûne, de péché, de combat spirituel.

Nous ne voulons pas non plus du nouveau lectionnaire des dimanches. Il est faux de dire que l’ancien lectionnaire est moins riche; en réalité, il correspond à une autre logique, qui n’est pas celle de la lectio continua (la messe n’est pas faite pour cela), mais chaque dimanche, avec son propre dont les lectures sont une composante essentielle, a son caractère et son originalité propre. Par ailleurs le cycle annuel favorise la mémorisation des fidèles. C’est une logique très ancienne que l’on retrouve dans les rites orientaux. Le cycle annuel romain est très ancien (plus de mille ans), donc vénérable. Enfin l’adoption du nouveau lectionnaire briserait l’unité entre la messe et l’office: avec les antiennes du Benedictus et du Magnificat tirées de l’Evangile du jour, laudes et vêpres sont solidaires de la messe; changer de lectionnaire n’est pas une modification anodine, cela suppose une réforme liturgique d’ampleur puisqu’il faudrait réviser une grande partie des antiennes de l’Office. Ceux qui proposent ce changement n’ont pas sérieusement réfléchi au sujet et sont animés d’une mentalité dans laquelle la vie liturgique se réduit à la messe. Étrange pour un bénédictin…


L’affirmation selon laquelle l’unité ecclésiale nécessiterait un unique missel romain est une aberration démentie par l’histoire et par les principes les plus élémentaires de l’ecclésiologie. Le principe vraiment traditionnel c’est l’unité de la foi dans la diversité des rites, même à l’intérieur du monde latin. Le rite traditionnel et le rite moderne ne sont pas deux formes d’un même rite, ce sont bien deux rites complètement différents, avec des différences majeures et dont certaines rendent incompatibles la coexistence de ces deux pratiques dans un même ensemble rituel. Toute solution qui ne prend pas en compte ce fait indiscutable est vouée à l’échec.
En réalité cette solution est une sorte de mixte entre le Ratzingérisme et le néo-bugninisme de TC: rallier les catholiques traditionnels au nouveau rite au prix de quelques concessions.

Ce qui me frappe dans tous ces débats c’est le renversement de l’ordre des priorités : on fait comme si le problème principal c’était le rite ancien (pourtant ultra minoritaire), qu’il faudrait réformer ou dissoudre dans la nouvelle liturgie, alors que le véritable problème, lui massif en revanche, est le nouveau rite qui permet les pires aberrations sans la moindre réaction des autorités. Autant dire que cette proposition hors-sol n’a pas la moindre chance d’aboutir et que si elle était choisie par Rome, elle provoquerait une levée de bouclier telle que le projet serait un échec d’emblée.
images/icones/iphone.jpg  ( 997177 )Aloxe Corton plus Beaujolais nouveau par Nemo (2026-03-20 09:11:04) 
[en réponse à 997087]

Il y a deux choses qui faussent le débat parce qu’il est interdit de les évoquer depuis longtemps.

Elles sont liées au “Lex orandi lex credendi”.

La première est qu’on recherche l’unité par un missel alors que l’on devrait déjà chercher l’unité dans la foi. Même si on ne peut généraliser, je connais beaucoup de paroisses où les genres n’adhèrent plus à tous les points du Credo, où on a une religion bisounours. L’ancien rite ne connaît pas autant ce problème. De fait ce qui nuit à l’unité est encore plus perceptible dans la foi que dans le missel utilisé.

La deuxième, c’est qu’on n’a pas le droit de dire que le rite traditionnel est plus riche, d’une qualité non comparable avec la création des années 50, et que Vatican Ii est un concile mineur (pastoral) qui a foiré dans ses objectifs et qu’il faudrait tourner la page plutôt que d’essayer de faire fonctionner une boussole détraquée dès sa conception.

La solution du révérendissime, c’est de mélanger un Aloxe Corton et un Beaujolais nouveau.
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 997178 )Comparaison fort plaisante et utile par MG (2026-03-20 09:33:28) 
[en réponse à 997177]

Pour un petit-fils de vigneron bourguignon (coté paternel à Pommard)).

Merci Sieur Nemo.