par Père M. Mallet (2024-01-22 00:11:58)
Historiquement, (voir
https://fr.wikipedia.org/wiki/Semaine_de_prière_pour_l'unité_des_chrétiens
et bien davantage :
https://it.wikipedia.org/wiki/Settimana_di_preghiera_per_l'unità_dei_cristiani ) c'est vers 1908 que tout à commencé, notamment avec un ministre épiscopalien (anglican américain), qui souhaitait une convergence ave Rome ...et qui s'est converti en 1909.
Saint Pie X a encouragé la chose, sous la forme : prières pour le retour à Rome des dissidents.
Puis ce fut l'initiative de l'abbé Paul Couturier de Lyon vers 1930.
Il y a donc environ 100 ans que cela existe.
Puis ce fut Vatican II, avec son optimisme.
L'intention est donc fort louable. Prier ensemble pour l'unité. Se rencontrer. Essayer de diminuer l'hostilité entre "frères séparés" : c'est déjà ça...
Espérer que la Providence nous conduira vers une solution "que nous ne soupçonnons pas".
Les fruits sont un peu problématiques : les anglicans se sont rapprochés des protestants ; les calvinistes et luthériens sont devenus amis. Et tout le monde se rencontre chaque année.
Et beaucoup de catholiques ont renoncé à convertir les protestants, pour ne pas fâcher leurs églises, dans l'espoir que des églises nationales entières pourraient passer au catholicisme, par exemple l'église de Suède, luthérienne.
Des accords doctrinaux ont été signés avec les luthériens au sujet de la justification par la Foi - mais en termes calculés ou un peu ambigus, avec le risque que chacun mette sa propre conception des choses différentes. Je crois me rappeler que c'est une "Commission théologique" qui a signé le texte, et non la CDF. Et un an après, pour le jubilé de l'an 2000, le Pape a promulgué une indulgence plénière, ce qui a fait hurler très fort nombre de protestants, qui se sentaient "roulés" puisque l'Eglise malgré l'Accord, croyait encore aux indulgences (ce qui n'a rien à voir).
Mais cela dure depuis un siècle !...
Divers points me laissent perplexe.
1) Entre ceux qui croient à la "Présence Réelle" de l'Eucharistie et ceux qui n'y croient pas, j'ai peur que même après des siècles de dialogue on n'ait pas progressé beaucoup.
2) A force de se rencontrer avec moults sourires, j'ai peur que les catholiques arrivent à la conclusion que nous sommes tous des gens très sympas et sincères, et que le dogme, vraiment, n'a après tout pas beaucoup d'importance.
Voilà deux craintes.
Mais ça n'empêche pas de prier.
PS : Cette semaine a déjà commencé, jeudi dernier...